vendredi 27 avril 2012

Quelles sont vos valeurs ?



Nos valeurs ? 
C'est le moment où jamais d'y réfléchir !

l’œil de la mouche : un monde tout neuf.


A votre réveil, ce matin, vous avez appris par la radio que des extraterrestres s’étaient rendus maîtres de la planète et avaient détruit toute la population du globe, sauf vous et les amis, qui par hasard, étaient chez vous hier soir.

Vous recevez le message suivant :

« Bonjour,

Nous, esprits libres d’Alpha du Centaure, avons pris en main les destinées de la Terre. Vous êtes les seuls terriens survivants. Nous ferons une exception pour vous, mais nous ne vous laisserons aucune chance de mettre à nouveau cette belle planète en danger.

Vous vivrez dorénavant sur Terre, dans une bulle, sans contacts avec l’extérieur.

Pour aménager cette bulle, vous pouvez nous demander ce que vous voulez en nous transmettant une liste de courses. Mais vous ne pourrez nous adresser qu’une seule demande. Vous n’aurez plus, ensuite, aucune relation avec nous, ni avec l’extérieur.

A vous d’aménager et d'organiser votre monde comme vous l’entendez. Vous ne pourrez demander qu'une seule  personne supplémentaire, (un "joker"), mais nous vous fournirons tout ce que vous souhaitez concernant la superficie,  la géographie,  le climat, la végétation, les ressources naturelles, les animaux, les matériaux, les machines, la documentation…  il n’y a pas de limites. 

Une seule fois. »

Comment jouer ?

1/ Constituez deux groupes (plus vous serez nombreux, plus le jeu sera vivant), chacun dans une pièce.
Préparez pour chaque groupe des crayons de couleur, du papier, dans l’idéal une grande feuille de paperboard. Désignez un « pilote », garant du respect mutuel (les choix de vie entraînent souvent des conflits !)

2/ Chaque groupe va établir sa liste de courses. Mais il faudra ensuite la justifier afin de convaincre l’autre groupe : les extraterrestres ne veulent qu’une seule liste…

3/ Dessinez sur la feuille de paperboard, une représentation du monde tout neuf qui sera le vôtre, afin de la présenter ensuite à l’autre groupe, avec votre liste, en expliquant vos choix idéologiques : politiques, économiques, sociaux, scientifiques et techniques, esthétiques, spirituels, ou humains...

4/ Les deux groupe réunis devront se mettre d’accord et produire la liste finale commune, que vous ne pourrez présenter aux extraterrestres qu’une seule fois.

L’heure est grave !

Donc réfléchissez bien au monde dans lequel vous 

voulez vivre et que vous lèguerez à vos descendants.

lundi 23 avril 2012

Revue de presse : l'innovation




Non à la sinistrose
Sapiens découvre, invente et invente encore...


En chimie, les déserts fleurisent
"Sergio Rico, ingénieur chimiste mexicain, est l'inventeur de la pluie solide, un procédé très simple qui pourrait révolutionner l'agriculture. Cette technologie relève de l'irrigation agricole."


En biologie, sans les mâles
"A Dubaï, un requin zèbre femelle a donné, pour la quatrième année consécutive, naissance à des petits. Mais cet animal vivant dans un aquarium de l'émirat n'a jamais été en présence de requins mâles."


En physique, à quand l'homme invisible ?
"Des physiciens américains financés par le Pentagone ont annoncé avoir mis au point un système d'"invisibilité temporelle". Ce procédé est capable de rendre un événement totalement indétectable pendant une infime fraction de seconde."


En sociologie,
les grenouilles demandent un roi
"Dans les groupes, certains individus prennent l'ascendant sur les autres et ont tendance à s'imposer comme des leaders, prenant les décisions et imposant leurs vues, se réservant souvent des privilèges, qu'il s'agisse de ressources alimentaires, de salaires élevés ou de partenaires sexuels. Cette tendance reposerait, d'après plusieurs études, sur une zone du cerveau nommée cortex préfrontal."
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/actualite-un-virus-de-dominant-28340.php


En psychologie,
les grenouilles demandent un roi... et l'obtiennent
"Contrairement au lien parfois établi implicitement entre charisme et leadership, cette étude montre que les leaders narcissiques, malgré leur aura, ont un impact parfois désastreux sur les performances d'un groupe. De nombreux chefs d'État ont souvent une composante narcissique importante. Les conséquences pour leur pays peuvent être négatives, alors même que le narcissisme semble être un avantage pour arriver au pouvoir..."
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/actualite-les-narcissiques-sont-de-mauvais-chefs-28332.php


En diététique, manger rend aimable
"Résister toute une soirée devant un buffet appétissant peut finir par rendre agressif vis-à-vis de son entourage, révèle une étude de l'Université de San Diego."


En anthropologie, le premier Picasso
"Un nécessaire à peinture, daté de 100 000 ans, vient d’être mis au jour par une équipe internationale dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud."


En immunologie, autoguérison
"Des biologistes marseillais ont trouvé une nouvelle voie pour stimuler le système immunitaire"

jeudi 19 avril 2012

Coopération



L’œil de la mouche : illustrons la coopération

Toujours La Fontaine, on ne s’en lasse pas !

« Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.

Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion,
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage. »

(Le Lion et le Rat. Fables de La Fontaine. Livre II, 11)

Compétition

L’œil de la mouche :  illustrons la compétition

Personne n’a fait mieux que La Fontaine !

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
"Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
-Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la trouble, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'agneau ; je tette encor ma mère
-Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. -C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."

Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
(La Fontaine. Le Loup et l'Agneau. Livre I - Fable 10)

dimanche 15 avril 2012

La relation : semer la zizanie


Remue-méninges.
"Trickster",  tricheur ?

Le Diable n'existe pas.

Oh ! Que si...

Le "Diable" vient du latin diabolus, signifiant  "celui qui divise"  ou "qui désunit" . Il symbolise l'esprit du mal.

Son royaume est l'enfer dans les relations entre les hommes.

Par exemple :
  • C'est la pulsion qui nous met en situation inconfortable de conflit avec nous-même, nous pousse à réaliser un scénario négatif, à nous exposer inconsciemment au danger. C'est notre "ombre", notre part obscure, la "fatalité" de la tragédie grecque qui pousse les héros aveugles au bout de leur destin.
  • C'est, dans un groupe, le fait de la bonne copine qui se répand en médisances derrière notre dos, de celle ou de celui qui n'hésitera pas à faire un croc-en-jambe pour prendre notre place. C'est aussi le fait du manager qui divise pour régner, qui instaure un climat de guerre civile dans son unité, qui manipule et disqualifie pour augmenter son emprise.
  • Ce sont, dans un pays, les drames des communautés qui s'affrontent et se détruisent, naguère et peut-être encore demain, les conflits de religion.
  • C'est, bien sûr, entre des nations, la guerre, qu'elle soit économique ou idéologique. Ne donnons pas dans l'angélisme, les guerres ont sans doute existé depuis l'émergence d'Homo Sapiens (qui n'est peut-être pas aussi "Sapiens" qu'il veut bien le croire). Mais il est permis d'y voir le doigt de la division et d'essayer d'imaginer un monde où l'ambition d'étriper et d'anéantir gaillardement son prochain serait un peu moins omniprésente...

Le diable c'est celui qui fait défiler des vierges affriolantes sous le nez de Saint Antoine, pour le séduire, le détourner, à son profit, du chemin qu'il a pris. (Séduire vient du latin "seducere", qui signifie : détourner, à son propre avantage, l'autre de son chemin).

C'est celui qui dit "Adore-moi et je te donnerai le Monde".

C'est Tullius Détritus, qui sème des brouilles et des embrouilles dans le petit village gaulois d'Astérix.

C'est donc celui qui introduit la zizanie dans les relations, par opposition à la tendance à intégrer, relier et harmoniser les composantes psychologiques d'un individu ou à respecter les différences entre les êtres.

Le diable c'est celui qui "clive" (le Moi ou l'Objet).


Ce n'est pas par hasard si on l'appelle "le "malin" et s'il prend souvent le visage de celui qui triche, qui transgresse les interdits, qui ment, qui trompe, le filou astucieux, le Trickster


Plaignons-le : le diable n'est pas heureux.

Et entraînons-nous à le repérer et à lui ôter ses griffes, 
en nous et autour de nous...



mardi 10 avril 2012

La relation : peut-on changer l'autre ?


 
L’œil de la mouche : recette pour saborder une relation.

Fred Vargas. 
(Petit traité de toutes vérités sur l’existence.  Editions Librio)

Mettre la pression
« Les moyens de pression sur un être humain présentent la même amusante variété, que je classe également par ordre croissant (…) : coup de téléphone, lettre, sollicitation, invitation, demande, prière, récrimination, reproche, supplique, exigence, revendication, sommation, interdiction, chantage, ultimatum et enfin, commandement. (…)

D’où il ressort qu’une pression durablement exercée sur un être humain, précipite inévitablement, je classe par ordre : la bifurcation, le repli, l’éloignement, la fuite, voire la disparition totale de l’être sur lequel la pression s’est exercée. (…) »

Vouloir changer l’autre
« Je dis que le reproche, qui critique une attitude pour en recommander une autre, tend fondamentalement à changer l’autre. Or, je n’y vais pas par quatre chemins, on ne change pas l’autre, tenez-vous le pour dit dès le départ, cela éclaircit d’emblée la question (…)

Si quelqu’un veut changer de lui-même, grand bien lui fasse, c’est son droit le plus absolu, et cela se produit bien souvent.
C’est-à-dire qu’en réalité, il n’a pas changé, il est devenu lui-même (…) Les gens changent, donc, de leur propre ressort. Mais du ressort d’un autre, vous qui passez par-là, abandonnez tout espoir.  Outre qu’il est une absurdité, le reproche est donc un moyen de pression, de force 6 à 7, c’est-à-dire moyen à grave. (…) »

Faire exploser la chaudière
« Un reproche tous les 8 jours équivaut à une lettre tous les 2 jours, en matière de puissance de pression (…)
D’où il ressort qu’avec un simple reproche tous les deux jours,  vous amenez l’explosion de la chaudière en un délai sportif de 51 jours moins 6 d’euphorie, égale 45 jours. (…) 
Avec un reproche par jour, vous faites tout péter, (…) en l’espace de 18,5 jours, moins 6 d’euphorie, égale 12,5 jours, une performance très appréciable.
Avec deux reproches par jour, si vous savez tenir la longueur, vous restez sur le sable en 6,25 jours, moins 6 jours, soit en six heures, ni plus ni moins. »

Réussir à échouer
« Plus le moyen employé est puissant, moins son maniement nécessite d’être répété. Avec un ultime ultimatum, vous perdez tout en une seconde à l’expiration même de l’ultimatum. Avec un seul commandement, vous perdez tout sur le champ. »


Ni reproche, ni pression. Alors, quoi ?

On ne peut pas changer l'autre mais on peut changer son propre comportement...

Et c'est souvent, alors, que le comportement de l'autre se modifie.


mercredi 4 avril 2012

La relation équitable


            Maat : déesse égyptienne de l'équité, de l'équilibre et de la justice


Remue-méninges : la théorie des jeux.

Quand est-il opportun et pertinent de coopérer ? De jouer "cavalier seul" en tirant son épingle du jeu ? Comment décider entre les deux ?

Si nous sommes intimement persuadés que l’homme est un loup pour l’homme, nous n’aurons pas d’états d’âme et la décision sera simple : nous jouerons toujours « cavalier seul » et nous pourrons, soit nous retrouver richissime et puissant, soit nous retirer sur une île déserte… (Ou bien les deux, pourquoi pas ?)

Si nous sommes adeptes de la non-violence et de la charité, nous jouerons toujours « coopérer » et le Paradis sera notre récompense… (Mais peut-être pas dans ce monde ci.)

La décision devient difficile à prendre si nous n’avons pas d’opinion tranchée : nous n’aimons pas trop nous faire marcher sur les pieds, mais nous sommes compréhensifs et tolérants. Nous pensons que les personnes malveillantes ou égoïstes ont des comportements toxiques, mais les conflits nous semblent stériles. Nous ne sommes pas rancuniers, mais nous ne sommes ni Gandhi, ni Mère Thérésa et notre patience a des limites…

Donc, que faire pour instaurer et maintenir des relations équitables ?

David Axelrod, professeur de Sciences politiques, a modélisé la théorie des jeux d'Oskar Morgenstern et John Von-Neumann, en organisant un tournoi informatique. Le but de ce tournoi était de faire émerger la stratégie d’interaction la plus performante, gagnante sur la durée.

Nous passerons sur les démonstrations mathématiques, sur la théorie, et même sur le dilemme du prisonnier qui sous-tend le tournoi.
Si vous voulez creuser la question, c’est Ici, et Ici

Et nous irons directement aux conclusions de ce tournoi :

La meilleure stratégie, celle qui permet d’établir une relation, profitable sur la durée, pour tous les acteurs, celle qui l’a emporté, à plusieurs reprises, à la grande surprise de tous les théoriciens, est la suivante :
  • Commencez toujours par coopérer, par vous montrer « bienveillant ».
  • Puis observez ce que fait votre partenaire et reproduisez son comportement.
  • Si, en réponse à votre bienveillance, il joue lui aussi « bienveillant », une relation stable pourra s’installer.
  • S’il joue « cavalier seul » (s'il ne pense qu'à son propre intérêt), faites-en autant.
  • S’il joue « cavalier seul », puis qu’au bout de quelques interactions, il a compris que ce n’était pas son intérêt et joue « bienveillant », pardonnez ses défections et instaurez la réciprocité.
  • S’il continue à jouer « cavalier seul », allez voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte

Quelques principes de base :
  • Ne pas être trop malin : n’essayez pas d’anticiper et de comprendre les raisons du comportement des autres. Il vaut mieux avoir un comportement clair et immédiatement compréhensible, donc prévisible.
  • Ne pas être le premier à faire "cavalier seul" : il est payant de coopérer tant que l’autre joueur en fait autant, à condition que votre partenaire et vous soyez engagés dans une relation appelée à être durable.
  • Penser sur le long terme : jouer "cavalier seul" peut être profitable au début mais c’est une stratégie qui finit par scier la branche sur laquelle on est installé.
  • Pratiquer la réciprocité dans la coopération comme dans la défection : la règle stricte est la plus performante.

C’est simple et ça marche…

Essayez !