vendredi 30 janvier 2015

Un oeil naïf


L'Ingénu en Gaule.
Nouvelle rubrique du blog.

Sans le talent de Voltaire mais avec le regard étonné d'un Huron, quelques aspects surprenants de notre mode de vie...

Cette rubrique s'ajoutera à celles qui existent déjà :  

"L’œil de la mouche". (Lu et commenté)
"Remue-méninges". (Travail et société)
"Des métiers d'avenir". (Prospective)


Prochain billet de cette nouvelle rubrique lundi : 
"Shadokeries".


Merci à tous ceux qui nous lisent et à bientôt

lundi 26 janvier 2015

Etes-vous un Gentleman ?



 Remue-méninges.
Vos lumières sont les bienvenues !


En lisant des romans de l'époque victorienne, j'ai découvert qu'un concept avait disparu de nos représentations, celui de gentleman.

Le terme recouvrait alors des notions de réserve, de dignité, de discrétion, de bonnes manières, de souci de ne pas heurter autrui, d'absence de vanité et d'ostentation, d'éducation, de langage soutenu et articulé, de véracité, d'élégance, de droiture, d'honneur, de tenue morale et physique... 

Un gentleman pouvait être désargenté, mais il restait un gentleman.

S'il signalait des qualités, il signifiait aussi discrimination et il impliquait distance et dédain silencieux envers tous les étranges étrangers qui ne possédaient pas les codes d'appartenance à la caste. C'était un marqueur social.

Les antonymes de gentleman pourraient être, par exemple : "Gougnafier", "Malotru", "Goujat", "Rustre"...   

Et aujourd'hui ?

J’ai cherché en vain sur le Web, ce que seraient les caractéristiques d'un Gentleman actuel.

Je n’ai trouvé que des exemples de comportements courtois avec les femmes ou des exemples d’élégance vestimentaire, les deux illustrant le parfait séducteur, dit "Rétrosexuel".

Rien sur les dimensions psychologiques, comportementales, morales ou sociales, très présentes au XIXème siècle.

 Le sujet de mon enquête est le suivant 

Y a-t-il encore des gentlemen ? 
Si oui, à quoi ressemblent-ils ?

lundi 19 janvier 2015

Gloubi-boulga...




Remue-méninges : une soupe conceptuelle

Si nous souhaitons garder la tête froide et éviter une escalade de violences, il va devenir urgent de peser soigneusement ce que nous faisons quand nous manions des concepts, afin de ne pas transformer notre réflexion en bouillie pour les chats.

J’ai noté avec effarement la déclaration d’une ex responsable politique très diplômée, que je ne nommerai pas, qui dit : "On a le droit d’être agnostique, la liberté c'est aussi de ne pas croire".  Elle ajoute, si on en croit la presse, qu’il faut cesser de discuter avec les représentants des religions "qui ne sont pas des maîtres à penser"… Hop ! La culture et le dialogue au panier, avec une bonne moitié de l'humanité.

Pour rester bienveillants, nous supposerons qu’un raz-de-marée émotionnel a submergé ses capacités corticales et son sens des responsabilités. Peut mieux faire, réflexion superficielle...

Examinons le raisonnement, si raisonnement il y a.
"La liberté, c'est aussi de pas croire"
Ne pas croire, c'est être athée. (Athéisme, étymologiquement = A privatif + theos, Dieu). L’athée, qui en a certes le droit en fonction de la liberté de conscience, part du postulat que "Dieu n’existe pas", exactement comme les croyants qui posent le postulat inverse. Mais les uns et les autres adhèrent bien à une croyance car la preuve de l'existence ou de la non-existence de Dieu n'a jamais été faite et ne le sera jamais. La foi ou son absence ne relèvent pas du registre de la science, ni de celui de la rationalité.

"Être agnostique"
Si l'athée ne croit pas, l'agnostique, lui, ne nie pas l’existence d’un créateur. Il ne se prononce pas, il n'est ni croyant ni incroyant, il ne sait pas. (Agnosticisme, étymologiquement = A privatif + gnose, savoir). Ne pas savoir, ne pas être certain de détenir la Vérité universelle,  c'est un préalable indispensable à tout dialogue. 

"Ne pas discuter avec les représentants des religions, qui ne sont pas des maîtres à penser"
Donc cette dame, très diplômée, qui refuse le dialogue avec les religions, ne connait pas le sens des mots qu’elle emploie et nous gratifie d'un gloubi-boulga mental en confondant allègrement athéisme et agnosticisme. Elle frappe d'anathème les autres croyances que la sienne. Elle se comporte ainsi comme certains de ceux qu'elle dénonce, dans une surenchère de rivalité mimétique. Est-ce penser ? 

La liberté, la laïcité, et le droit
La laïcité est un principe qui a été payé au prix fort : inquisition, guerres de religion, révolutions, déportations et exterminations, au nom des croyances et des idéologies. Raison de plus pour être très vigilants sur le sens des mots que nous employons. 
Laïcité ne signifie pas athéisme. Soulignons la différence fondamentale qui existe entre les croyances et opinions personnelles, quelles qu'elles soient, et la laïcité.
L’État laïque n'autorise pas d'influence du religieux sur les institutions. Ce principe est inscrit dans la loi qui régit en droits et en devoirs la vie de notre communauté nationale. Il s'exerce dans le respect de tous les cultes, à condition qu'ils ne portent atteinte ni à l'intégrité des personnes, ni à la sécurité. Et ce, depuis la séparation de l’Église et de l’État (1905) qui ne signifie, en aucune façon, absence de dialogue sur la manière de vivre ensemble et de concilier croyances et respect des lois. 


Il existe des Ignace de Loyola de l’athéisme dont le prosélytisme est aussi violent que celui des intolérances religieuses.

Les champs de confusion conceptuelle à désherber foisonnent. 
Ne confondons pas :
Athéisme et laïcité
Mais aussi :
Liberté et irresponsabilité
Connotation et dénotation
Spiritualité et dogmes
Égalité et indifférenciation
Appartenance et sujétion
Espace privé et espace public

 Il y a là matière à penser pour les jours de disette.

lundi 12 janvier 2015

Un beau dimanche



L’œil de la mouche : ce qui nous rapproche, ce qui nous divise.


Hier, enfin ! Du plus profond d'un noir désespoir, sans avertir, quelque chose d'extraordinaire s'est produit : un symbole a pris corps, il a cristallisé des millions de "Oui à la vie, à la liberté et à la fraternité". Il est né à nouveau, de ses cendres, place de la République et place de la Nation, près de la place de la Bastille... Merci Charlie.

"En Grèce, un symbole était au sens propre et originel un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant en rapprochant les deux morceaux qui devaient s'emboîter parfaitement. Le "sumbolon" était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr."
(…)
"L'antonyme littéral du "symbolique" est le "diabolique", ce qui divise (du Grec diaballein, de dia- à travers, et -ballein jeter, jeter à travers, c'est-à-dire diviser, disperser, par extension rendre confus). Le diabolique est au sens propre, pour les Grecs, le bâton qui semble rompu lorsqu'il est plongé dans l'eau. Au sens figuré, c'est l'apparence trompeuse. Ce qui est trompeur, fait croire à la cassure et relève de l'illusion des sens, est de l'ordre du diabolique. Ce qui rapproche, reconstitue l'unité ou la totalité originelle en dévoilant du sens est de l'ordre du symbolique." Wikipedia


Ce qui ne parvient pas à être symbolisé divise et se traduit par de la violence mortifère, contre les autres ou contre soi.

Le mouvement spontané qui nous a rassemblés par millions en ces jours d'horreur, au-delà de nos différences et des frontières, signe notre appartenance symbolique à notre commune humanité.

Cet élan digne et silencieux répond à la valeur essentielle qui nous relie et qui fonde toutes les autres, avant même d'être déclinée en marche républicaine ou en appel à la liberté d'expression. 
  
Ne faisons pas de contresens, évitons les récupérations idéologiques et partisanes, de quelque bord qu'elles soient.

Les "lumières" se sont rallumées, ne les laissons pas s'éteindre.
 
On peut tuer des hommes, on ne peut ni museler, ni assassiner un symbole. 

Pas celui-là.

jeudi 8 janvier 2015

Silence


On peut tuer des hommes, 
on ne peut pas tuer les symboles.

lundi 5 janvier 2015

Comment s'informer



L’œil de la mouche : trier et sélectionner les informations.

Pour ne pas subir passivement les bouleversements de notre société et pour agir efficacement, nous avons besoin d'être informés aussi largement que possible, faute de quoi nous aurons certes des opinions, mais elles ne seront fondées que sur des impressions et des réactions émotionnelles qui risquent d'être influençables et manipulables.

Submergés par des informations qui mélangent l’important et le dérisoire, géopolitique et faits divers crapoteux, nous ne savons plus très bien comment choisir des sources nutritives.

Voici quelques renvois vers des informations généralistes que j'apprécie, consultables en ligne. Ils sont faciles à trouver, je ne les mets pas en lien.

Je vous propose de la compléter avec les acteurs de l’information que vous appréciez et que nous pourrions tous partager. Un annuaire qualitatif, en somme, pour trier le bon grain de l'ivraie ?

Mes critères de choix : des articles intéressants, qui apportent une analyse et un regard, qui me permettent de comprendre le monde, bien écrits (sans fautes d'orthographe) et bien documentés, une mise en page claire, agréable à lire et aérée...

Ces sites ont des orientations politiques et économiques différentes, ce qui permet, en balayant large, de se forger une vision étayée : chaque facette de l’œil de la mouche photographie un aspect de la réalité, mais c'est l'intelligence de la mouche qui synthétise l'image globale.

Je ne regarde plus la télévision depuis très longtemps. J’ai délibérément omis de la liste ci-dessous, les titres de la presse "mainstream". Je n'en survole plus que les grands titres le matin, tellement je suis lasse des articles  superficiels, à sensation et souvent identiques d'un magazine à l'autre, car repris de l'AFP.

De même, je ne lis plus que rarement la presse en ligne qui vend des articles "protégés" et payants comme des exclusivités, alors qu'on retrouve, sans valeur ajoutée, les mêmes informations presque telles quelles, ailleurs : je peux faire la veille moi-même.

Ci-dessous, les sources d'information en ligne que je lis régulièrement.
  •  La Tribune
  •  Acrimed
  •  Le monde diplomatique
  •  L'observatoire des inégalités
  •  Challenges
  •  La vie des idées
  •  Les échos
  •  Mediapart (payant, 9 € par mois)
  •  Le nouvel économiste
  •  Terra Eco
  •  Le journal du CNRS
  •  Alternatives économiques
  •  Arrêt sur image
  •  Le Monde de l’éducation.
  •  Le Monde Sciences : Passeur de sciences...

Cette liste n’est pas exhaustive et elle n'inclut pas les blogs de qualité, sélectionnés au fil du temps, qui représentent l'essentiel de mes ressources de veille.

La qualité de l'information dépendra demain de l'exigence des lecteurs.
 
 Pour aller plus loin
Chomsky : la fabrication du consentement