samedi 28 juin 2014

Se former ? Soyons lucides...


Remue-méninges : quel avenir pour la formation continue ?

Vous êtes salarié en activité et vous souhaitez une reconversion ou une évolution professionnelle qui nécessitent une formation longue.  

Attention !

Si vous avez moins de 10 ans d’activité (ou même moins de 20 ans...)

Si vous avez moins de 45 ans.

Si vous avez un diplôme de niveau supérieur au Bac.

Si vous gagnez plus de 2,3 SMIC.

Si vous travaillez dans une grande entreprise ou une grosse PME.

Vous ne serez pas prioritaires pour le financement d'une formation en CIF (Congé Individuel de Formation), ni d’ailleurs pour un bilan de compétences, sans doute appelé à disparaître, à terme, sous sa forme actuelle.

Votre demande de prise en charge financière sera probablement refusée par la commission des OPACIF. Si elle est acceptée, une part importante du coût pédagogique restera à votre charge.

Quant au DIF, (Droit Individuel à la Formation) il disparaîtra en janvier 2015. Le CPF (Compte Personnel de Formation), supposé le remplacer et présenté comme un progrès, ne s’ouvrira que pour des formations diplômantes ou qualifiantes choisies par les institutionnels et dont la liste limitative est en cours de discussion (avec, pour l’instant, un crédit maximum de 150 heures, alors que ces formations durent beaucoup plus longtemps et que règne un grand flou sur les financeurs et sur l'abondement de la différence).

Ne comptez pas trop, non plus, sur le plan de formation des entreprises pour une reconversion ou une réorientation, sauf dans le cas d’un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi).

Si vous voulez vous reconvertir sans attendre un licenciement, si vous souhaitez vous former pour anticiper la transformation de votre métier, il va vous falloir trouver vous-mêmes des solutions. 

Mieux vaut  construire solidement votre avenir en trouvant des formations accessibles à vos moyens, (il en existe), quitte à renoncer à d’autres dépenses pour les autofinancer. 
 
Soyons clairs et regardons les choses en face : le temps de la formation continue ouverte à tous les salariés est terminé et c'est vraisemblablement irréversible. 

Prenez les choses en main, occupez-vous de vous.

lundi 23 juin 2014

Les prophètes de malheur



L’œil de la mouche : la prophétie autoréalisatrice.

Il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui de nous interroger sur l’effet de nos représentations.

Voici un très bon article de Sophie Peters dans La Tribune. Il date de 2011 mais il est toujours d'actualité.

« C'est désormais un classique du monde de l'économie et de la finance remis aujourd'hui spectaculairement en selle par la crise : la prophétie autoréalisatrice. Elle se produit lorsqu'une croyance a modifié des comportements de telle sorte que ce qui n'était que croyance devient réalité.Bas du formulaire

La prophétie autoréalisatrice charrie le pire comme le meilleur. 
Le pire ? C'est la Bourse qui s'agite à la moindre information et l'économie qui dérape quand les difficultés redoublent. Dans l'entreprise, ce sont des managers démotivés et démobilisés qui n'adhèrent plus à la stratégie... ce qui lui donne encore moins de chances de se réaliser.

Le meilleur ? C'est en matière d'éducation quand un professeur particulièrement convaincu d'avoir de bons élèves, leur fera mieux apprécier ses travaux, mais motivera également ses élèves qui feront des progrès. C'est vrai aussi dans l'entreprise en matière de management, ce que les psychosociologues nomment l'effet Pygmalion.

« Si les hommes considèrent des situations comme réelles, alors elles le deviennent dans leurs conséquences », disait le sociologue américain William Isaac Thomas dans les années 1930. Il a donné naissance au « théorème de Thomas » pour rendre compte du fait que les comportements des individus s'expliquent par leur perception de la réalité et non par la réalité elle-même. Autrement dit, les actions individuelles se comprennent au regard de la « définition de la situation » que ceux-ci font avant d'agir.

En 1949, dans « Social Theory and Social Structure », le sociologue Robert K. Merton, va un cran plus loin que le théorème de Thomas estimant : « C'est, au début, une définition fausse de la situation qui provoque un comportement qui fait que cette définition initialement fausse devient vraie. » À la différence du « théorème de Thomas », ce ne sont donc plus simplement les conséquences de la croyance qui sont vraies, mais la croyance qui le devient.

(...) Dans l'entreprise, tout discours alarmiste qui croit être motivant peut vite devenir contre-productif. Car ceux qui l'écoutent préfèrent sélectionner les informations qui vont dans le sens de leurs croyances qu'adhérer à une parole trop souvent entendue. C'est par la qualité relationnelle plus que par le discours qu'il est aujourd'hui possible de bien manager. Ainsi, prendre le temps de partager autour du travail, même et justement parce qu'il est devenu plus ardu, trouver des pistes de co-construction pour éviter la surchauffe individuelle dans un bureau isolé, autant de comportements qui permettent d'éviter d'affoler les équipes. 

Et s'inspirer de l'effet Pygmalion pour faire bon usage des prophéties auto réalisatrices. Si un manager est particulièrement convaincu d'avoir une équipe de talent, d'une part cette confiance lui fera mieux apprécier les résultats, d'autre part cette confiance motivera ses collaborateurs, capables de se défoncer même dans les pires environnements. « Encourager les collaborateurs revient à baisser d'un tiers chez l'homme et de moitié chez la femme les risques psychosociaux et améliore le sentiment d'efficacité personnelle, donc ses performances » a souligné Philippe Rodet, médecin et spécialiste du stress (...)

Nourrir ce sentiment d'efficacité personnelle et collectif est le plus sûr moyen de redresser la barre. Au risque sinon de tomber dans un cercle vicieux : penser que tel nouveau collaborateur n'est pas bon, c'est courir le danger de moins investir sur lui, de lui donner moins de reconnaissance, moins d'accès à la formation... et au final de le décourager et de ne pas réaliser son potentiel. La boucle de la prophétie auto réalisatrice est alors bouclée. Le regard que nous portons sur notre travail et sur nos collaborateurs devient essentiel. Tout comme le fait de cultiver la convivialité et le respect mutuel.

Inspirons-nous donc de l'initiative du collectif « Improv Everywhere », qui a dressé cet été dans New York une tribune pourvue d'un mégaphone avec un petit écriteau « Say Something Nice » laissant aux passants le soin d'inventer leur message. « Dire quelque chose de gentil »... Voilà une prophétie propre à réaliser le quotidien avec un peu plus de gaieté. À installer de toute urgence dans les entreprises. »

Sur le même thème
L'effet Pygmalion 

Un contrepoison aux prophéties de malheur
L'esprit critique

lundi 16 juin 2014

Un métier d'avenir, qualiticien



Un domaine d'avenir : la Qualité

Faisons un peu de prospective pour ouvrir des perspectives.

Les scandales alimentaires, ceux de l’industrie pharmaceutique, du Paraben dans les cosmétiques et les biberons, du plomb dans l'air, des nappes phréatiques contaminées, des services administratifs défaillants, des erreurs chirurgicales et médicales, burnouts et suicides, durée de vie limitée des appareils ménagers, conditions de travail et risques psychosociaux... appellent d’urgence, pour les années à venir, les entreprises et les administrations à instaurer une politique de qualité exigeante pour les produits et les services. La logique de quantité et de profit à court terme est destinée à être battue en brèche : les consommateurs peuvent à présent lancer des recours collectifs. 
Les qualiticiens ne manqueront pas de travail.

Le métier de qualiticien
  • Contrôler et améliorer la qualité de produits ou services.
  • Mettre en place les démarches de certification. 

Que fait-il ?
« Le responsable qualité, ou qualiticien, intervient pour optimiser la qualité des produits ou des services d'une entreprise industrielle ou tertiaire. L'objectif est de minimiser ou d'éviter les défauts de fabrication, le gaspillage de matières premières, les retards de livraison... En clair, gommer toute source d'insatisfaction pour le client.

Comment travaille-t-il ?
Le qualiticien étudie tous les domaines de l'entreprise : des fournisseurs aux sous-traitants, en passant par la fabrication, le conditionnement, l'accueil, etc. Pour cela, il rencontre de nombreux collaborateurs de l'entreprise, analyse les méthodes de travail, compile les données comptables… Il définit ensuite, dans un manuel ou une charte, les moyens d'améliorer le produit et les prestations, notamment dans le cadre de mises aux normes françaises ou européennes de qualité : la certification. Enfin, le qualiticien joue un rôle de conseil en proposant d'adapter les techniques et les savoir-faire.

Où exerce-t-il ?
Le plus souvent, le qualiticien visite et inspecte les sites de production, les zones d'expédition, les services administratifs... Il travaille le plus souvent pour les industries automobile, agroalimentaire et textile ou pour des sociétés de services : banques, assurances, transport, etc.

Les +
Le métier permet de connaître tous les échelons de l'entreprise, et de rencontrer aussi bien le PDG que l'opérateur de production.
Les –
L'intervention du qualiticien est synonyme de remise en cause des habitudes, de mise à plat des méthodes de travail, aussi n'est-il pas toujours bien accueilli sur le terrain.

Les qualités essentielles
  • diplomate
  • persévérant / persévérante
Diplomate
La démarche qualité implique tous les acteurs de l'entreprise. Il faut savoir présenter le projet avec souplesse, pointer les améliorations possibles sans discréditer le travail accompli jusque-là par chacun.
Persévérant / Persévérante
Modifier les habitudes et les gestes, les réflexes et les références est un travail de longue haleine. Il ne suffit pas de rédiger un manuel, il faut également avoir la patience d'expliquer autant de fois que nécessaire le bien-fondé du changement. 
Communicant / Communicante
Le quotidien du qualiticien est fait de dialogues en tête à tête, mais aussi de réunions, de séminaires ou de débats à animer et à gérer.

Le salaire
Qualiticien, votre salaire varie en fonction de votre niveau de qualification, de votre expérience, du secteur d'activité et de la nature des missions qui vous sont confiées.
Qualiticien / Qualiticienne
1 100 € à 2 200 €
Responsable d'ordonnancement
1 300 € à 3 700 €
Auditeur / Auditrice
1 400 € à 3 900 €
Les montants indiqués correspondent aux rémunérations mensuelles nettes de l'année 2009.

Les principaux débouchés
  • les entreprises industrielles
  • les sociétés de services
Les principaux recruteurs de qualiticiens sont les PME et les PMI, qui mettent progressivement en place une démarche qualité, afin de rester compétitives et crédibles sur un marché toujours plus concurrentiel.

Les grandes entreprises proposent, entre autres, des postes de réalisateurs qualité, chargés de mettre en place et d'organiser la production au quotidien.

De nombreux emplois existent également dans les cabinets d'audit, les sociétés de conseil en organisation et les organismes de certification et de mise aux normes de qualité.

Selon l'Agence pour l'emploi des cadres (APEC), les besoins des entreprises en spécialistes de la qualité augmentent. La majorité des postes proposés émane du secteur du conseil et de la gestion des entreprises (30%) devant les postes R & D (14 %). Sur les 13 000 offres d'emploi en 2012, 25 % se situaient en Ile-de-France.

L’évolution professionnelle
  • qualiticien / qualiticienne
  • auditeur / auditrice
Qualiticien / Qualiticienne
Vous débutez en appliquant la démarche qualité au quotidien dans un atelier ou un service. Puis, quand vous maîtrisez les bases de votre activité, vous pouvez assumer la responsabilité du pilotage de la qualité dans la société ou diriger une démarche de certification.
Responsable d'ordonnancement
Vous prenez en charge la planification de la production. En contact avec les services commerciaux, études et méthodes, vous assurez le suivi des quantités à produire, des délais à respecter et des moyens à mettre en œuvre pour la fabrication.
Auditeur / Auditrice
Après au moins 5 ans de pratique, vous étudiez et analysez, à la demande de l'entreprise, le fonctionnement d'un ou plusieurs services, afin d'identifier des problèmes d'organisation. L'objectif d'un audit est de transmettre analyse, conseils et recommandations au chef d'entreprise.

La formation et les diplômes
  • bac + 2
  • bac + 5
Il est possible d'étudier la qualité tout de suite après le bac en préparant en 2 ans un BTS qualité dans les industries alimentaires et les bio-industries, un DUT qualité, logistique industrielle et organisation ou encore un DUT hygiène sécurité environnement.

A bac + 3, il est possible de préparer une licence professionnelle : licence pro management de la qualité : industrie, services, santé (IUT d'Evry), licence pro management par la qualité totale (IUT de Cergy), etc.

Toutefois, pour les postes à responsabilités, les recruteurs apprécient les profils de spécialistes techniques possédant des compétences en qualité, en particulier les ingénieurs formés à la démarche qualité.
S'il n'existe aucune école d'ingénieurs spécialisée en qualité, certaines proposent des modules spécifiques en la matière.

Il existe également plusieurs masters professionnels (diplômes universitaires de niveau bac + 5) qui permettent d'accéder à des fonctions d'audit ou de responsable qualité, tout particulièrement dans les grandes entreprises.

Ces diplômes sont généralement centrés sur un secteur bien précis : qualité en agroalimentaire, bio-services, construction, analyses chimiques, santé, etc. »
Source de la fiche : les métiers.net

Liste complète des formations sur le site :

Des fiches métiers et d’autres formations sur Scoop it :