jeudi 29 décembre 2011

Les nourritures affectives



L’œil de la mouche : élargir notre vision, à 360°…
Les premiers mots

Au XVIIIème siècle, à l’époque où les encyclopédistes commençaient à explorer ce qui fonde l’humanité, Frédérique II de Prusse, despote éclairé et ami de Voltaire, a tenté une expérience.

Il parlait lui-même six langues et il voulait savoir quelle langue parlaient spontanément les enfants lorsqu’ils n’étaient pas sous influence, la "langue mère".
Le protocole de son expérience était le suivant : choisir quelques bébés et les confier à des femmes qui avaient l’ordre de leur donner des soins corporels et de les nourrir, sans leur parler.

Ainsi, pensait-il, les premiers mots prononcés par ces enfants donneraient des indications précieuses sur la langue naturelle des humains.

Il n’eut jamais l’occasion de le savoir : bien soignés et bien nourris, mais en silence, les enfants moururent tous, spontanément, au bout de quelques mois.

Nous vivons, bien sûr, de  nourritures terrestres mais aussi de nourriture affective, de langage et d’échanges …

dimanche 18 décembre 2011

Tous nos voeux...


Bonnes fêtes et bonne année 2012 !







Monique Mattera, Céline Coste 
et MMC 
vous souhaitent une nouvelle année 
riche en réalisations fructueuses.

  






lundi 12 décembre 2011

Ds femmes et des gorilles..




L’œil de la mouche : élargir notre vision, à 360°.

Préjugés

Gustave Le Bon, savant reconnu de l’école de Broca publie en 1879, dans une revue très réputée, (la revue anthropologique française) le texte suivant, qui reflète une opinion partagée par une grande partie de la communauté scientifique du temps.

C’était la vision du monde de l’époque, il n’y a pas si longtemps…

« Dans les races les plus intelligentes, comme les Parisiens, il y a une notable proportion de la population féminine dont les cranes se rapprochent plus par le volume de ceux des gorilles que des crânes de sexe masculins les plus développés (…).

Cette infériorité est trop évidente pour être contestée un instant et on ne peut guère discuter que sur son degré. Tous les psychologistes, qui ont étudié l’intelligence des femmes ailleurs que chez les romanciers ou les poètes, reconnaissent aujourd’hui qu’elles représentent les formes les plus inférieures de l’intelligence humaine et sont beaucoup plus près des enfants et des sauvages que de l’homme adulte civilisé. Elles ont des  premiers la mobilité, et l’inconstance, l’absence de réflexion et de logique, l’incapacité à raisonner ou à se laisser influencer par un raisonnement, l’imprévoyance et l’habitude de n’avoir que l’instinct du moment pour guide (…)

On ne saurait nier, sans doute, qu’il existe des femmes fort distinguées, très supérieures à la moyenne des hommes, mais ce sont là des cas aussi exceptionnels que la naissance d’une monstruosité quelconque, telle par exemple qu’un gorille à deux têtes, et par conséquent négligeables entièrement. »
(Stephen Jay Gould. Le pouce du Panda (Poche. Biblio. Essais)

Cette opinion pourrait nous faire rire, si ce n’était pas si triste, ou nous indigner si ce n’était pas si sot.

Mais elle pourrait aussi nous inciter à une grande modestie. Chaque époque voit le monde et l’interprète, de bonne foi,  à travers le filtre de son bagage de connaissances et celui de sa représentation du monde.


Qui sait si dans d’autres domaines, nous n’énonçons pas

aujourd’hui, sous forme de certitudes, 

des opinions qui paraîtront monstrueuses 

dans cent ans ?

mardi 6 décembre 2011

Des mots, des mots...




L’œil de la mouche 

L’œil de la mouche est extraordinaire. Il est composé de très nombreuses facettes qui, enregistrent, chacune, une partie de la réalité. Ces images constituent une sorte de puzzle très détaillé dont l’image totale est reconstituée par le cerveau de la mouche, dans une vision panoramique à 360°, de son environnement.

Nous, pauvres humains, ne voyons pas aussi clair. Mais nous avons une particularité : nous pouvons partager avec nos semblables l’image que nous nous faisons du monde. Chacun voit les choses à sa manière : ce que je perçois d’un évènement, d’un paysage, d’une personne, sera différent de ce que vous en voyez. Chacun de nous est une facette de l’œil de la mouche. Le miracle, c’est que nous pouvons échanger nos représentations et, ce faisant, découvrir comment les autres voient le monde.

Dans cette rubrique nous partagerons ce que nous avons lu et les découvertes qui peuvent nous enrichir, nous faire réfléchir, prendre du recul, nous donner le sentiment de ne pas être seuls au monde… 
Racontez vos trouvailles, décrivez votre métier au quotidien... Échangeons nos richesses.


laissez-les vivre !

Il y a des mots passe-partout, prêt-à-penser, prédigérés, qui trainent dans tous les coins, qui sont repris à l’unisson par les médias, qui laissent du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola…

« Fustiger »
« Polémiquer »
« Siffler la fin de la récré »
« Tacler »
Un film « culte »…
« Cliver »
« Le mercato »…
« Pas sûr que… »

Pendant ce temps, il  y a des mots précieux qui disparaissent. 
Et si nous inversions la tendance en les faisant revivre ?

« On s’emploie avec raison à sauver toutes sortes d’espèces d’oiseaux, d’arbres, de plantes, de grosses et petites créatures bien vivantes mais menacées de disparition. Des mots, eux aussi, pour d’autres raisons que la chasse, la pollution et l’argent, meurent. (…) Et si on travaillait à sauver les mots en péril ? »
(Extrait de « 100 mots à sauver ». Bernard Pivot. Albin Michel.)

Quelques mots à sauver pour Bernard Pivot :
"Argousin
Bancroche
Billevesée
Brimborion
Carabistouille
Coquecigrue
S’esbigner
Fesse-mathieu
Gommeux
Jocrisse
Mirliflore
Pendard
Péronnelle
Rufian
Tranche-montagne
Turlutaine"
(Extrait de « 100 mots à sauver ». Bernard Pivot.)

Et  d'autres que j’aime particulièrement :
Calembredaine
Pipistrelle
Paltoquet 


Pouvez-vous en ajouter ? En faire une phrase ?
  

"Ces jocrisses nous racontent des carabistouilles et des calembredaines. Ne nous laissons pas faire par des rufians et leurs arguments bancroches..."

A vous !

jeudi 1 décembre 2011

Trouver des solutions



Remue-méninges : l’avenir en héritage

Parfois la vie nous bouscule : un licenciement, des relations difficiles avec notre entourage professionnel, l’impression d’être dans une impasse, des choix que nous regrettons, des décisions que nous avons du mal à prendre… et le sentiment que nous sommes impuissants à modifier les choses.

« Si tu ne sais plus où tu vas, retourne-toi et regarde d’où tu viens » (Proverbe africain.)

D’où venons-nous ?
Nous descendons de centaines de milliers d’ancêtres qui ont vécu des difficultés que nous avons du mal à imaginer :
  • Les périodes glaciaires (la banquise descendait jusqu’à Lyon, la terre était gelée jusqu’à dix mètres de profondeur)
  • Les attaques des tigres à dents de sabre et des lions des cavernes (qui mesuraient deux mètres de haut)
  • La faim (manger  tout cru des insectes, des grenouilles ou par chance, quand il s’en trouvait, des steaks de mammouth)
  •  Plus tard, les parasites, le gel ou la sècheresse (qui anéantissaient les récoltes)
  • Les famines (qui durent encore)
  •  Les maladies  (Au XVIIème siècle encore, le seul remède connu était la saignée, qui achevait gaillardement le patient)
  • Les épidémies (la peste noire et le choléra, qui faisaient des hécatombes)
  • Les distances, la solitude (pendant la préhistoire, la population de l’Eurasie tout entière ne dépassait pas 150 000 individus)
  • Les guerres, les invasions (les Huns, les Vandales, les Vikings …)

vendredi 25 novembre 2011

Votre différence





Remue-méninges : le complexe de Procuste

 
Commençons par le commencement : qui était Procuste ?

C’était un brigand de l’antiquité grecque qui avait ouvert une auberge à la croisée de chemins et qui offrait un lit aux voyageurs épuisés.

Ce lit avait une particularité : il était juste à la taille que Procuste estimait normale. Lorsque les voyageurs dormaient, l’aubergiste les visitait. Si leurs jambes dépassaient du lit, il les taillait pour mettre le voyageur à la « bonne » dimension. Si au contraire, les jambes étaient trop courtes, il les étirait afin qu’elles atteignent la longueur convenable.

Le complexe de Procuste est la marque de tout ce qui tend à standardiser et catégoriser le psychisme d’un être humain. Tous ceux qui veulent qu’un individu soit étalonné en fonction d’une norme établie une fois pour toutes, sont atteints du complexe de Procuste.

Bien entendu, il faut dans toute société, des lois, des cadres, des limites qui doivent porter sur les actes et sont vitales pour notre survie collective.
Mais il est impossible de mettre un être humain en fiche, de numéroter cette fiche, de la ranger dans une boite en soupirant de soulagement parce qu’on a épinglé une définition sur un individu ou une classe d’individus, devenus prévisibles, "normosés" (Norme +névrose)...

Il y a dans notre psychisme, de l’inconnu, de l’imprévu qui ne se laisse pas réduire.

Ce que nous pouvons faire avec des haricots verts ou des petits pois (triés en « fins, extra-fins »…) nous ne pouvons pas le faire avec des êtres humains.

Et c’est une chance, pourquoi ?

mercredi 23 novembre 2011

Curriculum vitae




 

Remue-méninges : Chemin de Vie

Faites-vous partie des personnes qui s’angoissent à l’idée de ne pas avoir un « bon CV », qui se posent beaucoup de questions et qui tentent de trouver des conseils dans des livres ou des revues ?

Les guides du CV et les sites de conseil font florès. Certains sont très pertinents. Nous pouvons trouver, par exemple, des idées intéressantes Ici
Mais soyons prudents avec les recommandations qui fleurissent sur la toile, qui partent certainement d'un bon sentiment, mais qui peuvent nous égarer en nous donnant les recettes du CV « gagnant » ou des "modèles"   et des injonctions : « un CV doit tenir sur une page » par exemple…

Petit historique :
Le CV est apparu en même temps que le chômage de masse, dans les années 70, à la fin de l’époque bénie où chercher du travail n’était pas un problème. Mais peu à peu, les conseils sensés de quelques professionnels bien intentionnés (comment faire un CV ?) sont tombés dans l’amidon, sont devenus des « lois », se sont gravés dans le marbre et ont généré une anxiété généralisée à force de diktats : un CV « doit » être ceci ou cela…

lundi 21 novembre 2011

Projets de vie



Remue-méninges : Assez !



Les quatre cavaliers de l’apocalypse symbolisent la mort, la peste,
la guerre et la famine

Une rapide lecture de la presse en ligne, sans avoir à chercher beaucoup, donne à voir leur omniprésence dans l’imaginaire collectif : impossible de leur échapper, ils sautent à pieds-joints, dès le matin, sur notre plateau de petit déjeuner et nous donnent, pour la journée, des semelles de plomb.

Voici, par exemple, les gros titres du dimanche 7 novembre 2011, à la une de grands quotidiens.
Mais n’importe quel jour ferait aussi bien l’affaire.

  • Le corps d’un nouveau-né découvert en Moselle.
  • Le bilan des inondations dépasse les 500 morts.
  • Antibiotiques et pesticides : un cocktail mortel pour les abeilles américaines.
  • Un usager du RER meurt d’un infarctus après une interpellation.
  • Bizutage en lettres de sang à l’université Paris-Dauphine 1.
  • Fillon : « Le budget 2012 sera l’un des plus rigoureux depuis 1945 »
  • Un homme d’une cinquantaine d’années a été emporté par les eaux dans l’Hérault.
  • Pluie, orages : 2300 personnes assistées dans le Var et les Alpes-Maritimes
  • Le viol est le seul crime où la victime se sent coupable.
  • Le chef de la guérilla des FARC a été abattu.
  • Plusieurs dizaines de personnes tuées dans des attentats au Nigeria.
  • Une attaque d’Israël contre l’Iran est de plus en plus vraisemblable.
  • Deux Français sur trois disent subir les effets de la crise au quotidien.
  • Angleterre: au moins sept morts dans un carambolage monstre. Une vingtaine de véhicules se sont encastrés sur l’autoroute, dont des camions remplis d’essence.
  • Ain : un promeneur tué par un chasseur.
  • Devant quelques députés, Alain Juppé a confirmé la disparition de 10 000 missiles sol-air en Lybie, ces derniers mois.
  • Budget 2012 : l’austérité géante va s’écraser en France.
  • Un gros astéroïde va passer tout près de la Terre.
  • Aude : une adolescente tabassée pour une rivalité amoureuse.
  • Sans-abri : on meurt autant dans la rue en été qu’en hiver.
Et ce n’est qu’un rapide survol. Meurtres, violences, guerres, catastrophes, accidents, pourquoi les mauvaises nouvelles, anxiogènes, font-elles à ce point les gros titres de certains journaux ?

samedi 19 novembre 2011

Un problème au travail ?




Vous vous posez des questions :
  • Vous souhaitez évoluer dans votre travail mais vous ne savez pas comment vous y prendre ?
  • Vous avez le sentiment de tourner en rond ?
  • Vous avez pris une route qui ne vous convient pas ?
  • Vous n’avez pas de diplôme et des portes vous sont fermées ?
  • Vous avez des diplômes mais ce ne sont pas ceux que vous auriez aimé obtenir et ils vous ont conduit vers une voie qui vous paraît sans issue ?

Nous passons tous plus de 70.000 heures de notre vie au travail. Est-ce une fatalité d’en souffrir, ou au mieux, d’y aller en traînant les pieds, le matin ? 
Y a-t-il d’autres solutions ?
Oui évidemment.
Soyons clairs, il n’y a pas de recette miracle qui permette de concrétiser des fantasmes.  Mais est-il possible d’améliorer les choses ?
Oui, évidemment.
Il existe des raccourcis, pour y parvenir.

Et d’abord, penser autrement.
Le premier objet de ce blog est de vous inviter à vous poser de bonnes questions, à changer de lunettes, à sortir des idées reçues qui n’ont jamais été critiquées, à focaliser sur une image floue pour la préciser et clarifier votre  vision. C’est le début du chemin et c’est essentiel.

Le deuxième objet de ce blog  est le plaisir de l’échange : nos sociétés sont en train d’étouffer sous la pression de la compétition et de la rentabilité à tout prix. Au moment où l’économie ressemble de plus en plus à un attelage emballé échappant à tout contrôle, nous avons envie de produire du lien, un peu de coopération gratuite.

Ce blog n’a pas de visée marchande.  Nous ne vous dirons pas que nous sommes efficaces, que nous sommes les meilleurs dans notre métier,  quelles études nous avons suivies, quels sont nos diplômes, quelles sont nos réussites… Nous ne vous donnerons pas, non plus de « trucs », de conseils d’experts,  ni de recettes.

Avant d’amorcer un changement, il est essentiel de réfléchir.
Ce blog n’a pas pour objectif de parler de nous, mais de vous.

Vous êtes au cœur du sujet.

jeudi 17 novembre 2011

Accueil


Entrez…
 
« Parlez-moi de vous »

Tous les salariés ont été, sont ou seront un jour, confrontés à cette question et tétanisés à l’idée d’y répondre.
A cette question-là et bien d’autres : « citez-moi trois qualités et trois défauts », « Parlez-moi de trois réussites et de trois échecs »… (Pourquoi trois ?)

Ce blog n’apportera pas de réponse toute faite, mais vous invite à trouver votre propre réponse car chaque individu et chaque situation sont uniques.

Il est destiné à tous ceux qui éprouvent des difficultés, petites ou grandes, dans leur travail : impression d’être dans une impasse, démotivation, difficultés relationnelles, besoin d’évoluer, avenir flou …

Une première tentation à laquelle il est important de résister : rechercher, sur la toile, les conseils qui ne proviennent pas de professionnels de l’accompagnement. Leur contribution est sans doute sincère mais risque de vous égarer encore un peu plus (« apprenez à manipuler », « apprenez à vous vendre », « comment répondre à… »)

Les recettes ne fonctionnent pas, si elles ne sont pas précédées d’une réflexion approfondie. S’il suffisait d’appliquer des « trucs », il n’y aurait pas 2,6 millions de chômeurs en France…

Si vous souhaitez changer d'environnement, ne pas céder à une tentation forte : démissionner parce qu’il ne semble pas possible de continuer ainsi, en se disant qu’on trouvera autre chose ensuite. N’allez pas grossir le nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi. 

Pas en ce moment.

DONC, NON !  Ne démissionnez pas, à moins d’avoir assuré votre situation ailleurs.
Si vous voulez quitter votre entreprise, préparez votre sortie. Mais vous pourriez aussi, à l’issue d’une réflexion, vous apercevoir qu’il y a d’autres solutions : par exemple une évolution possible en interne que vous n’auriez pas repérée faute d’informations, (c’est fréquent), une formation qui vous permette une transition ou une reconversion pertinente (et les moyens de la faire financer) une V.A.E., qui vous donne les atouts qui vous manquent…

Se faire accompagner par un professionnel est nécessaire car il est très difficile de se voir soi-même. Cet accompagnement vous permettra  de prendre du recul,  de construire un projet cohérent sur la durée, d’élaborer une stratégie viable et de vous donner les moyens de la mettre en œuvre, de mettre au point  un véritable plan d’action, de prévoir intelligemment la suite, de retrouver confiance en vous en faisant l’inventaire de vos richesses et en sachant les démontrer, de retrouver un sentiment d’efficacité personnelle.

La réflexion commence par quelques questions essentielles :
  • Qu’est ce qui me définit ? Comment puis-je parler de moi ?
  • Qu’est-ce que je veux ?
  • Qu’est-ce que je connais ? Qu’est-ce que je maîtrise ?
  • Qu’est-ce que je peux faire ?  Avec qui ?

Dans ce blog, nous aborderons des thèmes transversaux, qui évoquent toutes ces questions et, au-delà de ces questions, une autre manière de réfléchir. Bien trop souvent, pris par l’anxiété et les réactions émotionnelles, nous ne voyons pas d’issue à notre problème.

Et pourtant, il suffit de faire un pas de côté et de penser autrement pour que des solutions apparaissent.