mardi 26 février 2013

Wanted : demandeur d'emploi


Remue-méninges : des étiquettes ? Non, merci, non.

Plus le monde se complexifie, plus la tentation est forte d’y introduire de la simplification. Simplifier rassure et donne l’agréable impression de maîtriser ce qui nous échappe. Et en particulier, les autres…

D’où, sans doute, le nombre d’acronymes qui nous envahit, avec la forte tentation d'adopter des catégories : ranger les individus dans une boite avec une étiquette, fermer la boite, la classer sur une étagère et l’y laisser indéfiniment, c’est confortable pour l'esprit …

Le changement de société que nous sommes en train de vivre, commence par un changement des représentations et du vocabulaire obsolète. Et si nous refusions ces terribles simplificateurs, à commencer par celui-là  ?

DE : "Demandeur" d’emploi

Je m’étonne que personne ne s’en indigne. Pas vous ? 

A l’heure où le chômage prend des allures de raz-de-marée et où nous sommes tous conscients de la nécessité de brider une approche exclusivement financière de l'humain, comment ne pas commencer par supprimer cette appellation injurieuse qui donne une assez bonne idée de notre représentation collective ?   Y aurait-il deux castes, celle des nantis d’un emploi, les heureux du monde, et les autres, les exclus, les mendiants, les intouchables ? Les "Alpha*" dominants, les "Epsilon*" exécutants et... exécutés ? 
*Aldous Huxley. "Le meilleur des mondes."

Quatre millions de savoirs inutilisés, des diplômés de la vie sous-employés, quel gâchis de compétences !

Il va falloir imaginer une autre conception de la vie professionnelle. Tout est à inventer car le même emploi, dans la même entreprise, sans interruption, ce n'est plus possible. Il ne faut pas se leurrer, il y aura de plus en plus souvent des périodes de transition entre deux emplois salariés. Par ailleurs, la formation permanente est indispensable à l'innovation, si nous voulons réussir à prendre le virage du troisième millénaire : dans dix ans notre environnement ne ressemblera plus du tout à celui que nous connaissons aujourd'hui.

Il est beaucoup question, en ce moment, du compte personnel de formation, mobilisable tout au long de la vie, qui permettrait à chacun, salarié ou non, de se former ou d’actualiser ses connaissances pour évoluer professionnellement.

Et c'est une bonne idée, dont il faudrait tirer le meilleur parti.

Lors des périodes de transition, il y a place pour autre chose que pour "la manche" : du mécénat de compétences, l’échange de savoirs associatif, du soutien scolaire, des services aux personnes ou aux familles, toutes activités qui ont une forte utilité sociale. Elles pourraient être prises en compte sous la forme de volontariat bénévole, sans se substituer aux allocations ni les conditionner. Mais, reconnues d'utilité publique, elles contribueraient à abonder ce compte personnel de formation, en parallèle des autres sources de financement. (Le bénévolat est déjà accepté comme expérience professionnelle dans le cadre de la VAE : Validation des Acquis de l'Expérience)

Ces activités enrichiraient la collectivité. En retissant du lien, en sortant d'une logique purement mercantile, en redonnant du sens aux échanges, en accordant de la valeur aux valeurs humaines, il serait possible d'augmenter l'indice du "Bonheur National Brut" pour le bien de tous.  Et ça n'a pas de prix...

Ce dispositif pourrait fonctionner, si le financement et l’abondement de ce compte était suffisants, ce qui semble aujourd'hui poser problème aux financeurs, évidemment…. 

C'est peut-être le moment d'avoir un peu d'imagination : il y a certainement des ressources à trouver dans l’immense gaspillage de notre société de consommation effrénée. Par exemple, là, tout de suite, pourquoi pas une taxe sur les animaux domestiques en ville ? A l'exception des chiens d'aveugles, ils ont pour seule utilité le réconfort narcissique de leurs maîtres et la pollution des trottoirs. (Cette réflexion acerbe m'est inspirée par les quatre chiens d'un voisin qui viennent, avec constance, lever la patte sur mon paillasson...)

Mais même si le financement était trouvé, il faudrait aussi que l'instauration du compte personnel de formation soit liée à la disparition d'une appellation qui stigmatise.

Bref.

Nous, centre de bilans de compétences, n'avons pas voix au chapitre. Le compte personnel de formation fait l'objet de négociations entre l’État et les partenaires sociaux. Il faudra donc attendre et voir ce qui restera de cette bonne idée...

Mais vous pouvez, si vous êtes assez nombreux à le faire, exiger que cesse la discrimination liée au terme de "Demandeur d'emploi".

Je vous propose un remue-méninges.

Pour faire disparaître cette étiquette, commençons par chercher une alternative. 
Changer les mots pour changer les choses... 


Je commence :
"Actif en transition". ? 
"Passeur d'expérience" ?
  .....  
A vous.
 
Pour être audibles et entendus, diffusez ce remue-méninge autour de vous.

vendredi 22 février 2013

Un métier d'avenir : le SAMU du Français



L'œil de la mouche : orthographe et catastrophes.

Faisons un peu de prospective pour ouvrir des perspectives.

Dans quelques années, du train où vont les choses, le Français sera une langue morte. Les enseignants du secondaire sont de plus en plus souvent confrontés à des copies de ce genre : 

"Masson est moi, Nous savont déssendu le sable est a comment sait a chaufé les pies. J’ai comment sait a dir a Masson : on niva. lui tétentré dans l’eau. Il najér a la brasse est asai male. de sorte de que rejoidre Marine. L’eau étés froide est jété commanten de najé pour rejoidre Marine dans no jese est Notre commtemtentmen."
(Élève de 6ème)

En France, face à ce problème de dysorthographie, ils sont livrés à eux-mêmes. (Voir le témoignage passionnant d'un enseignant, ci-dessous)

En revanche, en Belgique, en Suisse, au Québec, il existe des spécialistes qui remédient à ces carences d'apprentissage.

Ce sont des orthopédagogues

Chez nous, ce métier n'est pas reconnu et il n'existe pas de formation spécifique. Les jeunes qui ont des difficultés avec l'orthographe sont le plus souvent confiés à des orthophonistes ou à des psychologues cliniciens. Leurs difficultés ne sont pourtant pas toujours d'ordre psychomoteur ou psychologique mais relèvent  d'un apprentissage faussé ou trop rapide.

Les orthopédagogues français exercent en pionniers et en libéral. Ils ne sont pas nombreux mais commencent à s'organiser. Certains se forment à l'étranger ou ont suivi, en France, une formation en enseignement en y ajoutant une spécialité.

Au vu de l'ampleur du désastre, il va très vite devenir indispensable d'introduire ce métier dans l’école française ou en parallèle de l'enseignement. Les entreprises commencent également à être alertées : même les cadres en ont de plus en plus besoin...

Si vous avez poursuivi des études en sciences du langage ou en sciences de l'éducation, en psychologie, si vous avez une très bonne orthographe, si vous aimez transmettre et aider, si vous souhaitez évoluer vers un métier utile et qui devrait avoir de l'avenir, pensez à celui-là... 

La chance et le succès professionnel sont liés à l'anticipation des besoins...

Retrouvez les fiches métiers et les formations sur notre page Scoop it.


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