lundi 29 décembre 2014

2015...





A tous ceux que je connais.

A ceux qui sont isolés

A tous ceux qu’on n’entend jamais

Et à ceux qui sont aimés.

A tous ceux qui cherchent la paix

 Et à ceux qui sont comblés
      
Je souhaite une belle année

lundi 22 décembre 2014

Anaphores et métaphores



L’œil de la mouche : Les mots pour le dire.

Depuis une célèbre anaphore, qui a laissé l’interlocuteur et le public bouche bée, cette figure de style et de rhétorique fait florès, on la retrouve partout.

Mais pour paraphraser Edmond Rostand et Cyrano de Bergerac :
"Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! bien des choses en somme"...

Il existe, en effet, bien d'autres figures de style :

Des figures de répétition
La gradation : assembler successivement des mots de manière croissante ou décroissante.
Exemple : "C'en est fait. Je n'en puis plus. Je me meurs. Je suis mort. Je suis enterré."
Le parallélisme : reprendre, en miroir et/ou en opposition, une structure syntaxique.
Exemple : "Dieu aima les oiseaux et inventa les arbres.
L'homme aima les oiseaux et inventa les cages".

Des figures d'analogie
L'allégorie : représenter des valeurs abstraites avec des images concrètes.
Exemples : Marianne, le coq gaulois, allégories de la France.
La personnification : attribuer des caractéristiques humaines à un objet, un animal...
Exemple : le lion, roi des animaux, image du pouvoir et de la force, dans les fables de La Fontaine.
La comparaison : utiliser un comparé, un comparant, et un outil grammatical de comparaison (comme, tel que...)
Exemple : "La terre est bleue comme une orange".
La métaphore : utiliser une comparaison plus directe car l'outil grammatical de comparaison est manquant. La métaphore fait appel à l'imagination.
Exemple : "Cette faucille d'or dans le champ des étoiles".

Une figure d'exagération
L'hyperbole : exagérer l'expression d'une idée pour la mettre en relief et mieux frapper l'esprit. 
Exemple : "Il est mort de rire"

Des figures d'atténuation
La litote : suggérer quelque chose sans le dire.
Exemple : "Il n'est pas totalement stupide", pour dire : "Il est intelligent".
La prétérition : faire semblant de ne pas vouloir dire quelque chose, mais le dire quand même.
Exemple : "Il est inutile de vous rappeler que nous sommes ici pour prendre une décision". 
L'euphémisme : rendre une réalité moins brutale.
Exemple : "Troisième âge", "ainés"  pour vieillesse et vieillards.
L'antiphrase : exprimer ironiquement le contraire de ce que l'on pense.
Exemple : "Tout va très bien, Madame la Marquise", quand tout va mal...

Des figures de construction
L'antithèse : mettre en parallèle des mots qui désignent des réalités opposées.
Exemple : "Certains aiment le jour comme d'autres préfèrent la nuit".
L'oxymore : joindre et juxtaposer deux mots de sens opposé.
Exemple : "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles".
L'asyndète : ne mettre aucun mot de liaison entre des groupes syntaxiques, qui se suivent en renforçant l'idée d'accumulation.
Exemple : "Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières, On s'écrasait aux ponts pour passer les rivières".
La polysyndète : opter pour le contraire de l'asyndète, c'est-à-dire une exagération des mots de liaison, qui ralentit le rythme.
Exemple : "Mais tout dort, et l'armée, et les vents, et Neptune".

Et beaucoup d’autres ici…

lundi 15 décembre 2014

Petits cadeaux pour 2015



L’œil de la mouche : partage.

Quelques petites merveilles à lire ou à relire, à offrir ou à s’offrir pour terminer cette année morose et bien commencer la prochaine. J'ai aimé ces livres,  ils m'ont fait voyager, ils m'ont fait réfléchir, je les ai lus et relus, toujours avec le même plaisir. J'espère qu'ils vous plairont aussi.

 Élise Rousseau 
"Tous les chevaux du monde". 
Delachaux et Niestlé.
Un vrai bonheur pour les amoureux des chevaux et des beaux livres. Le fruit d'une passion, une somme et un régal !
L'encyclopédie, admirablement écrite et illustrée, de toutes les races de chevaux du monde.

Anthony Trollope
"Quelle époque !". 
Fayard.
En pleine ère victorienne, déboule dans la City de Londres, au milieu de gentlemen policés attachés à la moralité des affaires, un aventurier haut en couleurs qui brasse les millions qu'il ne possède pas. Malgré sa vulgarité et ses manières grossières, il attire chez lui toutes les vieilles familles patriciennes, fascinées par sa fortune affichée, comme les papillons par la flamme.
Les débuts de la finance virtuelle, de la spéculation d'envergure et l'invention, avant la lettre, du système de Ponzi...
Anthony Trollope, peu connu en France, mériterait d'être aussi célébré que Balzac et Dickens.

PD James
"Le phare". 
Policiers. Fayard.
P.D.James, grande dame anglaise contemporaine, sait remarquablement allier sensibilité et froideur clinique dans ses romans inclassables. Ils marient les contraires, psychologie des criminels et poésie, intrigue policière soutenue et écriture d'une grande romancière. Un alliage rare qu'on lit d'une traite sans respirer et des personnages qu'on ne peut plus oublier.
Elle a tourné la dernière page de son histoire en novembre. A 94 ans, elle préparait un livre que nous ne lirons jamais. Quel regret !

Edith Wharton
"Les beaux mariages".
Poche. 
Ondine Spragg, issue d'une petite ville américaine, jeune ambitieuse inculte, ravissante et sans scrupules, égoïste futée, part à l'assaut de la richesse et de la respectabilité, au moyen d'un carrousel de beaux mariages, seul ascenseur social à sa portée. Tout l'art de la romancière est là : finesse psychologique, portraits décapants, fresque sociale, maestria du style et du récit. La confrontation culturelle entre l'ancien et le nouveau monde d'avant-guerre est un thème cher à Édith Wharton, amie et sœur d'esprit d'Henry James, mais le portrait pourrait être contemporain.

P.G. Wodehouse
"Piccadilly Jim", toute la série des Blanding castle et tous les "Jeeves"... 
Poche.
A lire sans modération, pour terminer l'année en riant à en perdre haleine, ces récits légers, sommets de l'humour anglais, pleins de loufoqueries et d'allégresse contagieuse très éloignée de l'anxiété ambiante actuelle...

 Bonne fêtes de fin d'année à tous !

lundi 8 décembre 2014

Obelix et Asterix.



L’œil de la mouche : nous, Gaulois...

Dans le petit village Gaulois qui résiste à l’Empire romain, les chefs ont appris à cheffer en celtique, dans leurs écoles de chefs.

Ils savent négocier entre eux les intérêts du village, à grand renfort de cuissots de sanglier, de cervoise et de menhirs, ce qui est bien plaisant.
 
Lorsqu’ils participent à des banquets réunissant les maîtres du monde, ils se sentent quand même un peu isolés en écoutant César, les barbares et les autres, échanger, en latin, des plaisanteries et des finesses qui leur passent carrément par dessus les oreilles. 

Mais peu importe l'Empire romain :
les Gaulois se comprennent entre eux.

"Peut mieux faire"

lundi 1 décembre 2014

Le syndrome du Titanic.



Remue-méninges : demain, autrement. 

Les périodes de changement brusque et de mutation, comme celle que nous vivons, génèrent des réactions faisant appel à ce qu’il y a de pire - et aussi de meilleur - dans l’être humain, comme le savent tous ceux qui ont vécu, de l'intérieur, les derniers mois d'une entreprise.

Le pire : chacun pour soi, l’autre est l'ennemi et tous les coups sont permis pour sauver sa peau, "si je ne tue pas, je serai tué"...
Le meilleur : coopérer et s’entraider pour inventer ensemble des solutions et des issues, conjuguer "avec" et non pas "contre".

Nous voyons le pire à l’œuvre aujourd’hui :
  • Des milliardaires gavés amassant des tas d'or qu'ils ne savent plus comment dépenser.
  • Des grands groupes et des banques qui se mettent au chaud dans les paradis fiscaux en refusant leur contribution au pays qui les enrichit.
  • Certains "Padroni" qui abritent leur avenir - mais pas celui de leur entreprise - sous des parasols et des chapeaux dorés.
  • La finance dérégulée qui engrange des bénéfices insensés en spéculant sur les monnaies.
  • La corruption à tous les étages.
  • L'exploitation intensive de l'environnement transformé en poubelle par nos déchets.
  • La liste pourrait être beaucoup plus longue…

Mais nous voyons aussi émerger :
  • La prise de conscience responsable de l'intelligence collective.
  • La participation, avec la montée en puissance de l’économie sociale et solidaire.
  • Les AMAP.
  • Le microcrédit. 
  • Les Scop. 
  • Le "coworking". (Le travail collaboratif)
  • Les réseaux qui se mettent en place pour créer des synergies. 
  • Le "crowdfunding". (Le financement participatif) et  la consommation collaborative.
  • Quelques milliardaires américains, et non des moindres, (Bill Gates, Warren Buffet) qui lèguent leur fortune à la collectivité...
Voici un site et une cartographie intéressante de ces initiatives, pour l'instant éparses, mais qui prennent corps et sens :
Le site :  e-pollen
La newsletter :  http://e-pollen.fr/newsletter/newsletter_002

La théorie de Thomas Khun sur les révolutions scientifiques peut s’appliquer également au changement de notre modèle de société. Le paradigme en place, né de la révolution industrielle, l’injonction de Guizot "enrichissez-vous" et le pillage frénétique des ressources semblent avoir fait leur temps.

"Lorsqu'un paradigme, modèle de pensée scientifique, est mis à mal par des échecs répétés tant dans le domaine expérimental que théorique, de nouvelles idées nécessairement "révolutionnaires" émergent. Elles aboutiront éventuellement à la mise en forme d'un nouveau cadre de pensée scientifique, à la création de nouveaux outils."

Les paradigmes dominants sont toujours attaqués aux marges, d’abord par des initiatives qui pointent les failles du modèle faisant consensus, puis par une cristallisation et la montée en puissance d’une nouveau modèle.

Nous en sommes sans doute là. La vague industrielle a montré ses limites  -  malgré l'extraordinaire confort de vie qu'elle a généré dans les pays occidentaux  -  en allant jusqu'au bout de sa logique  : compétition féroce, recherche de rentabilité maximum et immédiate, croissance échevelée à tout prix et à court terme, culte du "toujours plus, tout de suite", prééminence donnée à l’économique et à la richesse comme étalon de la réussite, darwinisme social, effacement de l’humain subordonné aux chiffres, montée des individualismes et effondrement de toute éthique collective…

Mais en contrepoint, émerge un autre modèle, refusant le consumérisme boulimique, se préoccupant de l’avenir de la planète et de l'héritage que récolteront ceux à qui nous lèguerons le fruit de nos actes, refus d'un comportement de prédateur, prise de conscience de l'écart dangereux qui grandit entre les plus riches et les autres (voir le succès surprenant, aux États-Unis, du dernier ouvrage de Thomas Piketty, le capital au XXIème siècle), remise en question du dogme de la croissance à l'infini, nouvel "humanisme"... 

Le paradigme dominant oppose une vive résistance en tentant de maîtriser et d'encadrer ces tendances émergentes et des critiques dénoncent la récupération de ces mouvements par la logique financière (Airbnb, Blablacar). Mais, tout comme Internet, impossible à contrôler totalement, cette aspiration prend de l'ampleur, car elle correspond à un besoin vital.

Si vous êtes lycéen,  étudiant, jeune diplômé, ou si vous envisagez une évolution professionnelle,  pariez sur ces tendances en germe. Le modèle de société aujourd'hui prégnant pourrait bien s'effondrer rapidement, miné de l'intérieur par le non-sens, comme le mur de Berlin dont personne n'avait prévu la disparition soudaine.

Nous sommes assis sur un volcan : des milliards de milliards de dettes, (gigantesque pyramide de Ponzi) impossibles à rembourser. Le système perdure, dans une course en avant aveugle, avec l'entente systémique de toutes les parties prenantes. Mais il suffirait pour que tout s'écroule que, quelque part, un papillon batte des ailes.

Nous nous trouvons aujourd’hui à un carrefour. Les orientations que nous prendrons dans les années à venir pourraient bien être déterminantes pour l’avenir de l’espèce humaine.


Nous avons encore le choix, mais peu de temps pour faire ces choix…

Rétrospective et prospective : les phares

Hier, aujourd'hui et demain...