vendredi 13 octobre 2017

Ce "satané facteur humain"..






Remue-méninges : intuition, empathie, bienveillance...


Certains thèmes reviennent souvent dans le fil d’actualité des réseaux sociaux, dans les articles de presse et les ouvrages en librairie. Ces thèmes révèlent, avec insistance, que quelque chose ne va pas dans nos sociétés occidentales. Quels sont ces thèmes ?
L’intuition.
L’empathie.
La bienveillance.

L'aspiration forte à ces trois dispositions et attitudes indique la nécessité urgente de compenser la brutalité économique de nos sociétés : la productivité intensive, l'argent roi, la richesse comme seul marqueur de réussite, le pillage des ressources naturelles, la rentabilité à marche forcée, la compétition sauvage, qui décrivent le monde comme une réserve de chasse, un terrain de prédation pour une poignée de surhommes, où des humains sous-doués habiteraient la ferme des animaux (roman satirique de George Orwell).

La fréquence des articles et des livres sur l’intuition, l’empathie et la bienveillance signale un besoin urgent d'équilibre qui redonne droit de cité à ce  « satané  facteur humain », supplanté par l’adoration du veau d’or. Mammon, prince de l'enfer qui symbolise l'avidité et la poursuite de la richesse, demande, comme toutes les idoles, que nous lui sacrifions cette part vitale de notre humanité : la résonance émotionnelle et affective qui accompagne tout échange et qui donne sa tonalité et sa vibration à notre vie intérieure, aujourd'hui envahie par les émotions primaires des jeux du cirque, un consumérisme frénétique et les « scoops » anxiogènes des médias. Aucun projet de « réforme » n'aboutira tant que prévaudra une vision du monde utilitariste et mercantile, dépourvue de respect humain et qui tend à réduire les hommes à des objets économiques, opposés les uns aux autres dans la lutte pour la vie...

Mais il ne faudrait pas verser dans l'excès inverse et intuition, empathie, bienveillance, toujours valorisées, ont aussi leur face d’ombre. Les prôner ne devrait pas nous dispenser de les interroger.


Une analogie pour séparer le bon grain de l’ivraie…

Chacune des cellules de notre corps possède un système de reconnaissance Soi/non-Soi, système immunitaire qui est, probablement, une des premières étapes de la vie. Pour faire simple, la cellule est constituée d'un noyau (le centre de commandement), d'un cytoplasme, (le milieu interne), de mitochondries, (les centrales d'énergie) et enfin d'une membrane, qui assure à la fois le contact avec l'extérieur et la protection interne de la cellule.  La membrane laisse pénétrer dans la cellule les éléments qui proviennent du milieu dans lequel elle évolue. Si tout fonctionne correctement, la cellule en tire bénéfice et les transforme en énergie s'ils sont nutritifs, elle les refuse s'ils sont toxiques.

C'est ce mécanisme qui assure l'homéostasie, c'est-à-dire une relation d'échanges biologiques équilibrés entre la cellule, les autres cellules, les organes et le milieu. Si sa membrane est trop poreuse, la cellule est envahie par les éléments extérieurs et ne peut plus faire le tri entre ce qui la nourrit et ce qui est nuisible pour elle. Si au contraire, la membrane est trop épaisse, la cellule se transforme en kyste, n'a plus d'échanges avec le milieu et meurt d'inanition.

Ne poussons pas l'analogie biologique trop loin... 

Les critères de choix de la cellule (inclure ou exclure) lui sont dictés par sa survie et sa préservation.  Dans nos relations aux autres, nous prenons, certes, nos décisions en réagissant à nos perceptions et à leur impact émotionnel, mais nous les soumettons à une échelle de valeurs humaines étalonnée par la conscience réfléchie, ce que ne fait pas la cellule. Ces valeurs couvrent une gamme qui, partant du bonheur de l'individu et de ses proches, s'élargit jusqu'à prendre en compte le bien commun, universalité comprise. C'est en ce sens que la  culture prend le pas sur la nature et que l'éthique, notre part de libre arbitre, dépasse l'instinct brut de conservation, ce qui nous rend humains et nous différencie des tigres mangeurs d'hommes.

Intuition, empathie, système de valeurs et conscience réfléchie sont indissociables. Prétendre, comme le veut la doxa scientifique et économique, que seule la pensée rationnelle objective est à même de générer du progrès, revient à être unijambiste et à confier l'avenir de l'homme à ceux qui ne sont qu'à demi-développés, carencés qu'ils sont en empathie et dépourvus d'intelligence émotionnelle : les psychopathes, les pervers, les sociopathes et les *robots-crétins.

Ils ne reconnaissent pas la subjectivité de l'autre, ce semblable : les uns, psychopathes, pervers et sociopathes, parce que seule compte la leur et qu'ils nient celle d'autrui, les autres, robots et IA, parce qu'ils ne peuvent ressentir ni émotions ni sentiments et que la notion de valeurs leur est totalement étrangère. 

Peut-on imaginer un robot et un algorithme affectés par un chagrin d'amour ? 

A suivre, avec
Qu'est-ce que  l'intuition ?
L'empathie et la sympathie.
 La bienveillance et son contraire.



*(Oui, je sais, je parle toujours de robots-crétins...
 Ce n’est ni un tic, ni un TOC :  je  continuerai de le faire, sans trop d'illusions, tant que nous serons submergés d’élucubrations sur l'homme « augmenté », alors que nous avons encore tant à faire pour devenir humains.)





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