lundi 30 janvier 2017

La vérité si je mens…




Remue-méninges : la vérité toute nue sort du puits...


Du tohu-bohu chaotique actuel des idées et des opinions, émergent deux chimères fascinantes qui se présentent comme des nouveautés : les concepts de « post-vérité » et de « faits alternatifs ».

« Post-vérité » signifie que la raison a déserté son trône (si tant est qu’elle l’ait jamais occupé) et que l’irrationnel a pris sa place.

«  C’est le mot à la mode, déclaré mot de l’année par les très sérieux dictionnaires Oxford. Un mot qui décrit des situations où les faits objectifs influent moins sur l'opinion publique que les appels à l'émotion et aux convictions personnelles. En d’autres termes, les gens sont prêts à croire n’importe quoi, pourvu que cela paraisse vraisemblable ou que cela fasse écho à ce que l’on pensait déjà. »

Les « faits alternatifs »  d’inspiration orwellienne, sont une trouvaille de la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, qui a expliqué que le porte-parole du Président n'avait pas menti, mais qu'il avait simplement « présenté des faits alternatifs » quant au nombre de citoyens présents à l’investiture de POTUS et ce, malgré le témoignage des photos. Cette déclaration signifie donc qu’il est parfaitement légitime de nier la véracité d’un évènement dûment constaté.

Comment expliquer le succès de ces nouveaux concepts ?

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Je marche dans la rue quand, soudain, un pot de fleurs s’écrase au sol devant moi.

1) Le pot de fleurs était mal accroché à sa rambarde, la loi universelle de la gravitation l’a entraîné vers le sol. C'est un fait.
Les faits sont constatables par tous, indubitables et démontrables.

2) J’ai eu peur, je suis en colère, je suis soulagée de l’avoir échappé belle, je suis émue.
L’émotion est, ici, une réaction liée à l’instinct de conservation.

3) Pour éviter d’admettre que de l’inconnu angoissant puisse survenir brutalement, il m’est nécessaire de trouver une explication qui soit cohérente avec mon image du monde. 
L’interprétation des faits :
  • J’invoque le destin : « Ce n’était pas mon heure ».
  • Je me dis que j’ai un ange gardien qui me protège.
  • Je cherche un responsable : c’est la faute du propriétaire insouciant qui avait mal arrimé le pot de fleurs, les gens n’ont plus de sens civique, tout part à vau-l’eau…
  • Je verse dans la paranoïa : quelqu’un m’en veut et cherche à me supprimer, c’est un complot international.

Les concepts de « post-vérité » et de « faits alternatifs » relèvent d’une confusion entre des niveaux perceptifs et cognitifs différents, confusion qui prend sa source dans un carambolage entre la constatation objective des faits, leur impact émotionnel et leur interprétation.

La seule vérité irréfutable est celle de faits concrets qui font l’objet d’un consensus objectif et vérifiable : il pleut, il fait froid, tous les corps sont soumis à la gravité, la terre est ronde, etc.  Toute notion de vérité qui dépasse cette acception est reliée à des croyances subjectives, à des valeurs ou à des craintes qui peuvent varier en fonction des individus, des groupes et des époques.

Si la Vérité est contingente et dépend de nombreuses variables, il n’existe pas de vérité alternative pour les  « faits »  - sur notre planète en tous cas -  et les contester relève du mensonge, de la désinformation manipulatrice ou d'un déni de réalité dont il faut, d'urgence, aller parler à un psychiatre.


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« La vérité sort toute nue du puits, 
c’est pourquoi il y a tant de monde pour l’habiller. »
 
« Toute ma vie, j'ai cherché la vérité. Je l'ai enfin trouvée, mais dans un tel état que j'ai fait semblant de ne pas la reconnaitre
. »

 Les euphorismes de Grégoire





dimanche 22 janvier 2017

Hérisson ? Paillasson ?






Remue-méninges : « burnout »...
« Paillasson piétiné » ou « hérisson irrité » ?


Ce billet, écrit en 2012, est malheureusement toujours d'actualité. Il l'est d'autant plus que les pathologies du stress et de l'épuisement professionnel deviennent pandémiques. Il existe des causes objectives aux burnouts, qui ne dépendent pas de l'employé(e) : une concurrence mondialisée accrue, une exigence de productivité qui pèse lourdement sur l'effectif quand l'entreprise ne recrute pas, un mode de management toxique... Mais il existe aussi des causes subjectives, liées à l'attitude personnelle, et sur lesquelles il lui est possible d'agir.


Un cas d'école :
Vous êtes l'assistante d'un directeur commercial. Il vous donne des éléments pour traiter la réponse à appel d'offres d'un gros client, qui doit être postée au plus tard à 9 heures le lendemain matin, sous peine d'être invalidée. C'est un travail qui demande beaucoup d'attention.

Vous êtes restée trois fois cette semaine jusqu'à 20 heures pour finaliser des dossiers urgents. Aujourd'hui vous devez absolument partir à 18 heures et vous en avez informé votre responsable.

Il déboule dans votre bureau : il vient d'obtenir un rendez-vous avec un prospect intéressant pour le lendemain à 10 heures. Il lui faut absolument une présentation sur PowerPoint et il vous demande de modifier la version actuelle en vous donnant les lignes directrices d'une version actualisée.

Première option : paillasson piétiné.
Vous dites : « Je vais m'arranger » et vous passez une partie de la nuit sur les deux urgences.
Mais le lendemain matin, épuisée, vous gémissez auprès de vos collègues : 
 - « Tu ne sais pas la dernière ? »,
 - « Il me prend pour son esclave ! »,
 - « Il est brouillon et mal organisé »...
C'est l'enfant soumis* en vous qui a accepté.

Deuxième option : hérisson irrité.
Vous entrez en ébullition et en éruption
- « Il n'en est pas question ! »,  
- « Je ne suis pas une machine ! », 
- « C'est toujours la même chose ! »...
C'est l'enfant rebelle* en vous qui a refusé.

Troisième option : vous remettez le singe sur ses épaules**.
« Nous allons avoir là un problème de priorité : vous préférez que je termine la réponse à appel d'offres ou que je prépare votre présentation ? Je ne peux pas faire les deux ».
C'est l'adulte* qui a parlé.


La sagesse des vieux livres
  « Que votre parole soit oui, oui, non, non.
 Ce qu'on y ajoute vient du malin. »


Savoir dire JE, à bon escient et sans entrer dans les JEUX du triangle dramatique de Karpman***,  c'est :

Ne pas faire de sauvetage en se prenant pour Mère Thérésa ou pour Jésus. 
Ne pas défourailler avec indignation dès qu'on se sent victime.
 Rendre à l'autre, calmement, la responsabilité qui lui appartient.



mardi 17 janvier 2017

Saint-Jean Bouche d'or.


Développer son esprit critique, compétence essentielle...



L’ingénu en Gaule : la politique est-elle un "job" ?


Revue de presse 
Projet professionnel d’un ancien premier ministre et, peut-être, futur président...
" La seule chose que je veux, c'est être candidat à la présidentielle.
 Si les primaires se passent mal, je ferai quelque chose dans le business.
 (…)
 C'est pour ça que j'ai une petite activité de conseil et de conférences depuis que j'ai quitté Matignon. Pour montrer que je sais faire autre chose.
 (…)
 Je ne suis pas hostile à l'idée d'améliorer mes conditions matérielles de vie."

Projet professionnel d’un ministre en exercice et, peut-être, futur ex-ministre...
Après plus de trois ans passés au gouvernement, il "se sent mûr pour siéger parmi les sages du Palais-Royal."
Il s'y voit bien.

Projet professionnel d'une ex-future présidente, actuellement ministre...
La ministre se verrait bien diriger le programme des Nations Unies pour le développement. 

Projet professionnel d’un ministre qui change de fauteuil...
" Quand tu ne seras plus ministre, tu seras recruté par une grande boîte pour ton carnet d’adresses à l’international. Tu vas te faire un max de pognon, mon gars. Qu'est-ce que j'aurais aimé être à ta place."

Projet professionnel d'une prétendante au trône de France...
 "Il faut une bonne gestion de l'argent public."
Le Huffington post

Projet professionnel d'une autre ex-future présidente, ailleurs...
"J'y vais maintenant, c'est mon tour."
  L'Obs
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Recrutement des élus

Les recruteurs professionnels ont besoin, paraît-il, d'être "rassurés" par les candidats en recherche d'emploi.
Pour se "rassurer" et ne pas se faire flouer par des filous tricheurs qui rêveraient d'être payés à ne rien faire, ils mettent en œuvre des techniques très sophistiquées d'investigation, au cours d'entretiens de recrutement.

Soyons cohérents, si la politique est un "job",
 il faut instaurer des procédures de recrutement pour les aspirants au pouvoir, conduites sérieusement par des équipes de psychologues, de psychiatres, de synergologues,

à l'aide de batteries de tests
(y compris Rorschach, MMPI, MCMI-III, TAT, WAIS,
MBTI, QI etc.),

à l'aide de profilages psychologiques,
 
à l'aide de QCM de culture générale,

à l'aide de vérifications très fouillées de CV et d'enquêtes de moralité,

Éventuellement à l'aide de l'utilisation de détecteurs de mensonges et de repérage des indices de désirabilité sociale.


Il faudrait le faire pour "rassurer" les électeurs, afin qu'ils ne s'en aillent pas voter avec leur cerveau limbique, 
si on essaie de leur faire croire que les dindons sont des cygnes.

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