lundi 29 juin 2015

Management de crise


Développer son esprit critique, compétence essentielle...


L'ingénu en Gaule : entre le dire et le faire


D’un côté, nos élites nous somment de faire jouer librement la concurrence, elles nous déclarent que nous devons nous adapter à la globalisation, que la main invisible du marché va faire des miracles et qu’il faut en passer par là pour survivre.
C'est ce que disent nos élites.

De l’autre, les mêmes élites nous prouvent que, sous forme de lobbies, les corporations sont toujours bien vivantes et qu’il leur suffit de crier un peu fort pour qu’on cède à leurs revendications catégorielles, en protégeant leur pré carré. 
C'est ce que font nos élites. 

Le cabotage à la godille entre le dire et le faire génère une contradiction logique de la même famille que celle-ci :

"Je vous donne l'ordre de désobéir à cet ordre".


Nous savons, depuis les travaux de l’école de Palo Alto, que ce type de raisonnement s’appelle une double contrainte, injonction paradoxale qui génère une paralysie de la réflexion, des passages à l'acte brutaux... ou un accès direct à Sainte-Anne.

Serait-ce une nouvelle méthode de management de crise ? 
Ou une crise de la pensée ?

lundi 22 juin 2015

Des compagnons et des métiers


L’œil de la mouche : une vie qui a du sens, oui, ça existe…

 « Laboratoire unique au monde, la construction du château de Guédelon, en Bourgogne, associe le savoir-faire des artisans à l'expertise des archéologues. Le temps d'une saison, ce documentaire passionnant explore les coulisses de ce chantier hors du commun.

Depuis 1997, à Treigny, dans l'Yonne, l'aventure mobilise chaque année soixante-dix professionnels. Passionnés par leur métier, ils sont tailleurs de pierre, maçons, ferronniers, charpentiers, cordiers, vanniers ou tuiliers. De mars à octobre, sous l'œil avisé des 300 000 curieux qui viennent les observer en plein travail, mais aussi des historiens et des archéologues – notamment ceux de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) –, les artisans chevronnés de Guédelon construisent un vrai château fort. Leur défi ? N'employer que des techniques, outils et matériaux semblables à ceux utilisés au XIIIe siècle, sous le règne de Philippe Auguste.
Une leçon grandeur nature ».

Guédelon : renaissance d’un château médiéval

Mercredi 01 juillet à 8h55 (91 min)
Rediffusion lundi 06.07 à 15h50
Déjà diffusé samedi 20.06 à 20h50

Prenez le temps de regarder ce documentaire.
Des initiatives comme celle-ci, il y en a des dizaines en France. Elles font revivre des métiers oubliés, paient les artisans, créent des emplois et démentent la sinistrose...

lundi 15 juin 2015

La bonté n'est pas du sirop ...



L’œil de la mouche : le bouquin des méchancetés

"La méchanceté est un art à la condition d'être drôle et inspirée. Préfacé par un maître du genre, Philippe Alexandre, cet ouvrage offre le florilège le plus complet et jubilatoire qui soit des traits d'esprit, saillies, épigrammes et autres " vacheries " qui ont jalonné l'histoire littéraire, mondaine et politique de l'Antiquité à nos jours.

Certaines époques et certains milieux se sont particulièrement illustrés dans cet exercice vivifiant : les cercles littéraires des XVIe et XVIIe siècles, les salons et la cour de France au siècle des Lumières, le monde politique et la société mondaine de la IIIe République, l'Angleterre post-victorienne, la grande période hollywoodienne de l'entre-deux-guerres...

Autant de moments où la liberté d'esprit et une lucidité aiguisée se sont exprimées sans crainte de démystifier et tourner en ridicule les figures installées du conformisme intellectuel et de l'académisme pontifiant.

Parmi les experts en la matière, on trouve de grands hommes d'État. Clemenceau, l'un des plus féroces, disant à propos du président de la République, Félix Faure, qui venait de mourir : " En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. " Churchill, tout aussi impitoyable, au sujet de son successeur Clement Attlee : " Un taxi vide approche du 10 Downing Street, Clement Attlee en descend... "

De célèbres dramaturges ou comédiens firent eux aussi profession de rosseries en tout genre. Ainsi Sacha Guitry, commentant en ces termes l'élection à l'Académie française de l'un de ses confrères : " Ses livres sont désormais d'un ennui immortel. " Ou Tristan Bernard, disant d'une actrice en vogue : " Pour se faire un nom, elle a dû souvent dire oui. "

Le répertoire rassemblé et présenté par François Xavier Testu fourmille de mots de la même veine, de formules souvent hilarantes et toujours assassines, qui constituent autant de trouvailles irrésistibles. On les lira avec la même délectation qui a animé les meilleurs esprits de leur temps."
Présentation de l'éditeur.
Le bouquin des méchancetés. François Xavier Testu. Robert Laffont.

 La bienveillance nous fait grandir 
et l'ironie nous rend libres.

lundi 8 juin 2015

Humanité et agressivité



Remue-méninges : sommes-nous des singes « tueurs » ?

En gros titres dans toute la presse en cette fin de mois de mai : "Le plus vieux meurtre du monde". Des archéologues qui fouillent le site d’Atapuerca, en Espagne, site très ancien (vers moins 500.000 ans), ont exhumé le crâne d'un prédécesseur de Sapiens qui porte les marques de plusieurs  coups violents, assénés avec un instrument contondant. Ce serait la marque d’un acte délibéré et agressif, ayant entraîné la mort. Un meurtre donc.

Arrêtons-nous un instant sur cette information. Elle n’est pas anodine car elle véhicule, consciemment ou non, une idéologie : si nous sommes une espèce meurtrière, c’est que la violence est inscrite dans nos gènes, tout autant que la couleur de nos yeux, notre taille ou notre poids.  Nous n’y pouvons rien, c'est fatal, c’est ainsi que nous sommes faits.

L’agressivité serait donc consubstantielle à la nature humaine et les plus agressifs des humains seraient les gagnants à la loterie de la sélection naturelle qui élimine les faibles. Cette idéologie, faussement fondée sur des faits de nature biologique et déterministe, justifie toutes les violences, toutes les inégalités, toutes les dérives de l’eugénisme,  du malthusianisme, bref, de la loi du plus fort. L’homme est un loup pour l’homme, il existe depuis la nuit des temps des dominants et des dominés, inutile de se vautrer dans la guimauve des bons sentiments et des discours "bisounours"…

C’est faire très bon marché d’une autre tendance qui est au moins aussi puissante dans notre évolution : l’entraide, l'échange, la solidarité et la coopération. Si les premiers hommes à l’aube des temps humains, avaient été incapables d’empathie, s’ils n’avaient pas "inventé" le langage qui permet de partager des sentiments et des informations vitales,  s'ils ne s'étaient pas réunis autour du feu pour se raconter le monde, s’ils n’avaient pas pu subvenir aux besoins des plus faibles, s’ils n’avaient pas coopéré pour la chasse et le partage de nourriture ou pour prendre soin des enfants, s'ils n'avaient pas posé d'interdits, nous ne serions pas, aujourd’hui, réunis en colloques savants pour en parler car nous nous serions nous-mêmes rayés de la carte des vivants.

Nous gagnerions beaucoup à comprendre et à diffuser le sens des découvertes des paléoanthropologues, si nous ne voulons pas nous retrouver dans un cul-de-sac de l'évolution.

"En ces temps si reculés, où il fut souvent dépeint comme une brute épaisse, il arrivait pourtant que l'homme prenne soin d'un handicapé. J'ai étudié le crâne émouvant, trouvé à Salé, au Maroc, et daté d'environ 400.000 ans, d'une jeune femme atteinte d'un handicap grave, un torticolis congénital. Née avec une paralysie partielle du cou et la tête fortement inclinée, son apparence physique était très affectée. 

Ce handicap est souvent associé aujourd'hui à d'autres malformations et il est possible qu'elle ait été incapable d'accomplir certaines des tâches des autres membres du groupe. Que ce soit par compassion ou parce que toute vie était précieuse pour les bandes peu nombreuses, il a fallu que ses congénères prennent soin d'elle pour qu'elle atteigne l'âge adulte. On connait aussi le cas de deux jeunes adultes, l'un sourd, l'autre atteint d'inflammation osseuse, trouvés dans le très riche gisement d'Atapuerca, en Espagne, daté de 500.000 ans.

La survie de ces êtres handicapés souligne le prix accordé à la vie humaine, suggère l'existence de liens affectifs et indique peut-être qu'un certain partage des tâches régnait au sein des groupes, un ensemble de comportements qui renforçait la cohésion et l'efficacité des communautés humaines."

Jean-Jacques Hublin. Bernard Seytre. "Quand d'autres hommes peuplaient la terre". Flammarion.

A l’heure où un terrible bras de fer s’installe entre les peuples et une poignée de chantres de l’inégalité (emplois à deux vitesses, Europe à deux vitesses, pays riches et misère affreuse, nantis d’un côté et piétaille exploitable de l’autre) il est urgent de combattre cette idéologie pernicieuse et de lire, par exemple, ce que Jean-Marie Pelt nous dit à ce sujet. 
"La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains."
"L'agressivité chez les plantes, les animaux, les humains."
Jean-Marie Pelt. Poche.

Dans la nature, des plantes à l’Homme, la coopération est au moins aussi prégnante que la compétition. 

Il nous faut tarer les plateaux de la balance.
Vite...