dimanche 30 octobre 2016

L'intelligence existentielle




L’œil de la mouche : Einstein, philosophe humaniste


Tout le monde a entendu parler de la théorie de la relativité et des travaux d’Einstein, physicien. Un petit livre, « Comment je vois le monde », nous familiarise avec Einstein philosophe et doté, outre son intelligence mathématique, son intuition et sa créativité, d’une extraordinaire intelligence existentielle, celle qui permet de s'interroger sur le sens de la vie et celui de nos actes.

Malgré tous ces talents, il a parlé très tard,  il a connu des difficultés scolaires, il a échoué à son Baccalauréat et il a connu le chômage.
Aujourd'hui, nous dirions que c'est un surdoué... un vilain petit canard qui s'est révélé être un cygne.

Voici ce qu'il pensait de l'école :

« Le pire, me semble-t-il, est atteint lorsqu’une école travaille principalement en usant de la crainte, de la contrainte et d’une autorité artificielle. Un tel traitement détruit chez l’élève la saine perception qu’il a de la vie et la confiance en soi. Il produit un sujet servile...
Il est relativement simple de préserver l’école de ce mal pire que tout, en donnant aux professeurs aussi peu de moyens coercitifs que possible, de sorte que l’unique source de respect  des élèves à l’égard de leur maître réside dans les qualités humaines et intellectuelles de celui-ci. »

Et voici quelques thèmes développés dans « Comment je vois le monde » :

Le progrès
« Ce que l’ingéniosité des hommes nous a offert dans ces cents dernières années, aurait pu faciliter une vie libre et heureuse, si le progrès entre les humains s’effectuait en même temps que les progrès sur les choses. Or le résultat laborieux ressemble, pour ceux de notre génération, à ce que serait un rasoir pour un enfant de trois ans. La conquête de fabuleux moyens de production n’a pas apporté la liberté, mais les angoisses et la faim. Pire encore, les progrès techniques fournissent les moyens d’anéantir la vie humaine et tout ce qui a été durement créé par l’homme. » (Il explique, dans le même chapitre, le cas de conscience qui l'a conduit à participer au projet Manhattan. NDLR)

Les racines du mal
« Protester aujourd’hui contre les armements ne signifie rien et ne change rien. Seule la suppression définitive du risque universel de la guerre donne un sens et une chance à la survie du monde. Voilà désormais notre labeur quotidien et notre inébranlable décision : lutter contre la racine du mal et non contre les effets. »

Le développement humain
« Je détermine l’authentique valeur d’un homme d’après une seule règle : à quel degré et dans quel but l’homme s’est libéré de son moi. »

Les valeurs
« Toutes les richesses du monde, fussent-elles entre les mains d’un homme totalement acquis à l’idée de progrès, ne permettront jamais le moindre développement moral de l’humanité. »

L’éthique et les limites
« Le destin de l’humanité repose sur les forces morales de l’homme. Si nous voulons une vie libre et heureuse, il y faudra nécessairement renoncement et restriction. »

L’empathie
« La compréhension d’autrui ne progressera qu’avec le partage des joies et des souffrances. »

L'évolution
« Je dois être prêt à renoncer à ce que je suis pour devenir ce que je serai. »

Einstein. 
Citations extraites de « Comment je vois le monde »
Champs sciences.


Une réflexion plus que jamais nécessaire



lundi 24 octobre 2016

Patates ou pommes de terre ?






L’œil de la mouche : l'alternative du diable
 « Pile je gagne et face tu perds...»


Pour le psychologue constructiviste de l’école de Palo Alto, Paul Watzlawick,  toute communication s'articule sur deux niveaux qui, quand ils sont en contradiction ou quand ils sont indifférenciés, génèrent un paradoxe : l’information et la méta-communication (communication sur la communication).

Le méta-niveau impose un cadre de référence : « Voilà comment je me vois » ou « voilà comment je me vois te voir » ou encore « voilà comment je te vois me voir » et l’interlocuteur peut accepter ce cadre, (communication complémentaire) le refuser (communication  symétrique avec pour conséquence probable un conflit), ou encore se retirer de la communication (le refus de communiquer est aussi une forme de communication).

La mise en place du paradoxe ou l’enfermement dans une fausse alternative.
Enfermer l'interlocuteur dans un cadre de référence est un moyen de communication extrêmement efficace souvent utilisé en propagande et en technique de manipulation.

Paul Watzlawick cite l'exemple d'une affiche nazie qui proclamait fièrement le slogan suivant : « National socialisme ou bolchévisme ? » et sur laquelle un plaisantin à l'esprit libre avait tagué ce commentaire : « Patates ou pommes de terre ? »

Cette forme de manipulation est aussi celle de certains commerciaux qui utilisent la technique du  « pied dans la porte » : « On se voit demain matin ou demain après-midi ? ». Dans ce cas le vendeur tente de ne pas laisser à l'interlocuteur le choix de sortir du cadre en refusant la fausse alternative et en répondant : « Ni l'un, ni l'autre, nous ne nous verrons pas du tout ».



Le principe est le même pour les pseudo-choix politiques, économiques et sociétaux qui nous sont proposés aujourd’hui (proposés ou imposés...)
  
La main invisible du marché ou le chaos ?
Des réformes structurelles ou la récession ?
L'ordolibéralisme ou le chômage ?
L'oligarchie ou l'étatisme ?

.......

 « Patates ou pommes de terre ? »