lundi 29 septembre 2014

Un métier d'avenir : la formation des adultes



Les métiers de la formation des adultes.

Faisons un peu de prospective pour ouvrir des perspectives.

"La formation des adultes représente un champ professionnel en développement. Une étude du Commissariat général du Plan et de la DARES du 5 décembre sur les métiers en 2015 classe cette catégorie parmi celles où l’emploi se développera fortement, soit une progression de 4,4% par an.

Cependant, la formation des adultes est un large champ d’acteurs souvent mal identifiés. Il existe une grande diversité d’appellations : d’un organisme à l’autre, le même emploi peut recouvrir des activités différentes. Inversement, deux dénominations différentes peuvent correspondre à de mêmes activités.

Dresser une catégorisation exhaustive des métiers reste donc problématique. La liste qui suit regroupe des fonctions les plus fréquentes, classées selon les contextes d’exercice de l’emploi.

Centre INFFO collecte régulièrement des informations sur les formations certifiantes qui préparent aux métiers de la formation. Cette base décrit leur intitulé, objectifs et/ou programme, conditions d’admission, organisation et/ou durée, modalités pédagogiques, etc., ainsi que les coordonnées des organismes. 
(Patience, le lien met un peu de temps à s'activer. NDLR).

Les professionnels de la formation : quelques chiffres
L’Insee dénombre 113 000 personnes en emploi en 2004 dans la famille professionnelle (FAP-2003) « Formateurs ». Ces emplois ont quadruplé depuis 20 ans sous le double effet du besoin de former les salariés et les demandeurs d’emplois en reconversion.

Un cœur de métier et des activités intégrées
Les activités de la formation sont constituées d’un cœur de métier, l’ingénierie de formation, et d’activités intégrées qui tendent à se développer de plus en plus.
L’ingénierie de formation comprend :
  • le diagnostic et l’analyse des besoins,
  • la conception du parcours pédagogique,
  • l’acte de formation,
  • l’accompagnement des apprenants,
  • l’évaluation.
Les activités intégrées regroupent :
  • les actions de bilan, d’orientation, d’accompagnement, d’aide à l’insertion professionnelle,
  • la gestion de la formation et le développement commercial.


En organisme de formation

A/Le responsable de formation définit et conçoit une offre de formation « catalogue » ou sur mesure, en réponse à une demande précise d’un client privé ou d’un appel d’offres public.
Ses missions
  • Prospecter de nouveaux marchés et négocier les contrats.
  • Conseiller les entreprises.
  • Réaliser des cahiers des charges.
  • Coordonner l’équipe de formateurs.
  • Organiser et évaluer les activités.
  • Garantir la qualité des formations.
Dans certains réseaux comme les Greta (Ministère de l’Éducation nationale), ce métier est appelé conseiller en formation continue.
Dans d’autres organismes, le conseiller en formation occupe essentiellement une fonction commerciale.
Ses missions
  • Gérer et développer un portefeuille de clients.
  • Analyser les besoins du client, lui présenter l’offre de formation sur catalogue ou lui proposer une solution sur mesure.

B/Le formateur, ou animateur de formation, anime essentiellement des actions de formation, c’est-à-dire qu’il assure la transmission des savoirs et savoir-faire à des publics adultes.
Ses missions
  • Éventuellement concevoir l’action de formation en partenariat avec le client.
  • Choisir les méthodes et outils pédagogiques (contenus, exercices, supports, mises en situation...) adaptés au public et à l’objectif de la formation.
  • Assurer le suivi et l’accompagnement des apprenants.
  • Évaluer leurs acquis.

C/Le coordonnateur pédagogique a pour mission de veiller au bon déroulement d’un parcours de formation.
Ses missions
  • Gérer et animer l’équipe de formateurs.
  • Assurer le suivi et l’accompagnement des apprenants.
  • Veiller à la qualité des outils et supports pédagogiques utilisés pour les formations (documents, supports audiovisuels...). Il les conçoit et les élabore en collaboration avec les formateurs.
  • Assurer la qualité des procédures.

 D/Le consultant en formation ou consultant-formateur, conseille les organisations (entreprises, institutions, associations...) dans la mise en œuvre de leur politique de formation, et leur stratégie de gestion des compétences.
Ses missions
  • Analyser les situations, identifier les problèmes avec le client et les différents interlocuteurs de l’entreprise.
  • Aider au diagnostic et proposer des solutions appropriées, notamment en terme de formation.
  • Construire des parcours de formation.
  • Réaliser les formations.
  • Développer les services de l’organisme, la prospection de nouveaux marchés, la négociation de contrats...

E/Le coach fait partie des métiers en expansion. La Société Française de Coaching définit cette nouvelle pratique comme « l’accompagnement de personnes ou d’équipes pour le développement de leurs potentiels et de leurs savoir-faire dans le cadre d’objectifs professionnels ».

F/L’assistant de formation en organisme s’occupe de l’accueil et de l’information auprès des clients, et gère les dimensions administratives et logistiques des formations : rédaction et suivi des conventions, convocations, planning des formateurs, des salles et du matériel.



En entreprise

A/Le responsable de formation en entreprise exerce son activité le plus souvent au sein de la direction des ressources humaines.
Ses missions
  • Identifier et analyser les besoins en formation des salariés, en fonction des évolutions économiques, sociales et technologiques de l’entreprise.
  • Concevoir le plan de formation en prenant en compte les aspects humains, budgétaires, juridiques, organisationnels et pédagogiques, en partenariat avec la direction et les représentants du personnel.
  • Mettre en œuvre ce plan de formation en recherchant des prestataires de formation, en réalisant des montages financiers avec l’OPCA dont il dépend.
  • Évaluer les résultats des investissements formation réalisés.
Le métier de responsable de formation évolue et son intervention se situe de plus en plus en aval du processus de formation. Loin de gérer uniquement des stages de formation, il est de amené à organiser des parcours de professionnalisation dans l’entreprise, en vue d’une gestion prévisionnelle des compétences. Le formateur interne à l’entreprise possède une expérience professionnelle reconnue par sa hiérarchie et se voit confier des missions d’animation de formation de même nature que le formateur en organisme de formation, en raison de ses compétences pédagogiques.



En Opca et autres organisations professionnelle

Le consultant ou conseiller en formation, au sein des Opca (organismes paritaires collecteurs agréés), accompagne les entreprises d’une branche professionnelle dans la mise en œuvre de leur politique de formation, notamment sur un plan financier. Il analyse les dossiers de prise en charge des formations des entreprises, et vérifie les possibilités de financement ou non des actions de formation en fonction des priorités définies par les partenaires sociaux de la branche. Moins identifiés, des responsables ou chargés de formation dans les fédérations professionnelles et au sein des syndicats de salariés, définissent et négocient les priorités des politiques de formation de leur branche. Ils peuvent aussi informer et conseiller leurs adhérents sur les questions de formation, et mettre en œuvre des dispositifs répondant à leurs besoins.



En structure d’accueil, d’orientation et d’insertion

A/Le conseiller d’orientation, le conseiller en emploi et insertion professionnelle ou le conseiller en bilan de compétences (majoritairement à profil psychologue pour ce dernier) :
Ses missions
  • accueille, informe et conseille les demandeurs de formation (demandeurs d’emploi, salariés, jeunes...) en fonction de leurs attentes, leurs acquis et leurs potentialités,
  • les aide à définir un projet professionnel,
  • les informe sur les métiers et leurs débouchés,
  • les oriente ensuite vers les dispositifs existants,
  • peut les accompagner et les suivre tout au long de leur formation,
  • les aider à s’insérer professionnellement. Il exerce au sein de structures mises en place par les pouvoirs publics : Maisons de l’Emploi, Mife, Missions Locales, Points d’Information Jeunes..., mais aussi par les organismes de formations ou les financeurs.

B/Le conseiller VAE dans les Points Information Conseil, ou dans des structures d’accompagnement :
  • informe les personnes souhaitant faire valider leurs expériences en vue de l’obtention d’un diplôme ou d’un titre,
  • les oriente vers les certifications en adéquation avec leur projet,
  • les aide dans les différentes étapes de la démarche de validation des acquis."

Fiche métier complète et informations complémentaires. Centre INFFO.

lundi 22 septembre 2014

De l'utilité de l'insolence...



Remue-méninges : savoirs, certitudes, incertitudes.

Chaque époque, chaque civilisation repose sur un paradigme dominant, représentation et grille de lecture du monde.

Le paradigme qui caractérise notre XXIème siècle est celui de la Science, présentée comme la baguette magique et la clef du progrès, point Oméga de notre évolution. Clef qui ouvrira la porte de lendemains enchantés.

La Science SAIT.
Si elle ne sait pas encore, elle est inscrite dans une courbe asymptotique qui aboutira à la parousie des scientifiques : la maîtrise complète du savoir. Tant pis si chaque découverte soulève de nouvelles questions, un jour émergera certainement une histoire complète du "Tout"...

Il faut être bien conscient qu’il s’agit là d’une idéologie et que, comme toutes les idéologies, elle peut être discutée. Si elle n'était pas réfutable, ce serait un dogme qui pourrait conduire, à l’instar de certains dogmes religieux ou politiques, à tous les totalitarismes et à toutes les violences potentielles imposées au nom de la Vérité, fût-elle scientifique. 

Soyons insolents, irrévérents, remettons en question les idées reçues.
Que savons-nous au juste ?
  • Nous ne savons pas ce qu’est l’univers, ni d’où il vient, ni où il va. 
  • Nous ne savons pas, en définitive, ce qu’est la matière.
  • Nous ne savons pas, non plus, ce qu’est l’énergie.
  • Nous ne savons pas pourquoi ni comment la vie est apparue. 
  • Nous ne savons d’ailleurs pas ce qu’est la vie, ni pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien.
  • Nous ne connaissons pas nos origines et nous ignorons comment a émergé cette forme du vivant qu’est un humain. 
  • Nous ne savons pas ce que sont le psychisme, la pensée, la conscience, les sentiments et comment le langage, les symboles et l'art sont advenus...
En somme, si nous savons à peu près comment fonctionne le monde macrophysique dans lequel nous évoluons, si nous pouvons, dans une certaine mesure, agir sur lui, nos savoirs sont des îlots de connaissances perdus dans un océan d’incertitude et d’inconnaissance.

Et si c'est le cas pour les sciences dites exactes, c'est encore plus vrai pour les sciences humaines et sociales.

Sur certains de ces îlots de savoirs, pourtant, trônent  avec suffisance quelques réducteurs de tête qui ont la prétention d'expliquer l'Humain en l'objectivant et en se positionnant hors champ, en observateurs non impliqués. 

Nul doute que cette attitude d'analyse et d'approche expérimentale ait apporté, depuis Aristote, de grandes améliorations à nos conditions de vie matérielle, durée de vie comprise. Mais si les sciences "dures" ont réussi à mieux comprendre le monde en le mettant à distance, en s'écartant de la pensée magique et en validant expérimentalement des hypothèses, les sciences humaines ne peuvent pas répondre aux mêmes critères d'objectivité. 

Elles sont d'abord, en effet, sciences du dialogue, de la relation et de l'intersubjectivité : un sujet écoute et parle à d'autres sujets. Il ne peut pas observer autrui objectivement quand bien même il respecterait la plus grande rigueur axiologique, car il est toujours partie prenante et participant de l'interaction. La tentation faustienne de réduire l'humain à une équation sans faille et à des modèles épurés, calibrés et prédictibles, confine aux totalitarismes mentionnés plus haut, avec toutes les dérives que l'on peut craindre et, hélas, constater. L'Homme risque de ne plus être sujet de sa vie mais d'être assimilé à un objet, quantifiable, mesurable, utilisable, manipulable, remplaçable et jetable...

« Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien » 
disait Socrate.

Il est vital de battre en brèche, par le doute socratique, les certitudes hégémoniques et le pouvoir qu’elles donnent. 
Remercions Socrate de son insolence, œuvre de salubrité publique.
 Il  l’a payée de sa vie.

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