lundi 27 octobre 2014

Eloge des défunts célèbres.



L’œil de la mouche : la pesée des cœurs.

"Il est plus grand couché que debout".
Oraison funèbre lapidaire énoncée, dit-on, par Henri III, devant le cadavre de son ennemi juré le duc de Guise, qui lui faisait de l'ombre et dont il avait commandité l’assassinat.

Il faudrait s’interroger sur l’hagiographie - exercice obligé - et la révérence conventionnelle que nous réservons officiellement aux morts connus, ceux qui ont eu un pouvoir et qui en ont usé.

Au moment de leur trépas, ils n'ont plus de torts, ni de travers. La mort les sanctifie et les soustrait au jugement des hommes, au moins dans l'immédiat. La communauté des vivants, amoindrie par la disparition d'un de ses membres éminents, respecte unanimement son départ, au delà des divergences d'opinions. Ce respect préservé et partagé va plus loin qu'un simple code social. Il nous préserve du mépris de la vie humaine. Seul le temps, après le deuil, permettra un regard critique.

Dans la mythologie égyptienne, le dieu Anubis pesait les cœurs après la mort, sur la balance de la justice. Cœurs purs ici, cœurs impurs là, le tri n'appartenait qu'à lui. En humains faillibles que nous sommes, ne pouvons pas jauger la valeur d'une personne, ni faire à sa place le bilan de sa vie. 

Pourtant, un défunt célèbre est-il nécessairement intouchable ? Peut-on, juste après sa disparition, évaluer ses actes, ses choix de vie, ses décisions et leurs conséquences pour la collectivité ? 

Du fait de leur décès, les disparus puissants sont-ils automatiquement
 "plus grands couchés que debout" ?

Et ces millions d'autres, anonymes, obscurs, sans grade, hommes, femmes et enfants qui meurent chaque jour en silence dans l'indifférence générale, victimes de notre avidité de consommateurs gavés, ne sont-ils que des chiffres et des statistiques ? 

Quel prix a leur vie ?

Je n'ai pas de réponse à ces questions. 
Et vous ?

lundi 20 octobre 2014

La crise de l'emploi : les SCOP


L’œil de la mouche : une autre manière d'être salarié.

Si un rocher barre la route, il ne sert à rien de l'attaquer avec une lime à ongles... Il vaut mieux en faire le tour. 

Les recrutements stagnent ? Le succès des SCOP démontre qu'il est possible d'envisager l'emploi autrement.

"Les Scop, Sociétés coopératives et participatives, désignent les entreprises à statut "Société Coopérative de Production". Soumises à l’impératif de profitabilité comme toute entreprise, elles bénéficient d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats prioritairement affectée à la pérennité des emplois et du projet d’entreprise."

Salariés associés.
"La SCOP est la seule coopérative dont les membres associés sont les salariés".

Comment ça marche ?
"Juridiquement, une SCOP est une société coopérative de forme SA, SARL ou SAS dont les salariés sont les associés.

Dans une SCOP, les salariés sont associés majoritaires et détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Si tous les salariés ne sont pas associés, tous ont vocation à le devenir.

Dans une SCOP, il y a un dirigeant comme dans n’importe quelle entreprise. Mais celui-ci est élu par les salariés associés.

Dans une SCOP, le partage du profit est équitable :
  • Une part pour tous les salariés, sous forme de participation et d’intéressement.
  • Une part pour les salariés associés sous forme de dividendes. 
  • une part pour les réserves de l’entreprise.
Dans une SCOP, les réserves, impartageables et définitives - en moyenne 40 à 45 % du résultat - vont contribuer tout au long du développement de l’entreprise à consolider les fonds propres et à assurer sa pérennité. Les co-entrepreneurs sont rémunérés de leur travail et de leur apport en capital, mais à leur départ, celui-ci leur est remboursé sans plus-value". 

Le nombre de SCOP actives est en progression constante.

Vous avez des amis, des idées, un réseau, une expertise ? 
Pourquoi ne pas vous associer pour créer une SCOP ?

 Pour en savoir plus sur les SCOP :
Scoop It

lundi 13 octobre 2014

La crise de l'emploi et le chômage.






L’œil de la mouche : contrôler, radier... pour remobiliser.

"Selon les Échos, Pôle Emploi se prépare à généraliser un dispositif de contrôle des chômeurs. La direction déclare que l'expérimentation a été menée afin de "remobiliser les chômeurs découragés", non "à des fins de sanctions". 

Il faut renforcer le contrôle des chômeurs…
"Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe" dit l’évangile. 

Et s’il n’y a rien à offrir, rien à trouver, portes fermées ?

Et si, pour une offre, les critères de recrutement sont tellement rigides qu’il est impossible de passer à travers les mailles du filet ?

Et si les recruteurs recherchent le candidat "couteau suisse", bon à tout faire et qui soit jeune diplômé et expérimenté, leader et discret, ni trop beau, ni pas assez, ni trop jeune, ni trop vieux, marié mais sans enfants, stable et mobile, blond et rose et Gaulois, expert en numérique et littéraire, motivé mais pas trop ambitieux… ?

 Contrôler 4 millions de chômeurs, est-ce vraiment la solution au problème ?

Face au raz-de-marée du chômage, faudra-t-il en arriver à exiger qu'un chômeur montre patte blanche et qu'il fournisse des informations sur :
Ses antécédents familiaux.
Le nombre de ses amis.
Son compte en banque et ses avoirs.
Son casier judiciaire.
Sa situation conjugale.
Ses opinions politiques.
Le résultat d’un contrôle pour savoir s’il fume (et quoi).
Son dossier médical et son carnet de vaccinations.
Un électrocardiogramme récent.
Son génome complet ?

Pour l’instant, ces données sont, hélas, protégées par la loi. 

Patience, avec un peu de travail de lobbying, l’obstacle ne devrait pas être insurmontable...

Il existe d'autres solutions que de culpabiliser les chômeurs, d'amputer les allocations ou de supprimer le CDI.

lundi 6 octobre 2014

A quoi dire : "Non" ?



Billet d'humeur : détox d'informations.

Panem et circenses


Non merci…
Je n’ai pas besoin de la dernière crème antiride, du "It bag" de la rentrée, des boots qu’il faudra absolument porter cet hiver. 

Non merci…
Je ne souhaite pas assister en direct, image "choc" à l’appui, à toutes les monstruosités et à tous les faits divers sanglants de la planète. 

Non merci…
Qu’est-ce que je pourrais bien avoir affaire du postérieur rebondi et de l'avant-scène siliconée d'une poupée gonflable de téléréalité ? 

Non merci…
Je ne veux pas devenir "Leader Maximo", ni développer un charisme ébouriffant. 

Non merci…
Je n’éprouve pas l'envie de "booster mon cerveau" qui me rend actuellement les services que j’en attends. 

Non merci...
le "Retour" du retour à répétition, ça suffit : même mythologie du sauveur, mêmes acteurs, même titraille, même pseudo suspense à la Une. Assez, par pitié !

Non, définitivement non...
Je n'achèterai pas les mémoires d'une ex. Je préfère revoir "Pour une poignée de dollars".

Non merci, sans façons…
Je peux continuer à vivre en ignorant qu’Elvis Presley est mort de constipation. 


Mesdames et Messieurs de l'information grand public,

Sans distance et sans analyse, à grand renfort de faits divers bruts, d'insignifiance montée en épingle, de ragots et de fonds de poubelles, de fouinasseries d’alcôves et de tartinages d’hémoglobine, 
en ne donnant à vos lecteurs que "du pain et les jeux du cirque", vous pourriez bien réussir à les faire fuir.