lundi 17 juillet 2017

Ce que disent les gens de la mode







L’œil de la mouche : le monde des modeuses et des modeux


Le journaliste Loïc Prigent est le Saint-Simon de la mode. Il se promène dans les coulisses des défilés et transmet en direct, sur son compte Twitter, tout ce qu'il entend. Une mine d'or pour linguistes et sociologues...

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- « Tu ne dis pas c'est vide, tu dis c'est un scénographe de l'absence. »

- « C'est un nouveau traitement génial où on t'injecte de l'hélium dans la peau et dix jours après tu as 22 ans. »

- « Elle est dans une aventure autonome. - Elle a été virée ?  - Elle est dans une aventure autonome. »

- « Je suis simple tu sais, c'est juste qu'il faut qu'on s'occupe de moi. »

- « Elle est tellement adorable je la déteste. »

- « Elle est riche et écolo, elle a une Rolex en bois. »

- « Tu dis pas c'est nase tu dis c'est touchant. Tu dis pas pénible tu dis cérébral. Tu dis pas laid tu dis fantastique. »

- « Ça fait deux ans que je bosse. J'en peux plus. »

- « J’habite dans le Marais et dans le bruit permanent des roulettes de valises Airbnb. »

- « On est amis. - Ah oui tu le connais? - Oui, enfin on n'est pas amis personnels. »

- « J'habite moitié à Londres, moitié Los Angeles et moitié Paris. »

- « Je peux pas te parler je suis en train d'ouvrir un compte en banque offshore c'est compliqué. »

- « On a dîné chez elle. Il y avait de l'or sur les sardines. Si elle croit qu'elle va m'intimider avec des sardines. »

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lundi 10 juillet 2017

Le "flow" et le talent...





L’œil de la mouche : talent et lâcher prise


Le philosophe allemand Eugen Herrigel a publié en 1948 un petit livre passionnant : "le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc ", collection l’être et l’esprit (édition Dervy). 


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"En 1923, lors d'un voyage au Japon, il rencontre à Tokyo le grand maître du tir à l’arc, Kenzo Awa, afin de s’initier à la pensée japonaise, et en particulier au Zen.

Le maître lui demande s’il se sent capable de toucher le cœur de sa cible dans le noir et, pour lui prouver que c'est faisable, il en fait la démonstration en affirmant : "Le mérite ne m’en revient pas. Ceci est arrivé car j’ai laissé "quelque chose" agir en moi. C’est ce "quelque chose" qui a permis que les flèches se servent de l’arc pour s’unir à la cible ". 


"L’archer cesse d’être conscient de lui-même en tant que personne appliquée à atteindre le cœur de la cible qui lui fait face. Cet état d’inconscience est obtenu uniquement quand, complètement vidé et débarrassé de soi, il devient UN avec l’amélioration de sa technique, bien qu’il y ait là-dedans quelque chose d’un ordre tout à fait différent qui ne peut être atteint par aucune étude progressive de l’art ». Suivre le lien



Le Flow survient quand l’œil, la flèche et la cible ne font qu’un.

L'accomplissement du talent est incompatible avec la rivalité des égos qui sépare le Moi, l'outil et la cible...



lundi 3 juillet 2017

Le "devoir d'informer"





L’ingénu en Gaule : « On ne met pas du vin nouveau dans de vielles outres »


La presse grand public est indignée.

Quatrième pouvoir, habituée à faire les rois ou à brûler Carnaval, à scénariser et à arbitrer les combats de gladiateurs dans l’arène politique, à distribuer bons et mauvais points, gavée d’ortolans et d’informations « confidentielles »  à la table des grands de ce monde plusieurs fois par semaine, elle brandit le devoir d’informer depuis qu’elle n’a plus accès à l’écume des choses, ragots de cantine qui alimentaient ses « Unes », faisaient ses délices et lui épargnaient tout effort de réflexion, de prospective et d’analyse.

La connivence, c’est fini. Il va lui falloir réfléchir par elle-même, lire, se cultiver, sortir des joutes binaires entre le bien et le mal, les bons et les méchants, le noir et le blanc, la gauche et la droite, bref, s’essayer à la pensée complexe.

Il va lui falloir cesser d’écrire l’Histoire en regardant dans un rétroviseur. Elle ne pourra plus reproduire du même, à l'image des amibes qui se multiplient par scissiparité quand l'environnement leur est favorable. Il va lui falloir renoncer à la facilité.

Si elle ne veut pas disparaître, il va lui falloir labourer sa pensée...


mardi 20 juin 2017

La stratégie du dauphin






L’œil de la mouche :
 sommes-nous requin, carpe ou dauphin ?


Ce billet, publié en septembre 2013, est plus que jamais d’actualité…

Personne n’a vu venir la déferlante du mouvement lancé il y a un an par Emmanuel Macron. Il a déjoué tous les pronostics, mis en échec toutes les statistiques prédictives, bouleversé le paysage politique auquel nous étions tous résignés, envoyé au tapis toutes les têtes pensantes et toutes les idéologies qui régissaient l’avenir du pays depuis trente ans. Nul ne sait, pour l’instant, ce que fera ce mouvement et si le changement amorcé le sera pour le mieux ou pour le pire. Mais la grille de lecture ci-dessous permet de comprendre pourquoi l’ancien paradigme s’est effondré aussi brutalement, comme ces vieux meubles dévorés par les termites, qui gardent leur forme jusqu’au moment où une pichenette les réduit en poussière.

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"La Stratégie du dauphin" est un livre écrit par Dudley Lynch et Paul Kordis. Dans cet ouvrage, il est question de trois visions du monde et de trois stratégies décisionnelles et comportementales : celle de la carpe, celle du requin et celle du dauphin, métaphore du changement brillamment illustrée par un cabinet de conseil dont le nom, justement est "Métafor". (http://metafor.org/).

Cette brillante analogie semble être restée totalement ignorée des acteurs et commentateurs politiques. Réparons cette lacune...


Le requin dit :
Le monde a des ressources limitées. Il n’y en aura pas assez pour tout le monde. Je prends tout ce que je peux engranger et tant pis pour les autres.
C’est la compétition qui mène le monde. Seuls les forts peuvent survivre  et j’en fais partie, c’est inscrit dans mes gènes.

La carpe dit :
Le monde a des ressources limitées. Il n’y en aura pas assez pour tout le monde. Il faut donc les partager. C’est la coopération qui mène le monde. Nous n’avons pas le choix, nous ne survivrons que par la culture du don, il n’y a pas d’autre solution.

Le dauphin dit :
Certes, les ressources sont actuellement limitées. Mais nous pouvons en inventer, ou les utiliser différemment. C’est la créativité et l’innovation qui mènent le monde. Et si nous pensions autrement ?


Le requin et la carpe ne remettent pas les données du problème en question, ils essaient de l'aménager de l'intérieur et s'y enferment.
Ils raisonnent en logique binaire du tiers exclu.


Le dauphin fait un saut "quantique" hors du problème, change son angle de vision, se situe en méta-position et bouleverse les perspectives.
Il invente des solutions inédites.
Il raisonne en logique du tiers inclus.