jeudi 28 juin 2012

Ecrivez, vous aussi...



Comme Isabelle, partagez vos trouvailles.

Ce texte est envoyé par Isabelle-France Carlier
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"Avoir et être"

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune 
S'était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été. 



Merci à Isabelle


De même que "La terre est bleue comme une orange", (Eluard), cette chanson d'Yves Duteil est de la poésie,  à déguster comme telle.

Surtout ne pas chercher à y appliquer de la sémantique ou de la philosophie !

mercredi 27 juin 2012

La relation : que faire d'un Troll malveillant ?






Lettre ouverte à un troll incognito et malveillant, qui doit avoir pour nom Iznogoud 

Il se reconnaîtra...
  

LinkedIn, à sa demande, a supprimé le picto symbolique que nous avions choisi pour indiquer que l'important c'est le message et non le messager.

Iznogoud veut voir ma photo.

Je la publie donc, avec quelques précisions pour Iznogoud, qui a du mal avec les symboles...

 Je pèse 43 kilos et je mesure 1m 60.  
Je suis d'origine corse et sicilienne et j'ai toutes mes dents. 
Je suis généralement bienveillante, mais il y une limite aux sottises que je peux supporter.

...

Et maintenant, 
la raison peut-elle regagner son trône, 
s'il vous plaît ?

Oui ?

Merci.

Alors, passons à autre chose et cultivons notre jardin.
 
Mais chacun le sien, hein ?



mardi 26 juin 2012

Recrutement : "qui êtes-vous ?"


Remue-méninges. 

"Parlez-moi de vous", oui, mais comment ?

En réponse à cette question, la tentation est forte de se jeter à l'eau en déclinant son état civil et en déroulant son parcours.

Ce qui est complètement inutile et sans intérêt, car redondant : toutes ces informations sont déjà sur le CV, qui est sous les yeux de l'interlocuteur.

Alors, que dire ? Que signifie cette question ? 

Pour le recruteur, nous sommes une "boite noire", fermée. Il ne sait pas comment nous nous comportons, ni ce qui nous caractérise et c'est ce qui lui importe le plus. Car, même si nous avons la maîtrise opérationnelle de notre fonction, nos aptitudes et compétences personnelles compteront au moins autant dans la réussite de notre intégration.

"Parlez-moi de vous" signifie donc "Quel est votre mode d'emploi ?"
Le "mode d'emploi" s'ancre dans nos compétences et nos aptitudes. Mais ces concepts creux et flous demandent à être précisés : ils toujours liés à un comportement et à des actions.

Essayons d'y regarder de plus près et testons quelques entrées en matière, qui pourront ensuite être développées en les appuyant sur des réalisations et des exemples.


Si, comme Dorothée*, nous voulons travailler dans le social :
"Je suis née au soleil et j'en ai gardé un besoin de clarté et de chaleur dans mes relations aux autres. J'en ai même fait mon métier et je me sens à l'aise dans l'entraide, la solidarité, l'intérêt pour les personnes et leur développement". 
Vous avez un sens de la relation aux autres fait d'ouverture et de sympathie active, de bienveillance. Vous êtes disponible et vous excellez dans la relation d'aide, vous savez trouver des solutions concrètes aux problèmes... (Exemples de réalisation.)

Si, comme Loïc*, nous voulons travailler dans la comptabilité :
"J'ai une calculette greffée au bout des doigts. A l'aise avec les chiffres et la logique, je ne suis jamais si heureux que lorsque j'ai à résoudre un problème ou à vérifier et interpréter des colonnes de nombres".
Vos aptitudes personnelles relèvent de l'analyse et de la synthèse, de la logique mathématique. Vous êtes précis, rigoureux, méthodique, vous jonglez avec les données chiffrées et les procédures ... (Exemples de réalisation.)

Si, comme Anne-Marie*, nous voulons travailler en communication :
"J'ai commencé à parler à 12 mois  et je ne me suis jamais arrêtée. 
Je suis comme un poisson dans l'eau quand il s'agit d'échanger, d'entrer en relation avec des inconnus, de prendre la parole en public, d'écrire un communiqué de presse".
Votre intelligence verbale et vos capacités relationnelles sont vos plus grands atouts. Vous savez écouter, convaincre, trouver les mots justes, dialoguer, argumenter avec clarté... (Exemples de réalisation)

Si, comme Amaury*, nous voulons travailler dans la gestion de projet :
"Ce qui me caractérise le mieux, c'est le sens de l'organisation. Je peux jongler avec les situations complexes, pleines d'imprévus et d'aléas. J'arrive toujours à gérer les priorités et à tenir les délais, sans conflits ni chamailles."
Vous avez une vision d'ensemble d'un projet et des objectifs à atteindre. Vous êtes capable de planifier les étapes, vous pouvez travailler avec des équipes et des interlocuteurs très différents, en coordonnant les activités... (Exemples de réalisation).
 
Nous démontrons ainsi que nous avons réfléchi  à ce qui nous intéresse et aux raisons pour lesquelles nous exerçons un métier avec efficacité. 

Notre portrait et notre projet sont  cohérents.


 Et en prime, il y a des chances pour que nous intéressions notre interlocuteur.

*Les prénoms ont été changés pour des raisons de confidentialité
L'important c'est le message, pas le messager...

dimanche 24 juin 2012

Si je fait des fôtes, sait graves ?


Remue-méninges : orthographe et syntaxe bancales, pensée boiteuse...

Pas un jour sans que, sur le Web, des catastrophes orthographiques ne nous écorchent l’œil : dans la presse quotidienne ou hebdomadaire, les blogs, les forums de discussion, les commentaires de lecteurs, etc.

Le désastre est en passe de devenir un phénomène de société. Un article sur le sujet, ici

Quelques exemples récents :
  • "L'indescence". (Indécence) 
  • "Il devient urgent de ce le procuré". (Se le procurer)  
  • "Les métamorphose s'accélèrent". (Métamorphoses) 
  • "Sur les démarches que l'on a mis en place". (Mises en place)   
  • "Les fais accomplis".(Les faits)  
  • "J'ai vue que c'été trop rapide, je lui est demander". (J'ai vu que c'était trop rapide, je lui ai demandé)
  • "À condition aussi qu'ils se soumettent à des procédures de sécurité qu’un Manuel Valls n’oserait pas même imaginé". (Imaginer)
  • "Mais il fait face à une volonté clairement affiché d'Obama et d'Hollande d'avancer sur les dossiers syriens et iraniens"...(Affichée)
    Ces deux dernières dans un hebdomadaire à grande diffusion...
    Où sont passés les correcteurs de presse ?

Une coquille peut toujours se glisser dans un texte. Mais il vaut mieux qu'un professionnel maîtrise une compétence de base.

Pour éviter au moins les énormités, nous pouvons :
  • Nous relire à l'aide d'un correcteur d'orthographe (celui de Word ou ceux, gratuits, qu'on peut trouver en ligne), ou bien nous faire relire.
  • En cas de doute, faire une recherche rapide sur Google.

Les codes sociaux existent. 
Même sans être conformistes, nous n'irions pas en tongs et pull troué à un entretien important.

Des fautes d'orthographe ou pire, de syntaxe, font pourtant le même effet qu'une tache de gras sur un vêtement...
L'important, c'est le message, pas le messager

jeudi 21 juin 2012

Gazouillis et pépiements



Non à la sinistrose : les gazouilleurs sont créatifs !


J'avais l'impression que Twitter ne faisait que diffuser de la pensée en miettes ou des réactions non contrôlées du cerveau reptilien.

Je me trompais.

J'ai découvert ce blog qui m'a réconciliée avec les oiseaux.

Il faut absolument le suivre.  C'est une source de vitamines le matin !

Un extrait de mes tweets préférés :

"La fuite d’eau est de loin la meilleure technique pour draguer la voisine. Bien devant la fête des voisins."


"Le foot ? C'est bien ce sport où les mecs ont le Q.I. marqué dans le dos, non ?"


"Le nez qui gratte : première cause mondiale de mortalité dans le jeu vidéo"


"Thierry Rolland qui meurt à quelques jours d'un titre pour la France et d'une alliance UMP-FN, c'est ballot quand même."


"Notez qu'à la télé, quand certaines voix s'éteignent, l'image s'améliore."


"Je ne comprends pas. La population immigrée a baissé en Espagne l'an dernier, et le chômage continue de monter. Le FN m'aurait menti ?"


"Dans la bible, il a plu pendant 40 jours, ils ont appelé ça le déluge. En Angleterre, on appelle ça l'été"


"Le jour ou le FMI va s'apercevoir que ce sont les riches qui possèdent l'argent, ils arrêteront d'en demander aux pauvres."


"Est ce que les végétariens peuvent manger des plantes carnivores ?"


Une toile est faite de fils de trame et de fils de chaine qui s'entrecroisent pour former un motif...

samedi 16 juin 2012

Les compétences clés


Remue-méninges :  les fondations des compétences.

"Les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie constituent un ensemble de connaissances, d'aptitudes et d'attitudes appropriées au contexte. Elles sont essentielles dans une société fondée sur la connaissance (...)

Elles devraient être acquises par :
  • Les jeunes au terme de la période obligatoire d'enseignement et de formation les préparant à la vie d'adulte, notamment à la vie professionnelle, tout en constituant une base pour des apprentissages ultérieurs.
  • Les adultes au cours de leur vie dans le contexte d'un processus de développement et d'actualisation."

Le référentiel européen des compétences clés définit ces compétences de base indispensables (dans l'idéal !) :

"Le présent cadre définit huit compétences clés et décrit les connaissances, aptitudes et attitudes essentielles qui sont attachées à chacune d'elles. Ces compétences clés sont :
  • La communication dans la langue maternelle qui est la faculté d'exprimer et d'interpréter des concepts, pensées, sentiments, faits et opinions oralement et par écrit (écouter, parler, lire et écrire), et d'avoir des interactions linguistiques appropriées et créatives dans toutes les situations de la vie sociale et culturelle.

  • La communication en langues étrangères qui implique, au-delà des mêmes compétences de base que celles de la communication dans la langue maternelle, la médiation et la compréhension des autres cultures. Le degré de maîtrise dépend de plusieurs facteurs et des capacités d'écouter, de parler, de lire et d'écrire.

  • La compétence mathématique et les compétences de base en sciences et technologies. La compétence mathématique est l'aptitude à développer et appliquer un raisonnement mathématique en vue de résoudre divers problèmes de la vie quotidienne, l'accent étant mis sur le raisonnement, l'activité et le savoir. Les compétences de base en sciences et technologies renvoient à la maîtrise, à l'emploi et à l'application des connaissances et méthodologies servant à expliquer le monde de la nature. Elles supposent une compréhension des changements liés à l'activité humaine et à la responsabilité de tout individu en tant que citoyen. 

  • La compétence numérique qui implique l'usage sûr et critique des technologies de la société de l'information (TSI) et, donc, la maîtrise des technologies de l'information et de communication (TIC). 

  • Apprendre à apprendre, compétence liée (...) à la capacité à entreprendre et organiser soi-même un apprentissage à titre individuel ou en groupe, selon ses propres besoins.

  • Les compétences sociales et civiques. La compétence sociale renvoie aux compétences personnelles, interpersonnelles et interculturelles ainsi qu'à toutes les formes de comportement d'un individu pour participer de manière efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle. (...). La compréhension des codes de conduite et des usages des différents environnements dans lesquels l'individu évolue est essentielle. Par ses compétences civiques, notamment sa connaissance des notions et structures sociales et politiques (démocratie, justice, égalité, citoyenneté et droits civils), un individu peut assurer une participation civique active et démocratique. 

  • L'esprit d'initiative et d'entreprise qui consiste en la capacité de passer des idées aux actes. Il suppose créativité, innovation et prise de risques, ainsi que la capacité de programmer et de gérer des projets en vue de la réalisation d'objectifs. L'individu est conscient du contexte dans lequel s'inscrit son travail et est en mesure de saisir les occasions qui se présentent. Il est le fondement de l'acquisition de qualifications et de connaissances plus spécifiques dont ont besoin tous ceux qui créent une activité sociale ou commerciale ou qui y contribuent. Cela devrait inclure la sensibilisation aux valeurs éthiques et promouvoir la bonne gouvernance. 

  • La sensibilité et l'expression culturelles qui implique la conscience de l'importance de l'expression créatrice d'idées, d'expériences et d'émotions sous diverses formes (musique, arts du spectacle, littérature et arts visuels).
Ces compétences clés sont interdépendantes les unes des autres et l'accent est mis, pour chacune d'elle, sur la réflexion critique, la créativité, l'initiative, la résolution de problèmes, l'évaluation des risques, la prise de décision et la gestion constructive des sentiments."

Citation extraite de :
Recommandation 2006/962/CE du Parlement européen et du Conseil, du 18 décembre 2006, sur les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie [Journal officiel L 394 du 30.12.2006].



A partir de ce socle de compétences, nous pouvons dessiner le plan et monter les murs de la maison.



lundi 11 juin 2012

De quoi sommes-nous fiers ?



l’œil de la mouche : 
le "sentiment d'efficacité personnelle".


Les personnes qui viennent nous voir ne sont jamais des traders riches et épanouis dans leur vie et leur métier...

Ce sont, le plus souvent, des salariés qui ne voient pas d'évolution possible à leur situation professionnelle, qui ont le sentiment de ne pas avoir beaucoup de choix, qui cherchent une issue à une situation bloquée.

Ils éprouvent un pénible sentiment d’inefficacité. Comment retrouver le sentiment d'être efficace ?
"Le parcours professionnel nécessite plus que des connaissances spécialisées et des compétences techniques. 

Le succès au travail repose en partie sur l'efficacité personnelle à gérer la réalité sociale des situations de travail, qui constitue un aspect essentiel de l'univers professionnel.(...) 

Un certain nombre de compétences favorisent cette fonction élargie : l'aptitude à bien communiquer, à établir des liens avec les autres, à planifier et à gérer les exigences de l'emploi, à exercer un leadership, et à faire face efficacement au stress. 
Ce sont des compétences qui permettent aux individus de créer des occasions de développement professionnel et d'en tirer profit. 

Selon son intensité, un sentiment d'efficacité personnelle (...) facilite ou entrave la profession, indépendamment des compétences techniques de l'employé.

 En effet, les compétences interpersonnelles et autorégulatrices contribuent plus fortement au succès de la carrière que les compétences professionnelles". 


Pour aller plus loin :
Jacques Lecomte "Les applications du sentiment d'efficacité personnelle". Savoirs 5/2004 (Hors série). P 59-90

Le premier travail que nous effectuons, en bilan de compétences, au travers d'entretiens d'explicitation et d'analyse des succès rencontrés dans l'expérience personnelle ou professionnelle, a pour objectif de renforcer le sentiment d'efficacité.

 Et c'est très efficace...



vendredi 8 juin 2012

Le petit prince et le financier


(Antoine de Saint Saint-Exupéry. Le petit prince)


l’œil de la mouche : jardinier ou financier ?

Le petit prince a quitté sa planète, déçu par l'égoïsme de sa rose. Il visite d'autres planètes...

"La quatrième planète était celle du businessman. Cet homme était si occupé qu'il ne leva même pas la tête à l'arrivée du petit prince.

- « Bonjour, lui dit celui-ci. Votre cigarette est éteinte »

- « Trois et deux font cinq. Cinq et sept douze. Douze et trois quinze. Bonjour. Quinze et sept vingt-deux. Vingt-deux et six vingt-huit. Pas de temps de la rallumer. Vingt-six et cinq trente et un. Ouf ! Ça fait donc cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et un. »

- « Cinq cents millions de quoi? »

- « Hein? Tu es toujours là? Cinq cent un million de… je ne sais plus… J'ai tellement de travail! Je suis sérieux, moi, je ne m'amuse pas à des balivernes! Deux et cinq sept… »

- « Cinq cent millions de quoi, répéta le petit prince qui jamais de sa vie, n'avait-il renoncé à une question, une fois qu'il l'avait posée. »

Le businessman leva la tête:
- « Depuis cinquante-quatre ans que j'habite cette planète-ci, je n'ai été dérangé que trois fois. La première fois ç'a été, il y a vingt-deux ans, par un hanneton qui était tombé Dieu sait d'où. Il répandait un bruit épouvantable, et j'ai fait quatre erreurs dans une addition. La seconde fois ç’a été, il y a onze ans, par une crise de rhumatisme. Je suis sérieux, moi. La troisième fois… la voici !  Je disais donc cinq cent un millions… »

- « Millions de quoi? »

Le businessman comprit qu'il n'était point d'espoir de paix:
- « Millions de ces petites choses que l'on voit quelquefois dans le ciel ».

- « Des mouches? »

- « Mais non, des petites choses qui brillent. »

- « Des abeilles? »

- « Mais non. Des petites choses dorées qui font rêvasser les fainéants. Mais je suis sérieux, moi! Je n'ai pas le temps de rêvasser. »

- « Ah! Des étoiles? »

- « C'est bien ça. Des étoiles. »

- « Et que fais-tu des cinq cent millions d'étoiles? »

- « Cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et un. Je suis un homme sérieux, moi, je suis précis. »

- « Et que fais-tu de ces étoiles? »

- « Ce que j'en fais? »

- « Oui. »

- « Rien. Je les possède. »

- « Tu possèdes les étoiles? »

- « Oui. »

- « Mais j'ai déjà vu un roi qui… »

- « Les rois ne possèdent pas. Ils "règnent" sur. C'est très différent. »

- « Et à quoi cela te sert-il de posséder les étoiles? »

- « Ça me sert à être riche. »

- « Et à quoi cela te sert-il d'être riche? »

- « A acheter d'autres étoiles, si quelqu'un en trouve. »

Celui-là, se dit en lui-même le petit prince, il raisonne un peu comme mon ivrogne.
Cependant il posa encore des questions:

- « Comment peut-on posséder les étoiles? »

- « A qui sont-elles? » riposta, grincheux, le businessman.

- « Je ne sais pas. A personne. »

- « Alors elles sont à moi, car j'y ai pensé le premier »

- « Ça suffit? »

- « Bien sûr. Quand tu trouves un diamant qui n'est à personne, il est à toi. Quand tu trouves une île qui n'est à personne, elle est à toi. Quand tu as une idée le premier, tu la fais breveter: elle est à toi. Et moi je possède les étoiles, puisque jamais personne avant moi n'a songé à les posséder. »

- « Ça c'est vrai, dit le petit prince. Et qu'en fais-tu? »

- « Je les gère. Je les compte et je les recompte, dit le businessman. C'est difficile. Mais je suis un homme sérieux! »

Le petit prince n'était pas satisfait encore.
- « Moi, si je possède un foulard, je puis le mettre autour de mon cou et l'emporter. Moi, si je possède une fleur, je puis cueillir ma fleur et l'emporter. Mais tu ne peux pas cueillir les étoiles! »

- « Non, mais je puis les placer en banque. »

- « Qu'est-ce que ça veut dire? »

- « Ça veut dire que j'écris sur un petit papier le nombre de mes étoiles. Et puis j'enferme à clef ce papier-là dans un tiroir. »

- « Et c'est tout? »

- « Ça suffit! »

C'est amusant, pensa le petit prince. C'est assez poétique. Mais ce n'est pas très sérieux.
Le petit prince avait sur les choses sérieuses des idées très différentes des idées des grandes personnes.

- « Moi, dit-il encore, je possède une fleur que j'arrose tous les jours. Je possède trois volcans que je ramone toutes les semaines. Car je ramone aussi celui qui est éteint. On ne sait jamais. C'est utile à mes volcans, et c'est aussi utile à ma fleur, que je les possède. Mais tu n'es pas utile aux étoiles… »

Le businessman ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, et le petit prince s'en fut.
Les grandes personnes sont décidément tout à fait extraordinaires, se disait-il en lui-même durant son voyage."


Le petit prince n’a pas pris une ride…



lundi 4 juin 2012

Changement de niveau 1, changement de niveau 2


Remue-méninges. Les paradoxes du changement

P.Watzlawick. Changements. Points essais.


"Lorsqu'en 1334, la duchesse du Tyrol, Margareta Maultasch, encercla le chateau d'Hochosterwitz, dans la province de Carinthie, elle savait trop bien que la forteresse, juchée au sommet d'un rocher incroyablement escarpé, dominant la vallée d'une grande hauteur, résisterait à toute attaque de front et ne serait prise que par un long siège. 

A la longue, la situation des assiégés se fit effectivement intenable : ils étaient réduits à leur dernier bœuf et à deux sacs d'orge. Mais la situation de Margareta devenait également critique, pour d'autres raisons : ses troupes commençaient à s'agiter, le siège semblait devoir durer une éternité, et d'autres expéditions armées se faisaient tout aussi urgentes. 

C'est alors que le commandant de la forteresse se résolut à une action désespérée qui dut passer pour de la pure folie auprès de ses hommes : il fit abattre le dernier bœuf, remplir sa cavité abdominale des deux derniers sacs d'orge, et ordonna que la carcasse fût ainsi jetée du haut du rocher dans un champ devant le camp de l'ennemi. Lorsqu'elle reçut ce message méprisant, la duchesse, découragée, leva le siège et partit".

Cet exemple illustre le problème du changement et "la question de la permanence et du changement dans les affaires humaines. Plus précisément, il examine la façon dont les problèmes sont créés, puis persistent dans certains cas, ou qu'ils sont résolus dans d'autres. Et surtout, il s'agit de voir comment le bon sens et la "logique" conduisent souvent à l'échec - ce qui semble paradoxal -, tandis qu'un comportement "illogique" et "déraisonnable" comme celui des assiégés d'Hochosterwitz, produit le changement recherché".

Pourquoi ? 
"Le problème, c'est la solution". 

Faire "plus de la même chose" quand on rencontre une difficulté, ne résout pas la difficulté : cette attitude maintient l'acteur dans le même cadre. Il aménage les choses à l'intérieur du système mais la logique du problème reste inchangée. 
Changer les meubles et les rideaux rafraîchit la maison, ce peut être temporairement satisfaisant, mais c'est toujours la même maison...

Par exemple : s'acharner à bombarder les entreprises de candidatures, à raison de plusieurs centaines d'envois, en modelant à chaque fois sa lettre de motivation et son CV sur l'annonce ou les caractéristiques de  l'entreprise. Et recevoir, pour sa peine, plusieurs centaines de réponses négatives. 
Ce faisant, nous n'avons opéré qu'un changement de niveau 1. Nous sommes restés à l'intérieur du système. Et nous tournons en rond dans le problème !

Ou bien inventer autre chose comme ce candidat marketing et commercial, qui a organisé un salon de recrutement pour présenter sa candidature à des employeurs potentiels et qui a obtenu un franc succès, ou comme celui qui a monté une campagne de publicité sur des bus en affichant son profil, ou comme cette jeune femme spécialiste en organisation évènementielle, qui a créé un CD vivant et animé et qui a, ainsi, capté l'attention de recruteurs... 
Ce sont des changements de niveau 2, ces candidats ont changé les données du système : au lieu de faire "plus de la même chose", ils ont fait "autre chose" (mais il n'est pas nécessaire que cet autre chose soit aussi onéreux, il suffit parfois de penser autrement.)

Le changement de niveau 2 ne s'improvise pas, il demande une analyse de la situation et des actions menées jusque-là, une réflexion sur ses objectifs et ses atouts, une stratégie, un argumentaire soigneusement mis au point, de la prospective, beaucoup d'imagination et... un changement d'optique.


Difficile de le faire seul,
 car on ne se voit pas soi-même !

 Un bilan de compétences peut y aider.