Bilan de compétences



Qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

Avant de définir ce qu’il est, éliminons d’abord ce qu’il n’est pas :

Ce n’est pas un ersatz de psychothérapie.
Un bilan se déroule au maximum, en 24 heures, certes réparties sur deux ou trois mois, mais 24 heures, tout de même. Ce serait un peu court pour une psychothérapie…  
Bien sûr, le bilan aborde des éléments de personnalité, de comportement, de préférences personnelles. Mais il a pour finalité une réflexion sur vos choix et orientations professionnelles. Et c’est un objectif et une limite à ne pas perdre de vue.

Ce n’est pas un travail  d’évaluation et de prescription.
Il arrive que des personnes viennent nous voir en souhaitant que nous leur disions « pour quoi elles sont faites ».
C’est impossible.
Personne ne peut dire « Je » à votre place. Nul autre que vous ne peut décider de votre chemin et de vos choix. Le bilan peut vous aider à définir, clarifier, hiérarchiser toutes les composantes de ces choix, ouvrir des perspectives nouvelles, mais c’est vous seul(e) qui prendrez les décisions. En votre nom.

Ce n’est pas un simple inventaire du passé, ce que pourrait laisser supposer le terme de « bilan ». Il est à la fois inventaire (de toutes vos richesses oubliées ou insoupçonnées) et prospective (qu’est-ce qu’il est possible d’en faire, qu’est-ce que je veux en faire ?)

Et passons à ce qu’il est : 
Le bilan est un travail de collaboration et de co-construction de projet professionnel entre le bénéficiaire et le consultant. C’est du dialogue que sortira votre lumière.

Il demande, de la part du bénéficiaire :
Une démarche active : votre projet n’aura de valeur qu’à la mesure de ce que vous apporterez, comme dans les auberges espagnoles…

Une implication : vous ne pouvez pas vous laisser porter. Dans une collaboration chacun fait sa part et le consultant ne possède pas de baguette magique qui fera apparaître une solution miracle. Plus vous apporterez d’éléments de réflexion, plus vous en retirerez de satisfactions et plus nous trouverons ensemble de solutions.

Un climat de confiance : si, en rencontrant un consultant, vous éprouvez des réticences, écoutez-vous.  Il faut absolument en rencontrer un autre, vous avez l’embarras du choix.

Il implique, de la part du consultant :
Une absence de jugement de valeur et une écoute bienveillante. Le consultant devrait, au minimum, avoir réalisé sur lui-même un travail psychologique qui lui permette de ne pas projeter ses opinions, ses sentiments, ses affects sur la personne qu’il accompagne et de respecter la distance juste entre le (la) bénéficiaire de bilan et lui.

Une ouverture, une écoute et une grande disponibilité,  la capacité à être centré sur l’interlocuteur et son problème, l’aptitude à ne pas être encombré par son égo.

Le respect total de la confidentialité. Ce qui se dit pendant les entretiens de bilan ne sort pas du Centre. Les documents travaillés et la synthèse appartiennent au bénéficiaire qui en est le seul destinataire.

Une pratique confirmée de l’accompagnement. La profession est très encadrée. La méthode d’élaboration de projet s’appuie sur une démarche progressive et sur des outils. Elle respecte le cadre fixé dans ses grandes lignes par la loi : les trois phases (préliminaire, d’investigation et de conclusion)  doivent être respectées. Les centres de bilan en activité doivent être reconnus par les OPACIF et déclarés à la préfecture au terme d’une procédure d’agrément très approfondie, qui assure de leur professionnalisme et de leur éthique. Les centres de bilan sont soumis à des contrôles et peuvent perdre leur agrément s’ils ne satisfont pas aux critères fixés.

Une bonne connaissance de l’économie, de tous les dispositifs de formation continue, du marché du travail, des secteurs d’activité, des métiers, des filières, de la législation... c’est bien le moins.


Un bilan est, dans un premier temps, une maïeutique.
La maïeutique (du nom du personnage de la mythologie grecque MAIA, qui veillait aux accouchements), est une méthode qui consiste à questionner une personne pour l’aider à exprimer des savoirs qu’elle possède… sans le savoir. Le but de cette approche est de rendre explicites et d’identifier des talents, des connaissances, des savoir-faire et savoir-agir, implicites ou oubliés, et de renforcer le sentiment d’efficacité personnelle.
Pendant toute la première partie du bilan, le consultant écoute, questionne, reformule, synthétise et restitue ce que le bénéficiaire apporte. Il l’aide à mettre en mots ce qui le caractérise, ses richesses, ses points forts, ses désirs, ses valeurs, son bagage d’expérience, ses domaines de maîtrise et d’excellence, son potentiel d’évolution.  

A l’issue de ce travail, des lignes de projet de vie et d’avenir professionnel possibles émergent, le plus souvent pour une évolution en interne, parfois pour une mobilité externe.

Dans un deuxième temps, c’est une formation-action
Le consultant a  ensuite un rôle de conseil dans la phase de choix et celle de mise en œuvre : lieux d’information ou de documentation pour la confirmation du projet, enquêtes internes ou études du marché, matrices de décision, choix de la fonction et des formations éventuelles, entraînement à l’argumentaire, plan d’action… Vos compétences à l’œuvre.

Au final, ce qui doit émerger du bilan c'est votre projet.
Ce que vous en ferez, le moment où vous le ferez, relève de votre libre-arbitre : formation, obtention de diplôme via la VAE, mobilité interne ou externe, évolution de poste, création d’entreprise, reprise de confiance en soi…


9 commentaires:

  1. Mon bilan de compétences a été un travail en profondeur. Selon le proverbe africain livré sur ce blog "si tu ne sais pas ou tu vas, regarde d'où tu viens" il m' a permis de comprendre et de décider avec une analyse de ce que j'avais fait, aimé ou détesté, raté et réussi, avec facilité ou plaisir, difficilement ou à reculons ce que j'avais vraiment envie de faire.
    Si le consultant ne peut en effet pas le faire à notre place, ses compétences à lui sont déterminantes et Monique Mattera a été un cadeau de la vie!
    Je fais totalement confiance et recommande MMC à 2012%

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    1. Bonjour pouvez vous me donnez le montant que vous avez dépenser pour faire le bilan s'il vous plait ?

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    2. Il s'agissait d'un bilan pris en charge ET indemnisé par l'ANPE (ex-pôle emploi), pour les chômeurs jeunes diplômés.Si ma mémoire ne me joue pas de tour, l'indemnisation tournait autour de 4000 francs soit 80 à 90% du SMIC en 1999...

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    3. Oui Christel, mais aujourd'hui, cette prestation a disparu, avec beaucoup d'autres actions d'accompagnement et les bilans de compétences financés par les OPACIF, pour les salariés sont en passe de subir le même sort, ce qui est bien dommage...

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  2. « Ce n’est pas parce que c’est un rêve que c’est interdit ! »

    Dans une vie, il y a des rencontres qui ont lieu au bon moment.
    Il y a aussi des phrases fondatrices.
    A la fin de mes études, j'ai suivi une formation avec Monique Mattera pendant plusieurs semaines, et ce fut l’un des tournants les plus décisifs de ma vie.
    La formation était très pratique, nous expliquant comment construire un CV, comment se présenter en entretien… Des clés de réussite d’une efficacité éprouvée, un contenu riche et dense. Mais ce n’était pas le plus important. Le plus important, c’est que Monique, pour la toute première fois de nos vies, nous posait LA question, celle que personne ne nous pose jamais vraiment : « Que voulez-vous faire de votre vie ? »
    Et encore : « Pour quoi êtes-vous prêts à vous lever le matin ? Qu’est-ce qui a du sens pour vous ? »
    Je voulais écrire sur la nature et les animaux depuis l'enfance et les encouragements de mes profs tout comme les prix littéraires que je gagnais auraient dû me donner confiance. Je croyais pourtant qu'en faire un métier était impossible.
    Quand j'ai expliqué à Monique que c’était trop beau, que c’était « un rêve », elle m’a répondu : « Ce n’est pas parce que c’est un rêve que c’est interdit ».
    C’est peut-être la phrase qui a changé mon existence.
    Les dix années qui ont suivi, j’ai fait tout ce que j’ai voulu faire. J’ai travaillé pour la protection de la nature, je me suis occupée de revues, j’ai écrit des articles, j’ai fait d’autres belles rencontres sans plus jamais croire que le rêve était interdit. Différents éditeurs m’ont fait passer des tests, des essais, j’ai été publiée. Une fois, deux fois… des dizaines de fois.

    Alors... Merci, Monique !

    Elise

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  3. Votre présentation du bilan de compétences est particulièrement claire.
    Si nous n'avons pas la chance d'être sur Paris, avez-vous des relais dans d'autres villes, notamment Bordeaux ?

    Par ailleurs, existe-t-il des formations reconnues qui permettent de devenir "animateur" de bilan de compétences ?
    Merci
    Anne
    ap@9online.fr

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  4. Bonjour,

    merci pour votre message, je vais essayer de répondre de façon exhaustive à vos questions.
    Nous n'avons pas d'antenne dans votre ville, nous sommes une structure "artisanale", (dans le sens de la belle ouvrage) donc nous ne souhaitons pas nous étendre pour ne pas perdre ce que nous privilégions : du temps et de la qualité.
    Mais vous trouverez sûrement de très bon professionnels dans votre ville. Interrogez l'OPACIF dont vous dépendez, il vous donnera la liste des centres agréés. Ensuite, faites votre enquête : sur notre blog, vous pouvez lire le billet sur la "fiche métier" qui est celle du professionnel de l'orientation, donc du praticien bilan. Cette fiche vous permettra de poser les bonnes questions. Posez-en aussi sur les méthodes utilisées, sur la durée du face-à-face, sur le financement...Puis fiez-vous à votre intuition !

    Pour les formations, il en existe plusieurs : je connais celles de l'Ile-de-France, je ne peux pas parler des autres. Celle de l'INETOP, à un niveau de Master2, est très réputée. Il existe aussi un très bon DU à Nanterre.

    Avez-vous d'autres questions ?

    Bien cordialement

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  5. Bonsoir

    Malgré les propos rassurants et clairs de ce blog, malgré les témoignages positifs, il reste de nombreux freins liés à une difficulté à concevoir ce que sera ce bilan de compétence (activité intangible si il en est....). Aussi, pour lever quelques freins, je trouve que ce serait formidable d'avoir la retranscription d'un échange nous donnant à lire cette maïeutique. Comme la confidentialité est fondamentale, ce sera de l'autofiction mais après tous ces échanges, cela devrait être possible.
    Cordialement,

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    1. Bonsoir et merci de votre commentaire.

      Chaque échange est, par définition, unique et nous n'utilisons pas de procédure formatée. L'approche et la maïeutique mises en œuvre sont donc personnalisées et difficiles à retranscrire sans contrevenir à la confidentialité.
      Mais je trouve votre remarque intéressante et je vais y réfléchir...
      A suivre ?

      Bonne soirée.

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