lundi 26 septembre 2016

Changer de lunettes (1) : vivre et travailler autrement



L’œil de la mouche : loin des sentiers battus

La mort, les catastrophes, les hécatombes, sont de plus en plus omniprésentes dans les médias, en compagnie du spectre de la pénurie et du déclin. Leur cortège est mêlé à des informations voyeuristes sur les célébrités, au culte de la plastique parfaite, au fétichisme des marques, aux recettes miracles qui prolongent la vie, aux cosmétiques dispensateurs de l’éternelle jeunesse, aux objets de mode qu’il faut posséder pour ne pas mourir idiot.

Mort, violence et consommation tous les jours, à la Une. L'antidote contre le poison de la peur serait donc la possession effrénée d'objets. Achetez, achetez... L'argent, or philosophal des alchimistes et pilule d'immortalité ?

Le catastrophisme ambiant est-il, de la part des médias, une stratégie marketing délibérée, pour répondre aux besoins supposés du public, (il n'aimerait pas les bonnes nouvelles) ou l’objectif est-il de doper cyniquement les recettes publicitaires en décervelant les lecteurs pour qu'il deviennent des consommateurs impulsifs ? Quelle qu’en soit la raison, c’est un parti pris dangereux car la peur entretenue et le désir de possession exacerbé et frustré engendrent le culte de l’homme providentiel qui nous sauvera de tous les dangers en mettant le monde en ordre. Craignons la terrible tentation de l'homme fort, il y a des précédents très fâcheux.

Les catastrophes et les accidents ont accompagné l’humanité, depuis la nuit des temps. Notre époque connait des bouleversements et affronte certes des défis mais elle n’est pas plus dangereuse que les époques passées.

La nostalgie, ce fantasme...

A force de fantasmer les quatre cavaliers de l’Apocalypse qui annoncent la fin du monde, nous allons finir par transformer les fantasmes en réalité.

Certes, la régression accompagne souvent, à ses débuts, le passage difficile d’un stade de développement à un autre et nous traversons justement une période d'énormes transformations. Mais aujourd'hui, à force de régresser, après avoir reculé jusqu’à l’adolescence, la cour de récréation et la maternelle, nous risquons de nous retrouver bientôt réduits à l’état de fœtus. Nous n’en sommes pas très loin : des athlètes vainqueurs sucent leur pouce pour exprimer leur satisfaction...

Nous avons le droit de ne pas nous repaître de ces « informations ». Nous pouvons boycotter les nouvelles insignifiantes et le culte régressif de la fin des temps.

Il existe des journalistes, des médias, des blogs qui, sans occulter les risques réels, ne nous entraînent pas dans une terrible prophétie auto-réalisatrice. Ils ne sont pas aussi faciles à trouver que les grands médias mais ils existent et les informations qu’ils offrent vont à l’encontre de la vision cataclysmique actuelle. C’est un service d’utilité publique que de les faire connaître.

Je diffuserai, pendant quelques semaines des liens que vous pourrez aussi partager autour de vous s'ils vous plaisent et auxquels vous pourrez ajouter les vôtres. Le principe de la tache d’huile est efficace.
(A toutes fins utiles, je précise que ce n'est pas de l'affiliation et que je n'y ai aucun intérêt personnel ou économique.)



La preuve qu’il est possible de vivre et de travailler autrement

Les biodiversitaires.
Le blog D’Élise Rousseau et Philippe Dubois.


Ils ont mis en accord et en harmonie leurs vies professionnelles, leur passion pour la nature, la sobriété heureuse et l'écriture. Ils habitent en Bretagne, même si leurs activités les appellent souvent à Paris. Ils écrivent et publient des livres magnifiques (qui se vendent comme des petits pains), sur la biodiversité et les animaux, ils mènent une vie simple loin de l’agitation, ils vont observer des oiseaux... Élise galope à cheval sur la plage, elle écrit au coin du feu et ils sillonnent le monde à la recherche des espèces à sauver.
Leur dernier trek : une expédition dans le désert de Gobi, un espace caillouteux immense et vierge entre la Chine et la Mongolie, dépourvu de routes et d’habitants, où ne s’aventurent que quelques natifs, des ours, des loups, des chevaux de Przewalski (oui, ceux qui sont peints sur les parois de la grotte de Lascaux), des oiseaux et ces deux fous de Français. Leur blog et leurs livres sont des merveilles et une bouffée d’oxygène… 

 Carnet de voyage d’Élise Rousseau et superbes photos
 ( Lire les 27 épisodes en cliquant sur le lien )

« Il y a différentes façons d’être naturaliste, la mienne est plus contemplative que scientifique : observer de petites choses, photographier un oiseau ou un papillon, être seule. J’ai l’impression que dès qu’on est deux, on n’a plus le même rapport à la nature, on devient déjà le début d’une meute. »

« Le silence minéral du désert est enivrant. Certains le trouvent un peu inquiétant, oppressant, et ne peuvent rester trop longtemps à l’écouter : ils ont besoin de parler, de faire du bruit.
Moi, ce silence me grise. Un silence pur, profondément apaisant.
J’ai perdu les autres de vue. Toute seule dans le silence, c’est une sensation incroyable de sérénité, d’harmonie.
Un traquet du désert se met à chanter, et son chant est amplifié par le silence.
Dans la solitude du désert, on entend les bruits de très loin. Les sons portent, incroyablement. On peut se parler juste en chuchotant, de loin. Le moindre crissement prend une dimension étonnante. »

« Ce silence, tellement apaisant… J’aime la solitude désertique, ces paysages sublimes, que si peu ont contemplé. Comme souvent dans la vie, rien ne tombe tout cuit, pour atteindre les belles choses, ça demande des efforts : sortir de son confort, être prêt à prendre des risques, à s’ensabler.


« Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr »
Paul Valéry

 Ce journal de voyage est sûrement l'amorce d'un beau livre...

3 commentaires:

  1. Merci, et contente si ce récit entraîne « loin des sentiers battus » !
    (c'est-à-dire que dans le désert de Gobi, y'a même plus de sentiers ;-))
    Oui, vivons autrement. Et ne nous laissons pas enfermer.
    Merci pour ce blog qui sème des réflexions qui sont des grains de liberté.

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  2. Bonsoir,
    Se présenter est une chose normale. Cependant, commencer par l'âge, certes précoce, auquel vous avez parlé, suivi de celui auquel vous avez appris à lire, est une démarche (un peu) prétentieuse. Cela reste probablement très important pour vous, mais je doute que ces informations intéressent beaucoup de monde... Ce qu'on entreprend plus tard dans sa vie est indéniablement plus significatif que de brandir un profil de sur-doué détecté dés son plus jeune âge !

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  3. Bonjour,
    Je ne pense pas être une "surdouée", ni avoir été "détectée" précocement et si j'ai su très tôt parler et lire, je n'ai jamais su calculer, grave handicap jusqu'au Bac...
    Je pense que les réussites professionnelles ont quelque chose à voir avec le fait de suivre sa pente, c'est à dire d'aller vers ce que l'on fait facilement et avec plaisir. C'est ce que Ted Robinson appelle trouver son "élément" et c'est ce que l'orientation professionnelle et les systèmes éducatifs actuels ne privilégient pas, d'où beaucoup d'échecs et de scolarités difficiles. Je trouve intéressantes les démarches de l'école Montessori et de Céline Alvarez : elles sont dans la lignée des travaux d'Howard Gardner et elles donnent de très bons résultats.

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