vendredi 29 mars 2013

L'effet Barnum




L’œil de la mouche : miroir, mon beau miroir...

« Vous avez besoin d’être aimé et admiré, et pourtant vous êtes critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas tourné à votre avantage. A l’extérieur, vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur, vous tendez à être préoccupé et pas très sur de vous-même. Parfois, vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou accompli ce qu’il fallait. Vous préférez une certaine dose de changement et de variété, et devenez insatisfait si l’on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous vous flattez d’être un esprit indépendant et vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. Vous pensez qu’il est maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moments, vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis que, à d’autres moments, vous êtes introverti, circonspect, et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être assez irréalistes. » 

Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? 
Nous en sommes tous là et nous sommes tous potentiellement victimes de  « l’effet Barnum ».

Le psychologue Paul Meehl a nommé « effet Barnum » l’importante illusion perceptive qui porte aussi le nom d’« effet de validation subjective ».

L’effet Barnum désigne ce processus qui fait qu’un individu se reconnaît spontanément dans ce qu’il croit être la description de lui-même. En d’autres mots, c’est la tendance des gens à accepter comme un portrait juste et exact une description ou une évaluation globale de leur personnalité.

Pour ne pas tomber dans le piège et pour aller plus loin



lundi 25 mars 2013

A quoi servent les tests ?




Remue-méninges : les tests peuvent-ils prédire les comportements ?

"Si je donne un coup de pied dans une pierre, je peux dire avec certitude, en fonction de la force du coup et du poids de la pierre, quelle sera sa trajectoire et jusqu’où elle peut rouler.
Si je donne un coup de pied à ma femme, j’ignore ce qu’elle va faire : elle peut me le rendre ou elle peut rouler sur cent kilomètres pour aller pleurer chez sa mère…"

Cette réflexion est de Boris Cyrulnik (que je cite de mémoire). Elle me paraît résumer parfaitement la raison pour laquelle nous avons choisi de ne pas utiliser de tests psychotechniques dans notre travail de bilan de compétences et d'élaboration de projet professionnel. 

 Les hommes ne sont pas des objets quantifiables, mesurables et scientifiquement prévisibles.

Parce que, dans une relation, quelle qu'elle soit, surtout si elle a une connotation d'évaluation, l'objectivité n'existe pas : l'observation modifie les données de l'expérience.

Parce que se fier à des tests dits scientifiques et objectifs pour prévoir le comportement de quelqu'un est une illusion qui conduit à schématiser et à simplifier abusivement la complexité vivante donc évolutive du psychisme, dans ses interactions avec son environnement. Que peut-il en sortir de nouveau ?

Parce que le comportement est systémique : il ne peut être pensé en faisant abstraction de l'histoire de la personne, de celle des interprètes et interlocuteurs - proches, collègues et managers - de la culture familiale ou de celle de l'entreprise avec ses options et ses stratégies de développement, bref, du contexte.

Les tests  mesurent d’abord la vision du monde et les biais cognitifs des personnes qui les utilisent.

Un accompagnement efficace implique de n’avoir sur l'interlocuteur aucun savoir à priori, aucune certitude préconçue et définitive. C’est éviter de le "formater" en le faisant entrer dans une définition fonctionnelle fordiste et tayloriste qui a amplement prouvé ses limites. C'est enfin lui permettre d'être auteur de son devenir en découvrant par lui-même ses atouts et son potentiel d'évolution.

Les tests font, parait-il, gagner du temps… 

Depuis plus de 13 milliards d'années, de cuissons d'étoiles en mariages mystérieux d'atomes et d'énergie, l'univers enfante du nouveau. Nous en faisons partie... 

Prenons donc le temps d'un dialogue et d'une démarche de maïeutique au lieu d'enfermer les personnes dans des catégories, comme on calibre des petits pois, pour gagner quelques heures et quelques euros de plus.

Des entretiens d’explicitation, appuyés sur une méthodologie et une progression structurées, sont beaucoup plus riches et fructueux que des tests psychotechniques.

Chaque individu est unique et l’imprévu est toujours possible.
 "Tu ne te baigneras jamais deux fois dans le même fleuve"  (Héraclite)