mardi 31 janvier 2012

Pochades



L’œil de la mouche : portraits de tous les temps. 

(Pochade : croquis rapide exécuté en quelques coups de pinceau)

La bienveillance a d’autant plus de valeur qu’elle est lucide
et l’humour permet souvent de supporter
 le spectacle de la comédie humaine.


Par exemple :

"L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible."
(Woody Allen)

 «Avec prodigieusement d’esprit, on pourrait aller jusqu’à dire de talent, si cette expression s’appliquait à une femme, Madame de Dino s’accommode merveilleusement de la vie de représentation. Lorsque, après avoir mis beaucoup de diamants, elle s’est assise, une ou deux heures, sur une première banquette, dans un lieu brillant de bougies, avec quelques altesses au même rang, elle trouve sa soirée très bien employée.»
Mémoires de la comtesse de Boigne.  (Portrait de la duchesse de Dino, nièce et bonne amie de Talleyrand.) Editions le temps retrouvé.

 «Certains hommes, contents d’eux-mêmes, de quelque action ou de quelque ouvrage qui ne leur a pas mal réussi, et ayant ouï dire que la modestie sied bien aux grands hommes, osent être modestes, contrefont les simples et les naturels: semblables à ces gens d’une taille médiocre qui se baissent aux portes, de peur de se heurter. »
La Bruyère (Caractères)


Toujours d’actualité…
 « Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant: "Regardez bien, ma sœur;
Est-ce assez? Dites-moi: n'y suis-je point encore?
Nenni- M'y voici donc? -Point du tout. M'y voilà?
-Vous n'en approchez point." La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages. »
La Fontaine. 
La grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. Livre I. Fable 3)


Connaissez-vous d’autres portraits ?
partageons-les…

vendredi 27 janvier 2012

Fiches métier, fiches de fonction, fiches de poste




Remue-méninges : le descriptif de l'emploi.


Quelle est la différence entre métier, emploi-fonction, poste ?
 
  • "Un métier correspond à un ensemble d’emplois qui sont regroupés parce qu’ils présentent des points communs en termes d’activités à exercer et de compétences nécessaires pour les occuper (exemple : secrétaire).
  • Un emploi ou une fonction, correspond généralement à plusieurs postes de travail possibles dans une organisation. C’est un regroupement de postes très proches les uns des autres, lorsque l’on considère les activités qui sont réalisées ou les compétences mises en œuvre (exemple : secrétaire de direction, de bureau ou de service).
  • Un poste, qui constitue l’unité la plus précise, correspond à une situation de travail réelle, concrète à un moment donné et à un endroit donné. C'est, en quelque sorte, une photographie individuelle. Il y a donc, le plus souvent, autant de postes de travail que d’agents dans une organisation."  (exemple : secrétaire de direction du DG de l'entreprise). Voir le lien en bas de page pour aller plus loin.

Nous commencerons par la fiche du métier que nous pratiquons, nous le connaissons bien.  
Pour une fois, les cordonniers seront correctement chaussés... 

Praticien(ne) en bilan de compétences. 

L'accès au métier et le mode d'exercice
  • En libéral ou en chef d'entreprise, le praticien en bilans de compétences peut travailler pour son propre compte s'il obtient l'agrément des OPACIF et s'il possède un numéro de siret et un numéro d'existence.
  • Il peut aussi être salarié et travailler pour le compte de centres de bilans agréés.
  • Les intervenants, doivent maîtriser les méthodes de bilans et la pratique de l’accompagnement en mobilité professionnelle, respecter l’obligation de confidentialité, le cadre législatif, administratif et méthodologique du bilan, être généralistes ou spécialistes d'un secteur d'activité ou d'un métier, avoir de solides connaissances en ressources humaines, psychologie, économie, droit du travail, formation...

Les aptitudes liées à l’emploi d'un conseiller professionnel
  • Être en capacité d’écoute active, de concentration sur la personne, sans préjugés ni idées reçues.
  • Être très rigoureux sur la déontologie et respecter strictement les règles de confidentialité.
  • Être au clair sur ses motivations, avoir réalisé un travail sur soi afin de ne pas projeter ses désirs et ses opinions.
  • Savoir faciliter l’expression et la prise de conscience des motivations, des capacités et des acquis de la personne.
  • Être capable d’analyser et de synthétiser des données et des situations.
  • Être créatif, savoir ouvrir des pistes à partir des données personnelles et professionnelles, détecter et mettre en lumière le potentiel du bénéficiaire.
  • Être capable de s’adapter à des publics et des personnalités très diverses pour établir un dialogue.
  • Connaître ses limites et ne pas les dépasser.
  • Accepter une supervision.

Ses savoir-faire de base
  • Analyser la demande et vérifier si elle relève de son champ de compétences.
  • Créer les conditions pour qu’une personne se sente en confiance.
  • Ne pas confondre bilan de compétences et psychothérapie. Délimiter le cadre du bilan.
  • Identifier les capacités mises en œuvre, les priorités, les contraintes.
  • Faire émerger des passerelles entre les situations professionnelles passées et le potentiel de la personne pour faire émerger des possibilités d'action et permettre le transfert des compétences, des connaissances et des aptitudes.
  • Choisir les méthodes, outils, supports adaptés aux objectifs poursuivis et les maîtriser.
  • Inciter la personne à s’approprier les réponses trouvées.
  • Mesurer les écarts entre le projet, les référentiels métiers, le portefeuille de compétences de la personne.
  • Synthétiser les données et les points clés.
  • Déterminer des plans d’action, étape par étape.
  • Savoir mettre en évidence un plan d’action réaliste (prendre en compte les aspirations, capacités, compétences mais aussi priorités, contraintes personnelles, opportunités et contraintes du marché du travail, faisabilité)
  • Valider le projet par une enquête et une recherche exhaustive d’informations (offres internes ou externes, référentiels métier, étude de secteur, formation)
  • Savoir rédiger une synthèse de restitution à remettre à la personne ayant effectué le travail de réflexion.
  • Savoir utiliser les outils informatiques.
  • Maîtriser la recherche sur Internet, la presse, l’édition.

Ses connaissances associées :
  • Posséder des fondements théoriques solides.
  • Connaître et maîtriser les techniques d’investigation, de restitution, les différentes approches du bilan pour les adapter à la problématique de chaque bénéficiaire.
  • Se tenir informé des évolutions de la pratique, de la législation de la formation et du bilan.
  • Connaître le marché du travail, les métiers, les filières de formation, les organismes, les acteurs, les modalités de prise en charge financière, les attentes des financeurs.
  • Connaître l’environnement socio-économique et mettre en œuvre une veille permanente.
  • Connaître le fonctionnement de l’entreprise.
  • Professionnaliser sa pratique par des formations continues.
  • Connaître les méthodes, les procédures et les acteurs de validation des acquis.

Sur cette trame, vous pouvez aussi élaborer votre propre fiche métier...

Pour creuser la différence entre fiche métier, fiche de fonction et fiche de poste, 
c'est Ici

lundi 23 janvier 2012

A vous de jouer...



L’œil de la mouche : élargir notre vision à 360°


Vous avez été nombreux à nous adresser, par mail, des encouragements à continuer ce blog. 

Merci !

Nous souhaitons l'adresser, avec un peu d'humour et des pistes de réflexion, à tous les salariés  -  et les autres - découragés, déprimés, démotivés, accablés, indignés et atterrés, abîmés, dépités, par le catastrophisme ambiant. 

Si vous pensez qu'il remplit son objectif, vous pouvez :
  • Le faire circuler dans votre réseau personnel.
  • Laisser des commentaires (en bas de chaque billet) pour l'alimenter par vos questions et suggestions. 

A bientôt !
Céline Coste et Monique Mattera


mercredi 18 janvier 2012

La chasse au scoop




L’œil de la mouche : élargir notre vision, à 360°

Les Bandar Log, peuple des singes


Kipling. Le livre de la Jungle

Mowgli  est entré en relation avec le Peuple des Singes, ce que ses deux éducateurs, l’ours Baloo et la panthère Bagheera lui avaient interdit.  Il se fait corriger et en est indigné. "Pourquoi ne m’a-t-on jamais emmené chez le Peuple des Singes ? Ils se tiennent debout comme moi. Ils ne me frappent pas avec une patte de fer. Ils jouent toute la journée (…) J’ai envie de jouer encore avec eux !"

"Ecoute, petit d’homme dit l’Ours, dont la voix roula comme le tonnerre d’une nuit torride. Je t’ai appris toute la Loi de toute la jungle – sauf celle du peuple des Singes qui vit dans les arbres. Ils n’ont pas de loi. Ce sont des parias. Ils n’ont pas de langage qui leur soit propre ; ils se servent de mots volés qu’ils saisissent quand ils écoutent, quand ils épient, quand ils guettent là-haut dans les branches.

(…) Ce que Baloo avait dit des singes était pure vérité …) Ils lançaient des bouts de bois et des noix à n’importe quel animal, pour le plaisir et dans l’espoir de se faire remarquer. Ensuite, ils se mettaient à hurler, braillaient des chansons sans queue ni tête, invitaient le Peuple de la Jungle à venir en découdre dans les arbres, ou se livraient entre eux à des batailles acharnées, sans motif, avant d’abandonner les singes morts au vu de toute la Jungle.

Toujours sur le point de se donner un chef, des lois et coutumes spécifiques, ils n’y parvenaient jamais car ils oubliaient le lendemain ce qu’ils avaient dit la veille".

Information jetable, chasse au scoop oublié le lendemain, gazouillis éphémères, attrait pour le sensationnel, le futile, le fait divers, besoin de faire parler de soi à tout prix, chamailles, polémiques et invectives, téléréalité…  C’est notre quotidien de l’information.

Nous, Sapiens et fiers de l’être, aurions-nous des points communs avec les Bandar-Log ?


"Si c'est vrai, prions pour que ça ne se sache pas" !
Darwin et l'origine des espèces




samedi 14 janvier 2012

Image de soi


Remue-méninges : l’apparence

En lisant, ce matin, ma revue de presse quotidienne, je suis tombée sur un test proposé aux lectrices d’un blog de mode : « Quelle It-Girl êtes-vous ? »

It...
?
! ! !
Littéralement traduit, cela donne : « cette fille… objet ». « It » signifie en Anglais «Ce, Cette» et s’applique aux objets inanimés, par exemple, « It-Bag », « It-Shoes » : ce sac, ces chaussures, qu’il faut absolument avoir pour faire partie des heureux du monde.

Avoir, posséder le même choix d’objets que les faiseurs d’influence, les phares.
C’est le moteur du marketing des marques.
« Si à 50 ans, on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie »  d’après un faiseur de goûts et de princes.

C’est aussi le principe de la mode qui est un code social, un moyen d’être reconnu par ses pairs, de séduire. Elle n’existerait pas sans une tendance que partagent tous les primates (dont nous faisons partie, mais oui…) : le mimétisme, l’instinct d’imitation, qui permet l’apprentissage social et culturel.


Imiter, mais aussi se différencier.

La parure appartient à tout le règne animal : les cerfs arborent des andouillers très encombrants, les oiseaux et les papillons de belles couleurs, Miss Cro-Magnon déjà, portait des colliers de coquillages rares et précieux, pour attraper dans ses filets le  chasseur de mammouths le plus performant. C’est un des moyens que prend la vie pour se perpétuer.

It-Bag ? D’accord.
Mais… It-Girl ?

D'après Wikipédia, une It-Girl est une jeune femme qui possède la qualité « It » : celle de l’attraction absolue. Elle est, par définition, le modèle de ce qu’il faut être pour faire partie des élus. (La personne la plus en vue, la plus « in », la plus séduisante, la plus riche, donc la plus heureuse.)

Ah ?  Il s’agit d’être… Elle ?

lundi 9 janvier 2012

Fantasia chez les ploucs



Non à la sinistrose : histoires d’en rire

A lire d’urgence, si ce n’est déjà fait,  pour une bolée de rire et une bouffée d’oxygène, antidotes souverains à la grisaille ambiante : « Fantasia chez les ploucs ». Charles Willams. Folio policier.

Quatrième de couverture :
« La plus fantastique chasse à l'homme du siècle. Confusion indescriptible. Véritable ruée de volontaires. Une prime de 500 dollars. Recherchée par le F.B.I., la police de 23 états et autant de gangsters notoires, la ravissante et déjà célèbre Caroline Tchou-Tchou se serait enfuie presque nue dans les marais. Toute la région participe aux recherches. » 

Notre avis :
Deux frères bouilleurs de crus et bookmakers, d'une ingéniosité diabolique pour les coups tordus, des malfrats chasseurs de lapins armés de mitraillettes, un shérif au bord de la folie, une strip-teaseuse nue, perdue dans la nature et recherchée par tous les mâles de la région, un vieil oncle qui construit une arche de Noé en prévision du déluge, le tout vu par les yeux candides de Billy, 7 ans. Désopilant !
 
En apéritif, les premières pages :
 « Ah ! Ça, pour un été, c’était un fameux été !
Comme dit Pop (Pop, c’est papa), les fermes, c’est fortifiant, et pour ce qui est d’en trouver une plus fortifiante que celle de mon oncle Sagamore, on peut chercher. Il y avait un lac où on pouvait attraper des poissons vivants, j’avais un chien, et puis il y avait tous les chasseurs de lapins avec leurs mitraillettes et aussi Miss Harrington. Elle était rudement gentille, c’est elle qui m’a appris à nager.

Miss Harrington ? Eh bien, c’est elle qu’avait le liseron qu’a été la cause de tout ce raffut. Vous savez bien ! C’est passé dans tous les journaux. Un liseron tatoué, avec des petites feuilles bleues, qui grimpait tout autour d’une de ses poitrines, comme un sentier grimpe après la montagne, avec une rose en plein milieu. Pop a fait un foin du diable parce que je ne lui en avais pas parlé avant, mais zut alors ! Comment j’aurais pu savoir que tout le monde n’en avait pas ? Moi, je pensais tout naturellement que les dames des bonnes œuvres en avaient aussi, un liseron tatoué dessus, mais jamais je leur ai demandé, vu que quand j’étais avec elles, je ne connaissais pas Miss Harrington, ni son liseron. »


Amusez-vous bien pour commencer l'année !

jeudi 5 janvier 2012

OPCA, OPACIF, CIF, DIF, VAE...




Remue-méninges : Le jargon de l'emploi...

Notre vie est balisée d’acronymes obscurs et compréhensibles seulement par ceux qui partagent un jargon de métier.
 
Autour du travail, ces termes barbares fleurissent et prospèrent : CIF, DIF, VAE, OPCA, OPACIF, DE, DELD… Il y en a plus de dix pages  ICI

Si vous vous y retrouvez, ne lisez pas ce billet !
 
Commençons par les deux derniers : qu’est-ce qu’un DE pour les pouvoirs publics ? Un « demandeur »  d’emploi. Le terme est tellement banalisé que plus personne n’est choqué de cette appellation. 

Demandeurs. 
Ils mendient ? Ils font la manche ?
On leur fait l’aumône d’un emploi ?
Et personne ne trouve ça dégradant ?

Que voilà une bonne raison de s'indigner !

Mais il y a pire. 
DELD : Demandeur d’Emploi Longue Durée. 
Comme les maladies du même nom.

Tout l'inconscient d'une société s'exprime dans ses choix de vocabulaire.
Passons. 
Nous ne referons pas le monde. Mais quelle bonne idée ce serait de remettre un peu de dignité dans ces étiquettes !

Dans un autre registre,  nous sommes frappées de constater à quel point les salariés que nous rencontrons, y compris les cadres, ne connaissent pas, ou connaissent mal, les dispositifs qui leur sont offerts pour accompagner leur évolution professionnelle
: le CIF, le DIF, la VAE…

Donc, essayons de répondre aux questions les plus fréquentes.