samedi 29 juillet 2017

Pour ne pas bronzer idiot




L’œil de la mouche : cet été, lisez « L’amie prodigieuse »



Quatre tomes (les trois premiers ont paru en traduction française, le dernier paraîtra en octobre 2017) : une somme « prodigieuse » de la mystérieuse romancière italienne Elena Ferrante qui défend avec acharnement le mystère de son anonymat. La magnifique histoire d’une enfant qui devient femme, à Naples, dans les années cinquante, en s’arrachant difficilement d'un milieu de misère matérielle, culturelle, affective... Le récit, également, d’une rivalité mimétique entre deux filles qui se prennent mutuellement pour modèle et pour anti-modèle. L’histoire est passionnante, les personnages inoubliables, l’écriture et la construction sont tellement fluides que le lecteur passe, sans s'en apercevoir, du ressenti intérieur à l'analyse sociologique et, ce qui ne gâte rien, la traduction est parfaite.

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« Ce que c'était, la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviero me l'avait demandé des années auparavant. La plèbe, c'était nous. La plèbe, c'étaient ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires. La plèbe, c'était ma mère, elle avait bu et maintenant se laissait aller contre l'épaule de mon père qui restait sérieux, et elle riait, bouche grande ouverte aux allusions sexuelles du commerçant en ferraille. Tout le monde riait et Lila aussi, elle semblait avoir un rôle à jouer et vouloir le jouer jusqu'au bout. »

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Bonnes vacances à tous !



 

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