vendredi 31 août 2012

Se former, malgré les restrictions budgétaires



Remue-méninges : la formation, comment l'identifier, la trouver, la financer ?

La loi du 24 novembre 2009, relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie a inscrit dans les textes la possibilité donnée à chacun de se former tout au long de la vie.

La formation tout au long de la vie.
Quelle bonne idée ! Des formations peuvent, en effet, permettre de remédier à une formation initiale mal orientée, d'acquérir les connaissances qui font défaut ou de se reconvertir. 

Oui mais,
Comment trouver celles qui vous conviennent ?
Comment les financer ?

L'accès à un financement n'est pas toujours simple, car :
  • Le CIF, qui peut financer des formations longues, est réservé aux salariés en activité. Pour les personnes en transition professionnelle, reste Pôle Emploi, qui n'a plus beaucoup de budget et qui le réserve aux personnes les plus éloignées du marché du travail. 
  • Pris de plein fouet par la crise et par l'afflux des demandes, les OPACIF ont relevé, pour les salariés en CDI, le seuil des critères d'éligibilité : 10 ans, au moins, d'activité salariée, personnes de plus de 45 ans, très peu diplômées, employées par des PME ou des TPE. Les demandes qui ne remplissent pas ces conditions sont aujourd'hui souvent refusées.
  • Encore faut-il ne pas se tromper dans le choix de la formation et avoir élaboré un véritable projet professionnel, viable, qui réponde à une motivation, à des aptitudes personnelles ainsi qu'à un potentiel de recrutement.
  • Pour que l'accord soit donné par la commission de l'OPACIF, l'argumentation du projet doit être très soignée et la démonstration du besoin de formation doit s'appuyer sur un travail de fond : l'accord de financement (salaire et coût de formation) dépendra de la qualité de cette argumentation et de la pertinence du projet. Faute de quoi, la prise en charge ne sera pas acceptée par la commission de l'OPACIF qui évaluera la demande.

Il existe cependant des solutions pour tous.

Connaissez-vous le CIF CDD ou le DIF CDD ?
Les formations longues, en CIF, sont ouvertes, à certaines conditions, aux personnes qui sont en recherche d'emploi après un CDD. 
Les salariés en CDD peuvent demander au FONGECIF une formation courte sur leurs heures de DIF capitalisées, à réaliser pendant leur contrat.
Les conseillers de Pôle Emploi, débordés, ne le signalent pas toujours.

Des liens pour plus d'informations

Connaissez-vous le CNAM ?
Savez-vous que, grâce au CNAM, vous pouvez avoir accès à des formations diplômantes ou certifiantes de grande qualité et très peu onéreuses ? Des formations hors temps de travail, en cours du soir ou le samedi, que vous pouvez suivre tout en travaillant, éventuellement à distance, et faire financer par exemple sur votre compte DIF, ou par la Région, ou bien encore financer vous-même.

Le créneau d'inscriptions pour 2013, c'est en septembre.
Journées portes ouvertes 

Le CNAM organise tous les ans, en septembre, des journées "portes ouvertes" avec des conseillers qui peuvent vous renseigner. Mais vous pouvez aussi aller consulter le site et le catalogue de formations, très riche et très bien documenté.

A noter : vous pouvez acquérir un diplôme complet en étalant les UE (Unités d'Enseignement) dans le temps comme l'a fait Dominique*, qui était comptable depuis 20 ans avec un niveau BAC, et qui a obtenu en deux ans un certificat de gestion complet et des opportunités de promotion en interne.

 Des liens pour plus d'informations

Connaissez-vous le bilan de compétences ?
Et si vous avez du mal à vous orienter, si vous ne savez pas vers quoi vous diriger, si vous êtes perdus dans le maquis de la formation, un bilan de compétences, qui est gratuit pour vous lorsque la prise en charge en est acceptée, vous aidera sûrement à évoluer. 

Ne pas confondre le bilan de compétences avec le BCA de Pôle Emploi, en voie de disparition, qui ne devrait pas, en principe, avoir droit à l'appellation de Bilan de Compétences "Approfondi" - ce qu'il n'est plus depuis 2007 - et qui ne s'inscrit pas dans le sens de la loi encadrant le bilan de compétences, en termes de durée, d'objectifs et de confidentialité...

Vous trouverez sur les sites des OPACIF dont dépend votre secteur d'activité, la liste des centres de bilans agréés, seuls habilités à réaliser ces prestations car ils sont soumis à une procédure très rigoureuse d'agrément qui valide leur professionnalisme et leur déontologie. Ils peuvent vous aider à faire prendre en charge financièrement votre bilan ou vous proposer des tarifs personnalisés pour un bilan autofinancé. 
A noter : un projet de formation en CIF, s'il est élaboré pendant un bilan de compétences, a plus de chances d'être accepté par la commission de financement d'un OPACIF car il sera validé et argumenté. 

Ce sont quelques pistes, parmi bien d'autres !

* Les prénoms sont toujours modifiés, par souci de confidentialité

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CIF, DIF... 

dimanche 26 août 2012

Le sel de la vie


L’œil de la mouche : oublions-nous de vivre ?

Françoise Héritier, anthropologue, professeur honoraire au collège de France, reçoit un jour une carte postale d'un ami professeur de médecine qu'elle admire pour son engagement humain et professionnel. Il lui parle d'une semaine "volée" de vacances en Écosse.

Cette phrase lui inspire une réponse qui prend la forme d'un petit livre..

"J'ai été ravie de recevoir votre carte et de savoir que vous avez pris des vacances dans ce bel endroit qui fait rêver. (...) Pour autant, vous n'avez pas "volé" vos vacances, par maraude ou par détournement. C'est plutôt votre vie que vous volez quotidiennement.

Si vous tablez sur une durée de vie moyenne de 85 ans, soit 31025 jours, avec toujours, en moyenne et à la louche, 8 heures de sommeil par jour ; 3h30 pour les courses, la préparation des repas, leur consommation, la vaisselle, etc. ; 1h30 pour l'hygiène, les soins du corps, les maladies, etc. ; 3 heures pour l'entretien domestique, les enfants, les transports, les démarches diverses, le bricolage, etc. ; 140 heures de travail par mois, à raison de 6 heures par jour, mais sans tenir compte du plaisir que l'on peut y prendre ; une heure par jour de rapports sociaux obligatoire, conversations de voisins, pots, assemblées, séminaires, etc. ; que reste-t-il au citoyen et à la citoyenne lambda pour les activités qui font le sel de la vie "

(...)

"Les fous rires, les coups de fil à bâtons rompus, les lettres manuscrites, les repas de famille (certains) ou entre amis, les bières au comptoir, les coups de rouge ou les petits blancs, le café au soleil, la sieste à l'ombre, manger des huitres au bord de mer, ou des cerises sur l'arbre, les coups de gueule pour rire, l'entretien d'une collection (de pierres, de papillons, de boites, que sais-je ?), la béatitude des fraiches soirées d'automne, les couchers de soleil, être éveillé la nuit quand tout le monde dort, chercher à se remémorer les paroles des chansons d'autrefois, la recherche d'odeurs ou de saveurs, lire en paix son journal, feuilleter des albums de photos, jouer avec son chat, construire une maison de fantaisie, mettre un beau couvert, tirer négligemment sur une cigarette, tenir son journal, danser (ah ! danser !) sortir et faire la fête, aller au bal du 14 juillet, écouter le concert du nouvel an comme des millions d'autres Français, se vautrer sur un canapé, flâner dans les rues en faisant du lèche-vitrines, essayer des chaussures, faire le pitre ou des imitations, aller à la découverte dans une ville inconnue, jouer au foot ou au Scrabble ou aux dominos, faire des jeux de mots ou des calembours, raconter des calembredaines, préparer un plat compliqué, pratiquer la pêche à la ligne ou le jogging ou la pétanque, ruminer autour d'une idée, regarder un vieux film à la télévision ou dans une salle d'Art et d'Essai, siffloter les mains dans les poches, avoir l'esprit vacant, les moments de silence et de solitude, courir sous une chaude pluie, les longues conversations dans la pénombre...

Et vous, qu'est-ce qui vous manquerait le plus si tout cela devait disparaître à jamais de votre vie ?"
Françoise Héritier. Le sel de la vie. Odile Jacob.

87 pages de pur ravissement avec une liste jubilatoire de tous les petits bonheurs qui tissent notre quotidien et que nous enfouissons sous les soucis et la course frénétique au travail.

Si vous ne lisiez qu'un livre cette année, il faudrait que ce soit celui-là !