lundi 26 octobre 2015

La thérapie du rire



L’œil de la mouche : le rire est le propre de l’homme

Rions un peu…

Oui, je sais, il n’y a pas de quoi : chômage massif, plans sociaux, économie en berne, déferlement et drames de la misère du monde, guerres, massacres et extinction massive de toutes les espèces, pollution et corruption à tous les niveaux…

Mais justement, c’est peut-être le moment de retrouver un peu de bonne humeur en lisant des textes légers, pétillants et drôles à pleurer de rire.

Comme celui-là, qui a boosté mon dosage de sérotonine cette semaine, au moment où je commençais à voir tout en noir à la lecture de la presse...

Ne vous en privez pas.  

Voici Bertie Wooster, jeune et riche oisif à la cervelle pleine de courants d'air, qui  a un vrai génie pour se fourrer dans d'invraisemblables pétrins et son majordome, Jeeves, qui l'en sort grâce à ses petites cellules grises très performantes...

"Elle m'asséna la nouvelle avant le petit déjeuner. Voilà résumée en quelques mots la personnalité de ma tante Agatha. Je pourrais discuter sans fin sur la cruauté et l'absence d'égards. Je me contenterai de souligner qu'elle m'arracha de mon lit pour me conter sa pénible histoire du jour. Onze heures et demie n'avaient pas sonné que Jeeves, mon homme de confiance, me tirait du néant pour m'annoncer :
- Mrs Gregson est là, monsieur.

Songeant qu'elle devait souffrir de somnambulisme, je m'extirpai de mon lit et enfilai une robe de chambre. Je connaissais suffisamment bien tante Agatha pour savoir que si elle était venue me voir, elle me verrait. Elle est comme ça.

Elle m'attendait, assise droite comme un i dans un fauteuil, le regard perdu dans le vide. Elle me dévisagea de ce détestable air critique qui me donne toujours l'impression d'avoir de la gélatine à la place de la colonne vertébrale. Tante Agatha est du genre résolu. Selon moi, la reine Elizabeth devait lui ressembler. Elle tyrannise son mari, Spencer Gregson, un pauvre malheureux qui travaille à la Bourse. Elle tyrannise mon cousin, Gussie Mannering-Phipps. Elle tyrannise sa belle-sœur, la mère de Gussie. Et pour couronner le tout, elle me tyrannise, moi. Elle a l’œil d'un poisson mangeur d'hommes et maîtrise parfaitement l'art de la persuasion.

Il doit bien exister de par le monde des hommes - au caractère bien trempé et tout le reste -  qu'elle ne réussirait pas à intimider. Mais si on est un pauvre bougre comme moi, aimant la tranquillité, on se contente de se rouler en boule à sa vue, en croisant les doigts. Mon expérience m'a appris que, quand tante Agatha veut qu'on fasse quelque chose, on s'exécute, sinon on se retrouve à se demander pourquoi ces types des temps jadis ont fait tant d'histoires quand ils ont eu des ennuis avec l'inquisition espagnole."

Lisez la suite, désopilante, dans :
Quelles nouvelles Jeeves ? P.G. Wodehouse. Bibliobus.

Fantaisie et humour sont indispensables à notre équilibre psychologique...

lundi 19 octobre 2015

Trouver une formation



 Remue-méninges : des annuaires de formations


A explorer pour trouver la formation qui vous convient, sans oublier de poser aux organismes des questions importantes :

Diplôme homologué, certification, titre professionnel  ? 
Formateurs qualifiés ?
Débouchés ?
Processus de recrutement et niveau d'entrée requis ? 
Stage pratique inclus ? 
Aide à la recherche de stage pratique ?
Mode de financement ? 
Logistique et matériel informatique ? 
Annuaire des anciens ? 
Documentation et bibliothèque ?




















Et d'autres à venir, métier par métier...

lundi 12 octobre 2015

Réflexion sur les valeurs -2. La valeur des actes



Développer son esprit critique, compétence essentielle...
 
L’ingénu en Gaule : nos valeurs, sens dessus-dessous


Nous cherchons une vie intelligente dans le cosmos, alors que nous abrutissons la nôtre à grand renfort de téléréalité, de presse à sensation et d'informations ramassées dans les caniveaux.

  Nous aspirons à communiquer avec des extraterrestres et nous restons sourds à la misère de nos semblables.

Nous nous émerveillons qu’il y ait de l’eau saumâtre sur Mars tandis que l’eau potable est en voie de disparition sur Terre.

 Nous imaginons des moyens de créer des atmosphères artificielles sur des planètes qui n’en ont pas mais nous polluons, à tour de bras et de pots d'échappement, l'air que nous respirons.

Nous ambitionnons de bidouiller notre génome sans savoir ce qu’est la vie.

Nous nous glorifions des progrès de la science en laissant une grande partie de l’humanité mourir de faim et en nous dotant d’armes de pointe qui détruiront l’autre moitié (et nous avec).


Et si nous utilisions l’intelligence dont nous sommes si fiers pour remettre debout notre échelle de valeurs,
 ici, tout de suite ?

dimanche 4 octobre 2015

Les surdoués sont-ils des mutants ?




L’œil de la mouche : douance, talent, hauts potentiels et monsieur ou madame Toulemonde

(Les astérisques renvoient à mes commentaires en fin de billet)

Il est beaucoup question actuellement, de "hauts potentiels"*, de talents et de douance.  Kazimierz Dabrowski, peu connu en France, est l'auteur d'un modèle de développement de la personnalité qui mérite qu'on s'y arrête un moment.

Si la douance vous intéresse ou si vous vous sentez concerné, lisez, sur le Net, les articles qui existent à son sujet car ses livres ne sont pas faciles à trouver. En voici un extrait.


"Kazimierz Dabrowski (1902 - 1980), polonais, était un psychologue, un psychiatre, un physicien, un écrivain et un poète. Il a développé le concept de la Désintégration positive**, une approche nouvelle du développement de la personnalité, qui comprend la notion d'hyperstimulabilité. Ce concept de la Désintégration positive semble être très utilisé par les individus à haut potentiel (surdoués) pour comprendre leur développement intellectuel."
 (…)

"Dabrowski a observé que la plupart des gens*** vivent leur vie dans un état "d'intégration primitive ou primaire", largement guidée par les pulsions biologiques ("premier facteur") et/ou par une adhésion non critique et une conformité aux conventions sociales ("deuxième facteur").

Il a appelé cette intégration initiale, niveau 1.
Dabrowski a observé qu'à ce niveau il n'y a pas de vraie expression individuelle du moi humain autonome. L'expression individuelle au niveau 1 est influencée et contrainte par les deux premiers facteurs.

Le premier facteur dirige l'énergie et les capacités vers la réalisation de buts personnels qui reflètent les instincts les plus bas et le moi biologique, dont le but primaire est la survie et l'avancement personnel. Souvent les capacités sont utilisées de manière antisociale ou asociale. Par exemple, vers l'extrémité basse du niveau, de nombreux criminels montrent ce type de comportement égoïste. Ils font progresser leurs propres projets aux dépens des autres.

Le deuxième facteur, l'environnement social (milieu) et la pression sociale contraignent l'expression individuelle et la créativité en encourageant une vision commune de la vie et en décourageant l'expression personnelle et les pensées originales. Le deuxième facteur externalise les valeurs et les mœurs, externalisant ainsi la conscience. Les forces sociales façonnent les attentes. Le comportement et les talents et la créativité personnelle sont dirigés vers des formes qui suivent et supportent le milieu social existant.

Dabrowski sentait que notre société était largement influencée par ces deux facteurs de bas niveau et pouvait être caractérisée comme fonctionnant au niveau 1.

Dabrowski a également décrit un groupe de personnes qui affichent une trajectoire différente : une voie de développement individualisée.**** Ces personnes s'éloignent d'une vision de la vie automatique, routinière, socialisée (ce que Dabrowski appelle ajustement négatif) et se dirigent dans et à travers une série de désintégrations personnelles. Dabrowski voit ces désintégrations comme un élément-clé dans le processus de développement global. Les crises remettent en question notre statu quo et nous amènent à réexaminer notre moi, nos idées, nos valeurs, nos pensées, nos idéaux, etc.

Si le développement continue, la personne arrive à développer une structure hiérarchique de valeurs, individualisée, consciente et évaluée de manière critique (appelée ajustement positif). Cette hiérarchie de valeurs agit comme un repère vis-à-vis duquel toutes choses sont désormais considérées, et les plus hautes valeurs dans notre hiérarchie interne en viennent à diriger notre comportement (qui n'est plus basé sur des mœurs sociales externes). Ces valeurs individuelles les plus hautes caractérisent une éventuelle deuxième intégration qui reflète une autonomie individuelle et qui, pour Dabrowski, marque l'arrivée de la vraie personnalité humaine.

À ce niveau, chaque personne développe sa vision de "comment la vie doit être" et la vit. Ce niveau élevé est associé à des approches fortement individualisées pour la résolution des problèmes et la créativité. Les talents personnels et la créativité sont mis au service de ces valeurs individuelles de haut niveau et de cette vision de comment la vie et le monde devraient être. La personne exprime avec énergie sa nouvelle personnalité autonome à travers l'action, l'art, les changements sociaux, etc."


Commentaires

*Il ne faut pas confondre "Haut Potentiel" - qui signifie souvent pour les recruteurs, "brillant diplômé", à haut QI, très recherché - et "surdoué", qui inquiète, car s'il est brillant (et il ne l'est pas forcément), il est aussi le plus souvent atypique, autonome et dérangeant : il fonctionne autrement, hors normes. (Mais il devrait être reconnu comme une ressource précieuse dans cette période de mutation profonde que nous vivons).

L'idée que le fameux QI peut quantifier le surdon est contestable et contestée dans la mesure où l'intelligence est difficile à définir et à mesurer. Chaque individu est une alchimie unique de prédispositions héritées, d'influences du milieu interne biologique et psychologique, du milieu externe familial, scolaire, professionnel, de hasards et d'évènements contingents, d'imprégnation culturelle, de rencontres, de chance ou de malchance... Pour des San d'Afrique occidentale, surdoués de l'observation de la nature, l'intellectuel occidental "Haut Potentiel" est probablement tout à fait stupide.

**Plutôt que "désintégration", il vaudrait sans doute mieux utiliser le terme de "métamorphose" qui implique des crises de croissance, parfois très douloureuses, dans le processus de développement humain. De la métamorphose de la chenille, nait un papillon...

***A la différence de Dabrowski, je pense que ce processus de développement est commun à tous les êtres humains mais que l'histoire de vie, le mimétisme, l’éducation et les pressions sociales, peuvent l’inhiber et l'inhibent très souvent.  
Ces inhibitions ne sont pas définitives, elles sont heureusement réversibles, même si en l’état actuel des choses cette évolution est difficile car le poids des normes est énorme. J'ai pourtant vu des centaines d'exemples de cette évolution et de cette métamorphose.

****L’individualisation et la socialisation sont des étapes du développement du Moi. L’étape suivante, potentielle et encore peu actualisée, car freinée par les normes éducatives, sociales et économiques, est celle qu'il faudrait appeler non pas individualisation, mais "individuation" ou réalisation de Soi. ("Deviens ce que tu es" disaient Pindare et Socrate).
La souffrance des personnes actuellement bloquées dans leur évolution, (blocage qui se traduit souvent par des somatisations, des burnouts ou des dépressions), résulte d’une représentation actuelle du développement humain héritée du XIXème siècle : développement fixiste et génétiquement programmé, soumis à une causalité linéaire non réversible et déterministe. Il serait temps de remplacer cette représentation en deux dimensions par une représentation systémique complexe, dynamique et évolutive de la personnalité.

Il est bien possible que les "surdoués" d'aujourd'hui soient les précurseurs et le levain de l'humanité à venir...

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La métamorphose