lundi 22 juillet 2013

S'enrichir en vacances...



L’œil de la mouche : à lire, pour ne pas bronzer idiot.

S'exprimer et se faire comprendre, c'est utiliser des mots justes, à bon escient.

Les dicos d'or de Bernard Pivot, vous connaissez ? C'est un gisement inépuisable de découvertes ou de redécouvertes savoureuses. Rien d'étonnant de la part d'un gourmand ! Non, ne disons pas d'un gourmand, mais disons plutôt d'un gourmet.

"Des dorénavant confondus avec des désormais, des illettrés avec des analphabètes, des décades avec des décennies. Spontanées ou ressassées, nos bêtises ne sont pas toutes égales. Il en est de gravissimes, qui la fichent mal, et d'autres, plus subtiles, qui ne sont relevées que par de fines oreilles. Bernard Laygues en propose un inventaire, non pas pour se moquer de notre inclination - et non inclinaison - à prendre et à utiliser un mot pour un autre, mais pour nous rappeler le bon usage. Son livre est un espèce... pardon ! une espèce de guide du savoir dire".
Quatrième de couverture. « Evitez de dire… Dites plutôt… » Bernard Laygues. Les dicos d’or de Bernard Pivot. Albin Michel.

Parler d'or en s'amusant...

Nous vous souhaitons un bel été ensoleillé.

lundi 15 juillet 2013

Portrait d'un trublion


L’œil de la mouche : "Les caractères", un faux leader...

"J’entends Théodecte de l’antichambre. il grossit sa voix à mesure qu’il s’approche. Le voilà entré : il rit, il crie, il éclate. On bouche ses oreilles, c’est un tonnerre. Il n’est pas moins redoutable par les choses qu’il dit que par le ton dont il parle. Il ne s’apaise et ne revient de ce grand fracas que pour bredouiller des vanités et des sottises. 

Il a si peu d’égard au temps, aux personnes, aux bienséances, que chacun a son fait sans qu’il ait eu l’intention de le lui donner. Il n’est pas encore assis qu’il a, à son insu, désobligé toute l’assemblée. A-t-on servi, il se met le premier à table et dans la première place. Les femmes sont à sa droite et à sa gauche. Il mange, il boit, il conte, il plaisante, il interrompt tout à la fois. 

Il n’a nul discernement des personnes, ni du maître, ni des conviés. Il abuse de la folle déférence que l’on a pour lui. Est-ce lui, est-ce Euthydème qui donne le repas ? Il rappelle à soi toute l’autorité de la table, et il y a un moindre inconvénient à la lui laisser entière qu’à la lui disputer. Le vin et les viandes n’ajoutent rien à son caractère. Si l’on joue, il gagne au jeu. Il veut railler celui qui perd, et il l’offense. Les rieurs sont pour lui. Il n’y a sorte de fatuités qu’on ne lui passe. Je cède enfin et je disparais, incapable de souffrir plus longtemps Théodecte, et ceux qui le souffrent."
La Bruyère. Les caractères

Théodecte et ses frères (et sœurs) ont besoin d'être toujours au centre de l'attention générale, exagèrent l'expression de leurs émotions, dramatisent le moindre événement, aiment faire des scènes, ne supportent pas la critique, se vexent s'ils sont l'objet d'une plaisanterie, sont toujours dans la représentation théâtrale et dans la séduction....

La Bruyère a écrit "Les caractères"
en 1688. 
325 ans plus tard, le roi n'est plus, la cour de Versailles n'est plus, mais Théodecte est toujours là...

lundi 8 juillet 2013

La dictée de Pivot



L’œil de la mouche : "la ronde des mots".

L'orthographe est en péril...
Avez-vous déjà mesuré votre niveau et vos connaissances en syntaxe avec les dictées de Bernard Pivot ?
Faites un petit test avec les deux premières phrases d'une de ses dictées.

Choisissez la phrase sans faute :
1/ Dans toutes les langues, jouer avec les mots est un passe-temps fort agréable, à la portée de tout le monde, des blancs-becs, des rimailleurs.
2/ Dans toutes les langues, jouer avec les mots est un passe temps très agréable, à la portée de tout le monde, des blanc-becs, des rimailleurs.
3/ Dans toutes les langues, jouer avec les mots est un passe-temps très agréable, des blanc-becs, des rimailleurs.

1/Des étudiants, comme des linguistes chevronés et des académiciens tout de vert vêtus.
2/Des étudiants, comme des linguistes chevronnés et des académiciens tout de vert vêtus.
3/Des étudiants, comme des linguistes chevronnés et des accadémiciens tout de vert vêtus.

Pour faire le test en entier, avec l'évaluation de vos résultats, le lien est ci-dessous. 

jeudi 4 juillet 2013

Le pourquoi des choses


L’œil de la mouche : origine des mots, expressions et usages curieux.

"Pourquoi les Anglais conduisent-ils à gauche ?
Au Moyen Age, le chevalier combattant portait l’écu à gauche et la lance ou l’épée à droite. Ainsi, il croisait l’adversaire, (à la guerre ou en tournoi) du côté de l’écu. On peut dire qu’au Moyen Age, on conduisait à gauche. Napoléon imagina une nouvelle stratégie de combat, l’attaque par la droite, pour surprendre l’adversaire. Il donna ensuite obligation de conduire à droite… Seuls les Anglais refusèrent de se plier à cette injonction et ils restent les seuls à conduire à gauche aujourd’hui."

"Pourquoi vaut-il mieux avoir pignon sur rue ?
Dans les villes, les familles aisées mettaient beaucoup de zèle dans la décoration extérieure de leur maison. Ainsi, les façades étaient-elles égayées par des sculptures, des enseignes fantaisistes, comiques ou élégantes, selon le goût des propriétaires. Les plus fastueuses se terminaient par des pignons aigus surmontant la toiture et s’avançant dans la rue en guise d’auvent. Avoir autant de moyens, c’était forcément avoir de très bonnes relations. D’où l’expression qui nous est parvenue."

"Pourquoi dit-on « payer en monnaie de singe » ?
Pour être autorisés à entrer dans Paris, les marchands ambulants devaient emprunter le pont aux Changeurs. L’argent étant rare, on pouvait s’acquitter de son droit d’entrée dans la Cité en rubans, aiguilles ou autres marchandises. Seuls les jongleurs étaient exemptés de cette obligation pécuniaire et pouvaient payer le droit de passage par des "pitreries" : ils jonglaient ou faisaient danser leur singe, d’où l’expression…"

"Pourquoi n’aime-t-on pas les « faux-jetons » ?
"Faux-jeton" est synonyme de traitre, félon, individu dont il faut se méfier… On connait les jetons de téléphone, de casino, sans valeur propre et ne servant qu’à figurer l’argent. Au Moyen Age, déjà, on utilisait des jetons qui avaient l’aspect d’une pièce de monnaie, pour faire les comptes. L’aspect réaliste de ces fausses pièces incitaient les escrocs à les faire passer pour des vraies…"

"A propos d’épidémies qui déciment une population
Bien que décimer ait pris une connotation extrême (une épidémie qui décime est souvent vue comme particulièrement meurtrière) le sens premier en est pourtant « tuer une personne sur dix ». "Decem", dix, est tiré du système décimal, qui repose sur le fait que les hommes comptent sur leurs dix doigts."
Le pourquoi des choses. Anne Pouget. Le cherche-midi.

Une mine et des pépites, en deux (petits) tomes, 
pour les vacances...