lundi 30 décembre 2013

Des clés pour le futur, volet 1



Remue-méninges : le passé, pas si simple...

Le changement fait peur car nous avons besoin de stabilité pour nous développer. Mais nous sommes aussi propulsés en avant par une soif inextinguible de découverte. Roy Lewis l’illustre de manière très drolatique dans son petit roman que tout le monde connait : « Pourquoi j’ai mangé mon père ». (Et si vous ne le connaissez pas, jetez-vous dessus pour finir l’année avec le sourire).

Pour ne pas avoir peur des temps qui viennent et pour les aborder de manière constructive, il est essentiel de sortir de notre myopie quotidienne, de prendre du recul, d’envisager l’humain sur la très longue durée. Au lieu de supprimer l’enseignement de l’Histoire il faudrait, bien au contraire, le rendre obligatoire et le renforcer, afin de préparer les décideurs d’aujourd’hui et de demain à une prospective appuyée sur autre chose qu’une trousse de pharmacie pour premiers secours.

D’où venons-nous ? Avant, c'était comment ?
Nous plongeons des racines profondes dans l’immensité du temps. Des paléoanthropologues, des préhistoriens, une pléiade d’experts passionnés dans toutes sortes de disciplines, reconstituent patiemment l’histoire de l’humanité. Comprendre comment l’homme est devenu humain pourrait bien éclairer notre route vers le futur.

La plus belle histoire de l'homme.
André Langaney. Jean Clottes. Jean Guilaine et Dominique Simonet. Seuil.

"Et soudain, l'homme... Un jour, il n'y a pas si longtemps, ce drôle d'animal s'est distingué de ses congénères. Il s'est arraché à la nature, l'a colonisée, transcendée, transformée. Il a inventé le couple, la famille, la société. Et le pouvoir, l'amour, la guerre... Pourquoi ? D'où lui est venu son esprit de découverte, sa soif de conquête ? Oui, pourquoi l'homme ? Comment sommes-nous devenus ce que nous sommes ? (...)

L'être humain résulte de cette longue évolution de l'univers et de la vie qui, depuis 15 milliards d'années, pousse dans le sens d'une complexité croissante : les atomes, les molécules, les étoiles, les cellules, les êtres vivants et nous, les hommes, qui ne cessons de nous demander d'où nous venons... Tous unis comme les maillons d'une même chaîne, du Big Bang à l'intelligence humaine. Nous descendons ainsi des singes et des bactéries, mais aussi des étoiles et des galaxies. (...)

A l'origine, il n'y a qu'une seule et même population de chasseurs-cueilleurs, si petite qu'elle manque de disparaître : en un sens, nous sommes tous des rescapés de l'Histoire... En colonisant la planète, dès moins 100.000 ans, ces aventuriers se multiplient et déclenchent une série inouie d'inventions : l'Art, le sacré, la religion. Puis, vers moins 10.000 ans, la sédentarisation, l'agriculture, l'élevage et ses corollaires : la propriété, les hiérarchies, les inégalités... La société, bien organisée, en somme, l’État, bientôt... 

(...) Car en réalité, nous en sommes encore là aujourd'hui, bien campés sur nos acquis du néolithique. Le grand chemin entrepris par l'homme il y a quelques millénaires est tout juste en train de s'achever : le globe est conquis, le monde sauvage asservi. L'humanisation du monde, son "artificialisation" s'achève. Il n'y a plus d'Amérique à découvrir, plus de terres à conquérir. C'est la fin de la nature, du moins dans sa version originale. Peut-être même la fin d'une certaine idée du progrès.

Certes, depuis nos premiers grand-pères, le décor a changé : le village est désormais planétaire, l'espace est mondialisé et le temps instantané. On n'échange plus des silex, mais des informations. La planète s'est réduite, on peut l'embrasser du regard avec le recul des satellites et la considérer dans sa globalité... Mais avons-nous vraiment avancé depuis ces temps préhistoriques ? Si nos techniques, nos connaissances, notre vision du monde ont incontestablement progressé, peut-on en dire autant de nos valeurs, de notre "humanité", au sens philosophique du terme ? Au vu de ce siècle qui déborde de savoirs acquis mais aussi de barbaries inédites, il est permis d'en douter.

Ce regard porté sur notre passé nous suggère une nouvelle manière de penser : peut-être faut-il accomplir une autre révolution conceptuelle, au moins aussi décisive que celle du néolithique ? On sait en tous cas qu'il faut se méfier des apparences : sous nos habits de civilisés, se cache une peau racornie, venue de la nuit des temps. Le primate est en nous, qui sommeille. Il ne faut pas l'oublier, nous sommes toujours dans la préhistoire. A nous de savoir muer."

Les prochains volets de ce panorama, qui peut nous donner des clés pour le futur :

Volet 2
Le futur antérieur
Comment nos sociétés se sont-elles développées ?

Volet 3
L'impératif
Comprendre la complexité.

Bonne année 2014 à tous !

lundi 23 décembre 2013

Adieu 2013...

2013 s'achève.

Que nous apportera l’année à venir ?
Laissons derrière nous la morosité, l’anxiété, le pessimisme, la sinistrose, le catastrophisme.

Nous sommes à l’aube d’une Renaissance.
Des changements sont à l’œuvre. Ils sont encore épars, pas très coordonnés, mais les prémices d’une autre vision du monde émergent, de plus en plus présentes, 

Ces graines de changement annoncent-elles un nouvel humanisme ?

Recentrer nos valeurs en remettant l’Homme au cœur des projets de société, sans l'inféoder à des diktats  financiers et en lui redonnant sa dignité de sujet.

 Privilégier l’émulation qui se fonde sur la qualité plutôt que la compétition axée sur la quantité.

Consommer autrement (toutes les formes alternatives de l’économie, de la finance, la consommation collaborative, le crowdfunding, l'économie circulaire, la croissance soutenable…)

Enseigner autrement (les MOOCs, l’enseignement à distance, le Knowledge management…)

Manager autrement (le management innovant et participatif, l'intelligence collective, le fonctionnement en réseau, l'obsolescence programmée de l’organisation pyramidale et du taylorisme…)

Travailler autrement (le télétravail, les visioconférences, les espaces de coworking, l'entrepreneuriat, les start-up, l'économie sociale et solidaire, les SCOP...)

Informer autrement (les réseaux sociaux, les échanges de savoirs, les lecteurs participants, les blogs, le partage d’informations et la curation…)


Notre seul patrimoine, depuis deux millions d'années, c’est ce qui nous relie les uns aux autres et aux ressources de la planète.

Bonne nouvelle année !
C’est mon vœu le plus cher pour nous tous.